L’administration Trump a assoupli les règles d’engagement pour les frappes de drones

En 2013, l’administration Obama avait décidé de limiter, au profit des militaires, le rôle de la CIA dans les opérations visant à éliminer des chefs terroristes via des frappes de drones afin d’éviter une dérive paramilitaire de la centrale de renseignement. Cette mesure avait également pour objectif de rendre plus transparent ce programme d’éliminations ciblées, dans la mesure où le Pentagone a l’obligation de communiquer les missions qu’il effectue.

Ainsi, il revenait à la CIA de se concentrer essentiellement sur la collecte du renseignement. La décision d’une frappe devait ensuite être validée par un processus inter-gouvernemental, en fonction du risque de dommages collatéraux et de l’importance de la cible. Une fois cette étape franchie, le feu vert était donné pour lancer la mission. Cette mesure avait aussi l’objectif de limiter les pertes civiles – susceptibles de provoquer un afflux de recrues chez les terroristes – et d’éviter mettre en difficulté les autorités locales.

Mais, d’après le Wall Street Journal, la centrale de Langley a retrouvé certaines de ses prérogatives. En effet, le président Trump aurait « secrètement donné à la CIA de nouveaux pouvoirs pour conduire des frappes de drones contre des suspects de terrorisme », écrit le quotidien. Désormais, elle serait autorisée à frapper seule les cibles dont elle a acquis la « quasi-certitude » d’être un responsable terroriste.

Ce changement d’approche s’est traduit par l’élimination, en Syrie, du numéro deux d’al-Qaïda, Abou al Kheir al-Masri, par une frappe effectuée par un drone à la fin février. La mort de ce responsable jihadiste fut annoncée le 2 mars, par un responsable du renseignement américain. Et ce dernier avait évoqué le tir d’un missile Hellfire par un appareil appartenant à la CIA. Ce qui devait être effectivement le cas puisque la confirmation du raid par le Pentagone se fait toujours attendre.

Par ailleurs, à en croire le New York Times, l’administration Trump a aussi autorisé le Pentagone a mener des frappes de drones et des opérations commandos au Yémen, sans avoir à demander préalablement l’autorisation à la Maison Blanche. Et il est question d’en faire de même en Somalie, où les milices Shebabs, liées à al-Qaïda, représentent toujours une menace.

Depuis fin janvier, « nous avons l’autorité pour mener des frappes contre al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) », a confirmé le capitaine de vaisseau Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone, sans entrer dans les détails.

Cela étant, il s’agit de mesures « temporaires » qui, pour l’exécutif américain, sont vues comme un test par l’administration Trump avant d’aller plus loin dans l’assouplissement des règles d’engagement définies pendant le mandat de Barack Obama.

Depuis l’investiture de M. Trump, 36 frappes de drones ont déjà été réalisées en 45 jours, notamment au Yémen, où le rythme des raids contre al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) s’est accru ces dernières semaines.

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