Des « Bâtiments modulaires durables » pour loger les recrues de l’armée de Terre

catalpa-20160905

Suite aux attentats janvier 2015, il a été décidé de faire passer les effectifs de la Force opérationnelle terrestre (FOT) de 66.000 à 77.000 soldats, ce qui représente, environ, l’équivalent de 9 régiments.

Seulement, avec la réforme de la carte militaire lancée en 2008, les casernes se font désormais rares. Aussi, hormis les cas particuliers de la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère (DBLE), qui est en train de remonter en puissance sur le plateau de Larzac depuis son retour des Émirats arabes unis, et du 5e Régiment de Dragons (RD) à Mailly-Le-Camp, il ne pouvait être envisagé de réactiver des régiments n’ayant pu échapper aux différentes vagues de dissolutions de ces dernières années.

La marge de manoeuvre étant donc étroite, l’état-major de l’armée de Terre n’eut que le choix de densifier les unités existantes, en leur attribuant une compagnie (ou un escadron) supplémentaire. Et cela supposait qu’il fallait faire de la place dans les casernes pour accueillir les nouvelles recrues.

Pour cela, il n’y avait que deux solutions, sachant qu’il fallait faire vite : réhabiliter des bâtiments déjà existants (ce qui suppose, pour au moins trois casernes où les travaux sont plus importants qu’ailleurs, d’installer des bungalows) ou bien en construire des nouveaux.

D’où le programme Catalpa (nom d’un arbre originaire d’Amérique du Nord et d’Asie de l’Est), qui a donné lieu à un contrat attribué par le Service d’infrastructure de la Défense (SID) au groupe Bouygues, lequel propose des « Bâtiments modulaires durables » (BMD) disposant d’une ossature en bois et dont la durée de vie va de 35 à 40 ans.

L’intérêt du BMD est qu’il peut être construit rapidement, comme celui qui vient d’être inauguré au quartier Roc Noir de Barby, au profit de la 6e compagnie du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) récemment créée. Il aura fallu 6 mois et demi pour construire ce bâtiment de 3.100 m2, en mesure d’accueillir 177 soldats.

« La situation immobilière des régiments a conduit à adopter des réponses différenciées à ce besoin nouveau de logement et imaginer une solution durable mais de réalisation rapide et au coût maîtrisé. Le bâtiment modulaire durable CATALPA s’est avéré ainsi être le meilleur compromis », a justifié le Sirpa Terre.

En tout, 12 autres BMD seront inaugurés d’ici le début de l’année 2017, à raison d’un ou deux par mois. « Le respect des échéances de livraison constitue un impératif pour permettre aux unités créées de s’entraîner et de remplir au plus tôt les missions opérationnelles à l’étranger et sur le sol français », a déclaré le général Houitte de la Chesnais, le major-général de l’armée de Terre, lors de l’inauguration du premier BMD construit pour le 13e BCA, le 31 août.

35 commentaires sur “Des « Bâtiments modulaires durables » pour loger les recrues de l’armée de Terre”

  1. Ah ben voilà, le casernement! Parlons-en!
    .
    C’est crucial. Entre autres raisons, parmi une multitude, parce que le mode d’habitat, nous disent les sociologues, conditionne notre mode d’action dans la vie, plus que les vêtements qu’on porte. Presque plus que notre éducation ou notre culture.
    .
    Le sujet est redoutable, en réalité. Il est plus riche que celui des armes. Après tout, un char Leclerc, un EPC, est un outil, mais on n’habite pas dedans. Il détermine un certain nombre de comportements, mais à la réflexion, bien moins que l’habitat.
    .
    Si on définit le casernement comme un habitat du militaire, ce qui est en soi poser un principe, alors il faut en déduire les conséquences qui vont avec, en ayant bien en tête que son habitat sera plus important que son Famas ou son uniforme, ou le véhicule qui le porte.
    .
    Le fait est que les casernes sont plus anciennes que les armes et les uniformes. Et même les structures de commandement.

    1. Ouais mais tu préfères vivre dans une vieille caserne et avoir un Leclerc pour partir au combat ou vivre dans une villa et partir avec une Twingo ?

  2. Durée de vie 40-45 ans, c’est pas mal du tout, et les finitions semblent très bonnes.Faut voir à l’usage..comment il va vieillir ..

  3. Le concept du casernement des recrues est devenu désuet , il n’apparaît plus être une nécessité de maintenir la soldatesque captive dans l’attente de la guerre comme au 18° siècle . Il aurait été préférable de rechercher des solutions individuelles en secteur civil au terme de la formation initiale des engagés comme cela se fait pour les Officiers et Sous officiers une fois leur affectation connue.
    Sachant que pour atteindre un niveau de réactivité acceptable lors d’une projection ,la solution passe obligatoirement par le regroupement des compétences et des matériels au sein de quelques bases géantes disposant d’un aéroport .On peut comprendre que le maillage du territoire par des casernes dont la plupart ont été édifiées au siècle dernier à vécu .Pour projeter aujourd’hui une task force de 10000 hommes avec ses équipements , au regard de l’organisation actuelle entre 2 et 3 semaines seraient nécessaires .L’état major serait obligé de faire les fonds de tiroir de chaque régiment implanté dans l’hexagone , de regrouper les gens et le matériel disponible par le biais de la SNCF ce qui n’est pas une mince affaire lorsque l’on sait que pendant la première guerre du golf au port de Marseille en 1991 , les militants communistes de la CGT avaient refusé d’embarquer la troupe sur les batiments de la SNCM .Cette situation ne manquera pas de se reproduire avec peut-être des sabotages à la clé etc…le jour ou la France sera engagée dans un conflit majeur avec un pays disposant d’une armée digne de ce nom . La dernière véritable opex de l’armée de terre s’est déroulée il y a 25 ans , lorsqu’il a fallu projeter 10000 hommes sur les 300 000 disponibles cela s’est révélé être d’une complexité inouïe , une désorganisation totale dont nos diplômés de l’école de guerre auront certainement fait le retour d’expérience qui s’impose .

    1. pardon tartempion mais votre post fleure bon la déconnexion au monde réel du soldat professionnel en 2016 qui fonctionne comme son ancien du contingent (normal ils ont 20 ans) , celui de l’unité de combat ou d’appui. ne vous en déplaise mais votre approche était celle des « modernes » lors de la professionnalisation : plus de batiment d’unité et fonctionnalisation des infrastructures : une zone de stockage, une zone de commandement , une zone d’instruction et une zone vie. « nos soldats étaient des pros , des grands garçons quoi ! » et puis pas la peine de les encaserner, ce sont des français quivivent dans leur temps… et puis patratrac
      plus de sergent de semaine, plus de colocalisation des bureaux des cadres avec les chambres, et le départ en vrille dans les chambrées au point que tous les régiments sont vite revenus aux fondamentaux. enfin , nous souffrons bcp des armureries centralisées et de la gestion tout aussi centralisée des équipements (merci le concept mangérial, moderne et jeun’s de l’entreprise : celui des BDD inventé par un gvt qui voulait faire du libéralisme économique (je ne suis pas contre loin de là) dans les casernes (alors là je suis coomplètement contre). par ailleurs, nos garçons sont tellement absents de leur garnison qu’ils ont vite rendu les logements loués mais inoccupés pour revenir en caserne.
      enfin vos conceptions sur la réactivité sont un peu du grand yaka. l’expérience le prouve : le meilleur système reste celui de l’unicité de lieu de temps et d’action pour monter en puissance et s’engager . demander à ceux qui ont fait du guepard depuis trois ans les tours de force en traversant le pays pour aller chercher un matériel.

    2. Ben voilà Tartempion ! … Faisons des grosses bases dans notre petit pays ! Des grosses bases qui en cas de conflit majeur, deviendraient de facto des objectifs prioritaires… 😉

  4. La construction rapide version Bouygues….rappelez vous ils ont construit les HLM des années 70 !

  5. très interessant, vous devriez developper plus. Mais à mon sens l’uniforme est plus determinant que l’habitat. D’abord parce que bien souvent en amont, on se determine par l’uniforme qu’on choisit. Et en aval, une fois qu’on porte cet uniforme c’est lui qui nous modèle.

    1. Les anglais disent exactement la même chose à propos des bâtiments
      « We shape our buildings and then they shape us »
      D ou mon aversion profonde des habitats cubes modernes…

  6. Durée de vie de 35 à 40 ans, donc démolition programmée pour 2080/90 juste après leur réfection intégrale pour insalubrité, suivant l’habitude du ministère…

    1. @detab , faut pas etre mauvaise langue, si on les repeints regulierement avec un peu de bol les couches de peintures permettront aux batiments de tenir jusqu’a leur terme.
      @tartempion , je rejoins votre analyse sur le volet expeditionnaire et ses contraintes logistiques qui imposeraient des logements a proximite des points de projection, pour autant il me parait pertinent de ne pas (trop) depouiller les campagnes, d’une part pour garder de la resilience et de la profondeur strategique en cas de conflit de haute intensite, ou l’adversaire viserait en priorite les points de concentration de force, d’autre part, pour eviter de se faire surprendre face a un adversaire cherchant a frapper les arrieres, comme les GAT que nous combattons actuellement, mais pas que, les possibilites sont vastes et vont du crime organise aux operations de guerre hybrides pour reprendre un terme a la mode, d’ailleurs on reparle des bienfaits de la defense operationnelle du territoire.

  7. Rien de neuf !

    Cela fait des décennies que l’armée de Terre vit dans du « temporaire qui dure ».
    Je ne suis pas certain que ces bâtiments en papier mâché résistent mieux que ceux des années 50, surtout si l’on continue d’économiser sur les frais de chauffage comme on le fait chaque hiver.
    Seul point positif : la communication qui a dû coûter au moins dix BMD est top !

  8. Sage décision.
    Mais par contre je ne peux m’empêcher de constater que c’est encore une foi Bouygue qui a le contrat, comme par hasard …

  9. La classe au 13 bca elle sont bien leur installation Allez voir les casernes di 3 rima des grands bâtiments froids avec plein de chambres peu isolés et avec peu d’intimité super

    1. @Beber …ah qu’elle est belle la vie de Marsouins !
      les gars n’y dorment pas très souvent et ces piaules sont plus des lieux de stockage de leus paquetages de campagne qu’autre chose …Ils ont tous ou presque des « colocs féminines  » en ville avec qui ils partagent le loyer …et le reste!LOL!

    1. Croyez moi que contrairement a de nombreux baraquements dans les régiments qui sont peut être en dure, ces bâtiments construits à l’aide de containers feront des jaloux chez ceux qui sont dans des bâtiments qui ont 100 ans et qui sont encore dans des chambres de 6 ou 8.
      Seul problème que je pense, mais n’en suis pas certain, c’est que ça doit faire beaucoup de bruit, mais tout dépend de l’isolation sonique.

  10. Ces bâtiments dont je découvre comme vous le résultat final, pour l’heure je ne voyais que des containers qu’on assemblait, y pensant voir une structure plus semblable a ce qu’on voit dans les chantiers, sont intéressants.
    Au moment ou l’on s’interroge sur des augmentations militaires, un retour a la conscription, on se plaint de ne plus avoir suffisamment de casernes pour pouvoir y arriver, mais ces logements démontrent une solution rapide.
    Un bâtiment met 7 mois à se construire, c’est plus rapide que pour recruter les 177 soldats qui y logeront!
    Quoi qu’on en pense, ça reste une solution qui risque de revenir prochainement sur la table.
    D’ici 40 ans on aura le temps de financer et de réfléchir a construire de nouveaux bâtiments.

  11. Comme d’habitude , il n’y aura aucun moyen pour les entretenir , ils vont se pourrir à vitesse grand V , et on n’en reparlera cet hiver….

  12. La fameuse réforme de la carte militaire (comme celle des tribunaux, de l’enseignement, de la police etc). Qui, a fait ces réformes scélérates, anti-républicaines ?
    Celui pour qui votent encore beaucoup de gens aujourd’hui : pour un traitre, qui a de plus, fait rentrer la France dans l’OTAN, sans consultation du peuple. L’ami du Qatar, le fossoyeur de la Libye avec le grand « philosophe » BHL
    Et ce personnage inepte peut être ré-élu.
    Alors, ne venons pas pleurer : on a ce que l’on mérite. Et il faut arrêter d’avoir la mémoire courte, ou du moins la pensée à géométrie variable : c’est bien Sarkozy qui a tué le pays dans son organisation profonde. C’est à lui et à sont gouvernement d’époque qu’il faut demander des comptes.

    1. Ha voila un personne qui comprend comment l’économie et la France marche.Merci pour votre développement qui je n’en doute pas manque pas de raisonnement..
      Je ne prends même pas la peine de développer mon argumentation vus l’imbécilité et l’être têtu qui doit reposer sur vos épaules.
      Ressaisissez vous.

  13. Si maintenant on loge nos soldats mieux que les immigrés clandestins, où va t on. Je suis sorti.

  14. Qu’est ce que c’est que cette histoire de durée de vie de 35 ans ? Si un batiment peut durer 35 ans, avec l’entretient adapté, il peut durer 1000 ans. J’ai l’impression que cette histoire de durée de vie est une excuse inventé pour passer outre les très nombreux règlement en matière de construction et notamment la RT2012. Une fois de plus, l’administration ne serait elle pas entrain de s’asseoir sur les règles qu’elle a inventé et imposé à tous sauf à elle ?

  15. Pourquoi s’emmerder avec des bâtiments en dur?… Des mobil-home pour tout le monde ou la guitoune collective avec plancher chauffage par air pulsé …Nombre d’entre nous avons vécus ce mode de vie en opex ,voir pire dans des hangars avec des » corimex « …Personne n’en est mort et on s’habitue vite à la vie sur le terrain et aux chiottes et douches collectives !

  16. Construits aux normes actuelles, ces bâtiments peuvent se révéler plus performants, et donc habitables avec confort, que nombre de vieux bâtiments qui nécessiteraient un ravalement après rénovation de l’isolation, fenêtres double vitrages récents, plomberie moderne, etc.
    C’est peut-être pour une fois ce qu’il y avait de mieux à faire pour les soldats et moins couteux sur la durée.
    J’espère que les SDF français en profiteront après nos soldats et pourquoi pas les demandeurs de logements prioritaires. Vu le prix des nuitées d’hôtel et des centres d’hébergements pour les immigrés clandestins, alors que dormir dehors ou dans des centres surmontés est leur quotidien, la dépense serait modeste et vite rentabilisée.
    Mais il ne faut pas rêver, si déjà nos soldats bénéficient de cette générosité pour une fois bien placée…

  17. « La marge de manoeuvre étant donc étroite » . . c’est comme ça qu’on perd des guerres.

Les commentaires sont fermés.