Quel futur drone de reconnaissance au contact pour l’armée de Terre?

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En 2005, EADS (aujourd’hui Airbus Defence & Space), via l’entreprise française Survey Copter, qui deviendra plus tard l’une de ses filiales, remportait le marché des drones de reconnaissance au contact (DRAC) de l’armée de Terre. Il était alors question de livrer 160 appareils pour un montant de 30 millions d’euros.

Utilisés par les unités d’artillerie, les DRAC sont, en quelque sorte, des « jumelles déportées » dans la mesure où ils permettent de collecter des informations, de jour comme de nuit et en temps réel, sur une dizaine de kilomètres. Il s’agit ainsi d’avoir la capacité de repérer immédiatement toute présence hostile sur un point particulier sans avoir à déployer d’autres capteurs.

Seulement, ce programme connut quelques difficultés. Ancien chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Elrik Irastorza s’en était plaint lors d’une audition à l’Assemblée nationale, en octobre 2009. Ainsi, le DRAC, avait-il indiqué, présentait alors « deux difficultés majeures de mise au point, mais la première, due à l’interférence entre l’optique et le système de géo-référencement » tandis que la seconde était liée à « problèmes de motorisation ». Mais l’industriel devait alors rapidement régler ces problèmes.

Plus de 10 ans plus tard, l’armée de Terre cherche à renouveler ses drones de reconnaissance. D’où la procédure d’acquisition en cours, qui porte sur 210 appareils (répartis en trois lots) pour plus de 100 millions d’euros.

Tout naturellement, Airbus Defence & Space et sa filiale SurveyCopter sont sur les rangs, cette fois avec le « SkyGhost« , un appareil deux fois plus endurants que celui actuellement en service (3 heures d’autonomie contre 1h30) et disposant d’un rayon d’action de 30 km. Cet engin, qui n’est pas lancé à la main mais par une catapulte, peut être déployé en 15 mn. Il est doté d’une caméra, avec une capacité infrarouge à 360°.

Seulement, la concurrence sera rude. Il faudra en effet compter sur les spécialistes israéliens Elbit Systems, qui propose une version modernisée du Skylark 1LE, un engin utilisé par le Commando Parachutiste de l’Air n°10, et Aeronautics Defense Systems, qui, associé à Ineo Defense, compte imposer son Orbiter.

En lice également, le duo français ECA Group et Delair-Tech propose le DT-26M, un appareil déployable en moins de 10 minutes, discret et capable de collecter des informations dans une rayon de 30 km. Ce produit de la « french Tech », conçu en matériaux composites (sa masse est de 15 kg), affiche une autonomie de 2h30. Equipé de caméras visibles et infra-rouge, il est doté d’un tourelle gyrostabilisée qui, selon ses promoteurs, ljui donne « des capacités d’observation aujourd’hui inégalées pour un drone de cette taille. »

« Des fonctions avancées de cryptage, de ‘video tracking’, de formatage du flux de vidéos aux standards OTAN, de robustesse et de facilité de déploiement ont été également développées pour répondre de manière optimale aux besoins des opérationnels sur le terrain », font valoir ECA Group et Delair-Tech.

Et puis, il faudra aussi composer avec Thales et Sagem. Le premier, qui n’a sans doute pas digéré l’échec de son Watchkeeper pour le contrat des drones tactiques de l’armée de Terre, s’est associé à Aviation Design, une PME française, pour proposer le Spy’Ranger, un appareil de 25 kg ayant besoin d’une rampe pour décoller. Ce mini-drone ne manque pas d’atouts : d’une autonomie de 2h30 à 3 heures, il dispose d’une boule optronique très performantes (l’algorithme est quasiment le même que celui du pod RECO NG).

Enfin, Sagem s’est allié avec l’entreprise polonaise WB Electronics pour soumettre le Fly Eye. D’une masse de 11 kg pour une envergure de 3,6 mètres, ce drone est lancé à la main. D’un rayon d’action de 30 km, il dispose d’une autonomie de 3 heures. Avant d’atterrir, il doit larguer sa boule optronique (évidemment dotée d’un parachute) afin de faciliter sa récupération.

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