Des frappes américaines ont fait 119 victimes civiles depuis le début des opérations contre l’EI

frappe-20141203

Depuis maintenant plus de deux ans, la coalition anti-État islamique (EI ou Daesh) dirigée par les États-Unis a effectué plus de 16.000 frappes et largué environ 54.000 bombes et missiles contre les positions tenues par les jihadistes en Irak et en Syrie.

Au vu du volume des munitions utilisées et du nombre de missions accomplies, il est inévitable qu’il y ait des victimes civiles, c’est à dire des personnes ne prenant pas part aux combats. Et cela, malgré les règles d’engagements très strictes auxquelles sont soumis les équipages de la coalition.

Eviter au maximum les dommages dits collatéraux est une exigence opérationnelle forte dans la mesure où, outre l’aspect humain, il s’agit d’éviter de nourrir la propagande jihadiste. Seulement, en pratique, les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait.

D’autant plus que les bombes utilisées sont généralement guidées par GPS. Or, il se trouve que les jihadistes ont de plus en plus souvent recours à des brouilleurs GPS, ce qui est de nature à affecter la précision des frappes.

Ceci étant posé, combien de victimes civiles ont été causées par les raids de la coalition? Répondre à cette question est difficile, d’autant plus que les chasseurs-bombardiers occidentaux ne sont pas les seuls à intervenir en Irak et en Syrie.

Ainsi, par exemple, 15 femmes ont récemment été tuées par une frappe aérienne dans les environs de Kirkouk. Et Moscou a immédiatement accusé la coalition d’avoir commis un « crime de guerre ». Sauf que, selon les résultats préliminaires de l’enquête ouverte par les autorités irakiennes après ce drame, il s’avère que c’est un avion irakien qui en serait à l’origine.

« Certains disent que le raid était dû à un problème technique, d’autres pensent qu’il était intentionnel », a même précisé, quelques jours plus tard, le député Hakim al-Zamili, membre de la commission d’enquête mise en place après ce raid.

Quoi qu’il en soit, l’organisation non gouvernementale britannique Airwars, qui ne dispose d’aucun moyen de vérification sur place, estime que 1.787 civils ont été tués par des frappes de la coalition effectués tant en Irak qu’en Syrie. Mais quand on regarde de plus près les chiffres qu’elle avance, l’on se rend compte que très peu de cas ont pu être confirmés avec certitude.

Et pour cause, l’ONG se fie aux rapports de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui n’est pas toujours d’une fiabilité absolue, aux médias sociaux, ainsi qu’à des sources jihadistes. Cependant, elle est consciente de ses limites. « Nous rapportons des informations sur les frappes et les pertes de bonne foi mais nous sommes souvent incapables de les vérifier », admet ainsi Airwars.

Cela étant, pour ce qui concerne les forces américaines, et après de longues enquêtes, des responsables du Pentagone ont admis que les frappes contre l’EI avaient, à ce jour, fait jusqu’à 119 victimes civiles.

« Dans chaque cas, l’armée américaine a suivi les procédures appropriées et n’a pas violé les lois des conflits armés », ont fait valoir ces responsables, cités par le New York Times. Le quotidien précise par ailleurs que sur les 257 allégations de possibles dommages collatéraux, seulement 31 ont été jugées crédibles.

Cependant, sur les 12 derniers mois, 24 frappes « ont malheureusement et probablement tué 64 civils et blessé huit autres », a par ailleurs précisé, via un communiqué,  l’US Centcom, le commandement militaire américain pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient,.

Cela s’explique par l’intensification des raids menés contre l’EI dans des zones urbaines, avec notamment l’opération visant à libérer Mossoul de l’emprise jihadiste. Plus tôt, cette année, la coalition a également appuyé les troupes irakiennes pour la reconquête de Falloujah et de Ramadi ainsi que les Forces démocrations syriennes lors de leur offensive en direction de Manbij, dans le nord de la Syrie.

« Parfois, les civils paient le prix de l’action militaire. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour limiter ces accidents, y compris parfois en renonçant à frapper des cibles », a expliqué le colonel John J. Thomas, un porte-parole de l’US Centcom.