M. Le Drian fait de l’intelligence artificielle un enjeu stratégique pour la défense

En juin 2016, le centre de recherche de l’US Air Force (AFRL – US Air Force Research Laboratory) et l’entreprise Psibernetix ont réalisé une expérience ayant donné un aperçu de ce que pourrait être la façon de faire la guerre dans les décennies à venir. Ainsi, il a été mis au point une intelligence artificielle qui, appelée ALPHA, a été imaginée pour mener une patrouille d’avions de chasse en situation de combat.

Les résultats de l’expérience [.pdf] ont été sans appel. Même à la tête d’une formation d’avions de combat moins performants que ceux d’une flotte ennemie, ALPHA a toujours fait les bons choix qui lui ont permis de prendre le dessus lors des différents scénarios simulés. Et cette intelligence artificielle a même envoyé « au tapis » le très expérimenté colonel Gene Lee. « J’ai été surpris par la manière dont elle était consciente et réactive. Elle semblait être consciente de mes intentions et réagir instantanément à mes changements en vol et à mes déploiements de missiles. Elle savait comment déjouer le tir que je faisais. Elle changeait instantanément entre les actions défensives et offensives en fonction des besoins », racontera-t-il dans les colonnes de Popular Science.

Et apparemment, on n’a encore rien vu. En effet, Alpha fonctionne avec un seul processeur de 3,2 GHz, cadencé à 154 Hz, ce qui lui permet de classer les données, d’analyser la situation et d’éventuellement changer d’option pour s’adapter aux éventuels changements. Qu’en sera-t-il avec des composants encore plus performants qui amélioreraient le temps et la puissance de calcul?

Il est acquis que l’intelligence artificielle va ouvrir de nouvelles perspectives dans le domaine militaire. Les essaims de drones en sont un exemple. Comme les robots autonomes, dont le développement inquiète de nombreux chercheurs et entrepreneurs spécialistes des nouvelles technologies, au motif que les lois de la robotique définies par l’écrivain Isaac Asimov, seraient sur le point d’être battue en brêche. En outre, elle permettra d’automatiser l’analyse et la prise de décision…

Aussi, pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui s’est exprimé sur ce sujet à l’occasion d’un récent colloque, « l’intelligence artificielle est un élément de notre souveraineté nationale ». D’après les propos qu’il a tenus et qui ont été rapportés par l’Usine Nouvelle et Acteurs Publics, il estime qu’il s’agit même d’une « troisième révolution stratégique, dite troisième offset » après « l’hypervélocité et la lutte sous-marine. » Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, « nos alliés », et en particulier les États-Unis, l’ont placée « au cœur de la stratégie de sauvegarde de leur défense et de leur souveraineté. »

« Il s’agit de créer une troisième rupture technologique, après la dissuasion nucléaire et l’explosion des technologies de l’information et du numérique, pour garantir la supériorité et la sécurité américaine. Cette révolution potentielle sert de cadre et d’aiguillon à une politique d’investissement audacieuse », a expliqué M. Le Drian. Le preuve avec ALPHA et Psibernetix…

Aussi, pour le ministre, la France ne doit pas être en reste, d’autant plus que nos « auxquels nos principaux alliés se préparent activement, comme en témoigne le rapport robotique et intelligence artificielle de la chambre des communes britanniques ou le plan stratégique américain de recherche et développement en intelligence artificielle. »

Cet effort est même essentiel dans la mesure où l’intelligence artificielle sera la brique des technologies de combat du futur, avec des capteurs capables de traiter l’information par eux-mêmes, des capacités de simulation encore accrues ou encore des applications permettant de détecter et de contrer en temps réel des cyberattaques.

Et M. Le Drian a même évoqué ce que serait le successeur du Rafale. « Il faut compter sur l’intelligence des plateformes, leur capacité à se reconfigurer, à dialoguer entre elles, et parfois être simplement sacrifiées, ce qui n’a de sens qu’avec des plateformes pilotées à distance, capable elles-mêmes d’attaques saturantes si nécessaires », a-t-il dit.

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