Libye : Le gouvernement non reconnu a mis la main sur les infrastructures pétrolières

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Avant juin 2014, la Libye ne comptait qu’un seul gouvernement, issu du Parlement, qui était alors le Congrès général national, dominé par les islamistes. Les choses étaient alors relativement simples, en dépit de la présence de groupe jihadistes dans le sud et l’est du pays.

Puis il y eut de nouvelles élections législatives, remportées par les libéraux, incarnés notamment par le général Khalifa Haftar, un ex-dissident libyen revenu au pays après la chute du régime du colonel Kadhafi. Seulement, le Congrès général national refusa le verdict des urnes. Du coup, un second gouvernement apparut sur la scène libyenne. Et comme il était persona non grata à Tripoli, il alla s’établir, avec le Parlement élu, à Tobrouk, dans l’est libyen.

À la différence de celui de Tripoli, ce dernier était reconnu par la communauté internationale étant donné qu’il avait la légitimité du suffrage universel. Puis les deux gouvernements, par milices interposées, s’affrontèrent pour obtenir le contrôle des installations pétrolières, lesquelles constituent l’une des seules ressources de la Libye. Et, pendant ce temps, la branche libyenne de l’État islamique en profita pour s’enraciner dans le pays, notamment en s’emparant de la ville de Syrte.

Face à cela (et aussi à la crise des migrants), les Occidentaux et les pays voisins de la Libye encouragèrent les efforts des Nations unies en vue de former un gouvernement d’union nationale. Ce qui a été fait en décembre 2015, avec la signature d’un accord à Skhirat.

Dirigé par Fayez al-Sarraj, ce gouvernement d’union (ou GNA), désormais reconnu par la communauté internationale, a fini par prendre ses marques à Tripoli, en bénéficiant de nombreux ralliements. Et, sans trop tarder, avec les milices qui sont loyales, en particulier celle de Misrata, il a lancé une offensive visant à reprendre Syrte aux jihadistes de l’EI.

Seulement, le GNA n’a jamais pu obtenir la confiance du Parlement installé à Tobrouk, lequel reste légitime. Et cela, en raison du sort promis au général Haftar, entretemps nommé commandant en chef de l’Armée nationale libyenne, laquelle est aussi aux prises avec les jihadistes à Benghazi (et qui, au passage, bénéficie de conseils de militaires du service action de la DGSE). Du coup, la Libye compte toujours deux gouvernements…

La Garde des installations pétrolières, un temps ralliée au Parlement de Tobrouk, ayant finalement fait allégeance au gouvernement d’union nationale au cours de l’été, le général Haftar a déclenché, le 11 septembre, une opération surprise visant à s’emparer des installations du très stratégique croissant pétrolier libyen.

Il n’aura fallu que trois jours à l’Armée nationale libyenne du général Haftar pour mettre la main sur les terminaux pétroliers de Ras Lanouf, al-Sedra, Zueitina et Marsa el-Brega. Le chef du gouvernement qui n’est plus reconnu, Abdallah al-Theni, a affirmé vouloir rétablir l’activité de ces installations au plus vite afin de pouvoir « assurer à tous les Libyens une vie digne ».

Cette offensive a été immédiatement condamnée par le GNA, qui a parlé, dans un premier temps, d’une « agression flagrante contre les acquis du peuple libyen, qui porte atteinte à la souveraineté nationale. » Plus tard, dans un second communiqué, il a changé de ton en estimant que ces attaques contre les terminaux pétroliers étaient contraires au processus de réconciliation engagé. »

En tout cas, la perte de ces installations pétrolières ne pourra qu’affaiblir le gouvernement de Tripoli, à l’heure où ses forces peinent à chasser l’EI de Syrte, malgré l’appui aérien fourni, à sa demande, par les États-Unis. En clair, il n’a pour le moment pas les moyens militaires pour tenter de remettre la main sur ce croissant pétrolier.

Cela étant, il n’est pas certain que le gouvernement d’Abdallah al-Theni puisse profiter de l’exploitation de ces terminaux pétroliers dans la mesure où la résolution 2259 du Conseil de sécurité des Nations unies interdit les exportations illégales de pétrole depuis la Libye et afffirme que les installations pétrolières doivent être placées sous l’autorité du GNA.

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