Le Service des essences des Armées connaît de fortes tensions sur ses effectifs et ses équipements

sea-20161113

La Loi de programmation militaire 2009-2014, prenant en compte les objectifs fixés par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), prévoyait de supprimer 54.000 postes au sein du ministère de la Défense. Afin de préserver les capacités opérationnelles des armées, une grande partie de cette déflation des effectifs a porté sur le soutien des forces.

L’idée était alors de réduire les effectifs et de rationaliser le soutien afin de trouver des marges de manoeuvres financières. Seulement, la création des bases de défense n’a pas produit les économies espérées et le soutien des militaires, qui était jusqu’alors l’un des points forts des armées, s’est dégradé.

« Depuis 2009, l’ensemble des chaînes de soutien ont été mises sous tension. Bien que des gains d’efficience aient été obtenus, ces profondes évolutions ont entraîné une dégradation en partie assumée de la qualité des soutiens, suscité des tensions en gestion ou des retards dans la réalisation d’opérations d’investissements considérées comme moins prioritaires », relève ainsi le député Charles de la Verpillière, dans son dernier rapport pour avis sur le soutien et la logistique interarmées.

En revanche, lorsqu’il s’agit des interventions extérieures, la qualité du soutien est primordiale. Si l’argent est le nerf de la guerre, comme on dit, on ne peut en effet pas se battre sans pétrole et sans munitions… Aussi, lors des réformes menées entre 2008 et 2012, il avait été demandé au Service des essences des armées de renforcer sa capacité de projection tout rationalisant ses structures de commandement et « militarisant » ses dépôts. Le tout en « adaptant » ses ressources humaines « au besoin opérationnel. »

Or, en parlant de « besoin opérationnel », le SEA a été particulièrement sollicité au cours de ces dernières années, alors même qu’il a vu fondre ses effectifs de 11% entre 2008 et 2009 et qu’il aura encore à faire un effort dans le cadre de la LPM en cours, laquelle prévoit une diminution de 102 personnels.

« Ces évolutions concernent essentiellement le personnel civil pour préserver la capacité de projection militaire du service et maintenir son niveau de réponse au contrat opérationnel », explique M. de la Verpillière.

Or, avec les opérations passées (Serval et Sangaris) et encore en cours (Chammal, Barkhane et Daman), l’activité du SEA est intense, ce qui donne lieu à de « fortes tensions internes sur ses ressources humaines et ses équipements. » Selon M. de la Verpillière, elles sont la conséquences « d’un niveau d’engagement dans la durée inédit dans l’histoire du service, de l’augmentation des départs du personnel militaire du SEA et de pertes progressives de compétences. »

Pour illustrer cette situation, le député a donné quelques chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Ainsi, sur la période 2012-2015, 30 à 37% de l’effectif militaire du SEA a été déployé, chaque année, en opérations extérieures.

Mais ce n’est qu’une moyenne. En effet, certaines spécialités rares ont connu des taux de projection quasiment deux fois plus élevés. Tel est ainsi le cas des sous-officiers spécialisés en maintenance des matériels (entre 50 et 60% de leur effectif a été projeté entre 2013 et 2015). En outre, pour les militaires du rang, qui représentent les deux tiers des effectifs projetés par le SEA, la « période comprise entre deux projections a été divisée par deux entre 2012 et 2014 », note le député.

Cette activité intense a évidemment des conséquences sur les véhicules du SEA. « Près d’un tiers des véhicules de transport de carburant et la moitié des camions avitailleurs de petite capacité étaient déployés en OPEX début 2015 », précise M. de la Verpillière. Et ce dernier ajoute : « Ce fort engagement se traduit par un vieillissement prématuré du matériel engagé, compte tenu des conditions particulières d’emploi dans la bande sahélo-saharienne. »

Aussi, comme les réserves de matériels en métropole sont quasiment « inexistantes », le député estime qu’une « accélération du renouvellement des différents matériels semble nécessaire. »

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