Engagé dans la Résistance à l’âge de 15 ans, Compagnon de la Libération, Louis Cortot s’est éteint

« Rester vigilants, ne jamais accepter les injustices, agir, non pas parce qu’on est sûr de réussir, mais parce que c’est juste ». Tel aura été l’un des derniers messages adressés par Louis Cortot. Ce Compagnon de la Libération s’est éteint le 5 mars, à l’âge de 91 ans.

Né le 26 mars 1925 à Sombernon [Côte d’Or] et issu d’une famille modeste, Louis Cortot fréquente durant son adolescence le club d’aviation populaire de Boulogne-Billancourt. Pour autant, ce n’est pas dans les airs qu’il s’illustrera par la suite. La France occupée par l’Allemagne nazie, il n’a que 15 ans quand il décide de rejoindre les rangs de la Résistance, au début de l’année 1941, ce qui l’oblige à abandonner ses études, qu’il suivait dans une école professionnelle à Suresnes.

Recruté par l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, qui sera reconnue comme unité combattante à compter d’octobre 1940 par le Bulletin officiel du ministère de la Guerre, Louis Cortot prend part à plusieurs missions visant à récupérer des armes, à saboter des lignes téléphoniques ou bien encore à distribuer des tracts (*).

Par la suite, Louis Cortot, qui occupe alors un emploi d’ajusteur dans une usine, enchaîne les sabotages contre l’occupant, comme en faisant dérailler un train transportant des chars, et participe à l’attaque d’un convoi des jeunesses hitlériennes à Trappes. En juillet 1942, son groupe s’en prend au Rassemblement national populaire (RNP), le parti collaborationniste de l’ancien socialiste Marcel Déat et fait exploser un bureau de recrutement d’ouvriers volontaires pour partir en Allemagne.

En janvier 1944, Louis Cortot rejoint les FTP (Francs-Tireurs et Partisans) et le maquis à Saint-Mammès. En mai, il est chargé d’assurer la liaison entre les états-major des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) de Paris et de Seine-et-Marne. Puis, en août, alors que les forces allemandes se replient face à l’avancée des Alliés, le jeune homme est gravement blessé par des éclats de balles explosives. Il refuse alors d’être évacué tant qu’un ordre formel ne lui pas été donné. Et, le 11 novembre, le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération lors d’une cérémonie à l’Arc de Triomphe. Il n’a pas 20 ans.

Nommé responsable de la Garde civique républicaine de la Seine-et-Oise, une organisation paramilitaire communiste, il est chargé d’instruire les dossiers des collaborateurs du département. Puis, il retourne à la vie civile avec le galon d’aspirant de réserve. Il entame alors une carrière d’ajusteur chez Dassault Aviation.

(*) Aucun tract anti-allemand émanant de l’OS avant août 1941 n’aurait été retrouvé, selon les historiens Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre [L’affaire Guy Moquet – Enquête sur une mystification officielle (Hors collection Histoire)]

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