Des bombardiers russes signalés au large de l’Alaska à deux reprises en 24 heures

Le 4 juillet 2015 [jour de la fête nationale américaine, ndlr], deux bombardiers stratégiques russes avaient été repérés au large de l’Alaska puis de la Californie avant d’être interceptés par une paire de F-15 à 40 km du comté californien de Mendocino, situé au nord de San Francisco. Depuis, et après une hausse de l’activité aérienne russe à proximité des côtes américaines constatée au cours des mois précédents, plus aucun incident de ce genre n’avait été signalé jusqu’au 17 avril dernier.

Ce jour-là, deux bombardier Tu-95H « Bear » ont en effet été détectés à environ une centaine de kilomètres de l’île américaine de Kodiak, au large de l’Alaska et à 280 km au sud-ouest de la base aérienne d’Elmendorf. Ces appareils ont donc évolué dans la zone d’idenfication de défense aérienne des États-Unis, sans, a priori, s’identifier et confirmer leur destination.

D’où la décision de faire décoller deux F-22 Raptor de la base d’Elmendorf pour les intercepter et les identifier. Ces derniers, guidés par un avion de type AWACS, ont accompagné les deux Tu-95H pendant une douzaine de minutes, c’est à dire jusqu’à ce qu’ils fassent demi-tour pour rejoindre leur base en Russie orientale. Plus tard, des responsables américains ont assuré que les deux équipages russes avaient agi de « manière très professionnelle », même si aucun contact radio n’avait pu être établi avec eux.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf que, moins de 24 heures plus tard, deux nouveaux Tu-95H Bear ont encore été signalés à environ 60 km des côtes de l’Alaska. Bien que plus proches par rapport à la première fois, le NORAD (North American Aerospace Defense Command – Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) n’a pas jugé utile de faire décoller des F-22. Les deux appareils russes ont été suivis par un AWACS. Ce dernier s’est contenté de s’assurer que les bombardiers n’étaient pas accompagnés par d’autres appareils.

A priori, les deux Tu-95 effectuaient un vol de liaison entre les bases de Petropavlovsk et d’Anadyr, la seconde étant située à plus de 1.600 km de la première.

Quoi qu’il en soit, ces faits ont eu lieu alors que, la semaine passée, le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, avait parlé d’une « faible de niveau de confiance » entre Washington et Moscou. Alors que le secrétaire d’État se trouvait en Russie, plusieurs appareils russes volaient près du Japon, au point d’obliger les forces d’autodéfense nippone à faire décoller jusqu’à 14 avions de combat pour les intercepter et les surveiller.

Photo : archive

29 commentaires sur “Des bombardiers russes signalés au large de l’Alaska à deux reprises en 24 heures”

  1. Dans la mesure ou les usa (et d’autres peut etre ?) font la même chose, il faudrait peut etre faire seulement un récap mensuel : qui, quand, ou…

    1. Ça serait grandement intéressant. Mais la Russie ne communique pas beaucoup sur d’éventuels accompagnements d’appareils militaires étrangers. On sait toutefois qu’il y a bien quelques P-3 ou EP-3 escortés. Mais ça commence à faire un bail je crois.

    2. @jyb:
      C’est aussi relayé entre autres par ce site quand les USA font de même, ce qui reste quand même bien plus rare… Comme d’ailleurs est exceptionnelle cette patrouille russe à proximité de l’Alaska…

      1. @zayus
        Je n’ai justement aucune idée de ce « ratio » mais ces dernières semaines j’ai vu que les usa ont testé et « observé » à 2 ou 3 reprises d’autres cotes ( bombardier B1 et patrouilleur P3 ou 8 je ne sais plus)
        Une mise en perspective apporterait plus de clarté et une indication de la banalité de ces pratiques.

    3. @ jyb : exactement : les Russes ( ou les chinois ) sont-ils les seuls au monde à se promener pas loin de l’espace aérien des autres ? pourquoi ne parle-t-on pas des lieux de prédilection de nos Atlantique, Gabriel, et autres, qui n’ont pas pour habitude de rester enfermés dans des hangars ?

    4. Franchement,bonne idée,sinon on dirait que ces vols sont dangereux mais seulement de la part des russes…
      On devrait voir le récapitulatif et ainsi découvrir la réalité)

      1. Un bombardier stratégique potentiellement porteur d’armes nucléaires est plus dangereux qu’un appareil de surveillance généralement désarmé.
        Le « message » envoyé est clairement pas le même.
        Bizarre que vous n’arriviez pas à comprendre !

          1. @ jyb

            Près de la Chine, ou près des territoires qu’elle tente illégalement d’annexer ? …

        1. @Lagaffe tu ne vas tout de même pas nier que des bombardiers américains approchent régulièrement le territoire russe.

          1. @Valère
            Je ne demande qu’à vous croire. J’aimerai beaucoup voir une photo d’un B-1b ou d’un B-52 escorté par des avions russes !

  2. Entre les Russes et les Américains, je crois qu’on teste les capacités de réaction et on joue au chat et la souris! ils ont les moyens humains et techniques eux.
    Et nous les Français, on est tout juste au dessus de moyenne et nos politiques restent muets aux besoins de nos armées !
    Courage et sympathie à nos trois forces et respect au CEMA De Villiers!!!!

    1. Le budget Défense de la France est déjà au niveau des Russes.Pour arriver au niveau USA va falloir faire un petit effort et passer de ~45 a 622 Milliards.

    2. @ ALPHA-GOLF:
      .
      Contrairement aux USA, nous n’avons pas de frontière commune avec la Russie et nous n’avons pas besoin de faire passer nos navires à proximité des eaux territoriales russes pour accéder aussi bien à la Mer du Nord, Océan Atlantique, Méditerranée qu’à l’Océan Indien.

    3. Faut pas exagérer le budget militaire français est du meme ordre que le budget russe.

      1. Je doute que le budget miroité par la Russie soit le vrai (idem pour la Chine) au vu des investissements de ces pays.

        1. @ Valère

          Sauf que la Chine à plutôt tendance à gonfler ses chiffres face à la réalité que l’inverse, comme par exemple, pour ses prévisions de hausses économiques annuelles sans cesse réévalués par le FMI et la Banque mondiale …

    4. La Russie na pas beaucoup de moyen,il faut arrêter de comparer les USA et la Russie.

  3. Les russes voulaient participer au défilé militaire du 4 juillet
    C est chou de leur part…

  4. Comme dit Alpha Golf, on teste les capacités de réaction, les temps de réaction, on doit mesurer les signatures radar des avions envoyés, et collecter un paquet d’info.

  5. donc les Bears ont sagement attendus que des F-XX viennent à leur rencontre, puisqu’ils ont fait demi-tour ensuite après les 12mn de cordialité réciproque.

    Les Tu-95 avaient certainement de quoi rester plus longtemps sur leur trajectoire. Se contentent-ils de mesurer le temps de réaction des Américains ? d’user le potentiel de quelques chasseurs US ?

  6. @ jyb
    effectivement un suivi des missions des bombardiers de l’ALRA démythifierait l’actualité de la menace. La plupart de ces missions font partie des missions régulières d’entrainement et d’exercice. Libre à chacune des parties d’y attribuer une symbolique « diplomatique » ce qui est parfois le cas. Ainsi je ne serais pas surpris que certains des vols de Tu-95 à proximité du Japon n’avaient pas pour finalité les côtes de Corée, crise « nucléaire » dans la région oblige.Les puissances militaires membre du Club des Cinq se doiventt de se montrer plus ou moins dans ces occasions.
    Le Déploiement de Tu-95 à Petropavlovsk dans un premier temps (depuis Engels plutôt que depuis Ukrainka) puis à Anadyr fait probablement partie d’un exercice plus important. A Avril correspond les exercices de fin de cycle de l’entrainement d’hiver. Ensuite il faudra attendre septembre/ octobre pour les grands exercices d’Eté.

  7. « un suivi des missions des bombardiers de l’ALRA »
    Dans le bon ordre :
    un suivi des bombardiers en mission ALRA

  8. L’Alaska est russe. Les premiers en Alaska, sauf les natifs, étaient des russes, donc l’Alaska est russe. L’Alaska a été « vendue » par une administration russe corrompue aux « Etats-unis d’Amérique », ça ne vaut rien de rien.

    Il sera donc normal que la Russie récupère l’Alaska.

    Mais non, je blague, juste pour le plaisir d’imaginer le tête de certains.

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