Quel futur drone de reconnaissance au contact pour l’armée de Terre?

drac-20160618

En 2005, EADS (aujourd’hui Airbus Defence & Space), via l’entreprise française Survey Copter, qui deviendra plus tard l’une de ses filiales, remportait le marché des drones de reconnaissance au contact (DRAC) de l’armée de Terre. Il était alors question de livrer 160 appareils pour un montant de 30 millions d’euros.

Utilisés par les unités d’artillerie, les DRAC sont, en quelque sorte, des « jumelles déportées » dans la mesure où ils permettent de collecter des informations, de jour comme de nuit et en temps réel, sur une dizaine de kilomètres. Il s’agit ainsi d’avoir la capacité de repérer immédiatement toute présence hostile sur un point particulier sans avoir à déployer d’autres capteurs.

Seulement, ce programme connut quelques difficultés. Ancien chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Elrik Irastorza s’en était plaint lors d’une audition à l’Assemblée nationale, en octobre 2009. Ainsi, le DRAC, avait-il indiqué, présentait alors « deux difficultés majeures de mise au point, mais la première, due à l’interférence entre l’optique et le système de géo-référencement » tandis que la seconde était liée à « problèmes de motorisation ». Mais l’industriel devait alors rapidement régler ces problèmes.

Plus de 10 ans plus tard, l’armée de Terre cherche à renouveler ses drones de reconnaissance. D’où la procédure d’acquisition en cours, qui porte sur 210 appareils (répartis en trois lots) pour plus de 100 millions d’euros.

Tout naturellement, Airbus Defence & Space et sa filiale SurveyCopter sont sur les rangs, cette fois avec le « SkyGhost« , un appareil deux fois plus endurants que celui actuellement en service (3 heures d’autonomie contre 1h30) et disposant d’un rayon d’action de 30 km. Cet engin, qui n’est pas lancé à la main mais par une catapulte, peut être déployé en 15 mn. Il est doté d’une caméra, avec une capacité infrarouge à 360°.

Seulement, la concurrence sera rude. Il faudra en effet compter sur les spécialistes israéliens Elbit Systems, qui propose une version modernisée du Skylark 1LE, un engin utilisé par le Commando Parachutiste de l’Air n°10, et Aeronautics Defense Systems, qui, associé à Ineo Defense, compte imposer son Orbiter.

En lice également, le duo français ECA Group et Delair-Tech propose le DT-26M, un appareil déployable en moins de 10 minutes, discret et capable de collecter des informations dans une rayon de 30 km. Ce produit de la « french Tech », conçu en matériaux composites (sa masse est de 15 kg), affiche une autonomie de 2h30. Equipé de caméras visibles et infra-rouge, il est doté d’un tourelle gyrostabilisée qui, selon ses promoteurs, ljui donne « des capacités d’observation aujourd’hui inégalées pour un drone de cette taille. »

« Des fonctions avancées de cryptage, de ‘video tracking’, de formatage du flux de vidéos aux standards OTAN, de robustesse et de facilité de déploiement ont été également développées pour répondre de manière optimale aux besoins des opérationnels sur le terrain », font valoir ECA Group et Delair-Tech.

Et puis, il faudra aussi composer avec Thales et Sagem. Le premier, qui n’a sans doute pas digéré l’échec de son Watchkeeper pour le contrat des drones tactiques de l’armée de Terre, s’est associé à Aviation Design, une PME française, pour proposer le Spy’Ranger, un appareil de 25 kg ayant besoin d’une rampe pour décoller. Ce mini-drone ne manque pas d’atouts : d’une autonomie de 2h30 à 3 heures, il dispose d’une boule optronique très performantes (l’algorithme est quasiment le même que celui du pod RECO NG).

Enfin, Sagem s’est allié avec l’entreprise polonaise WB Electronics pour soumettre le Fly Eye. D’une masse de 11 kg pour une envergure de 3,6 mètres, ce drone est lancé à la main. D’un rayon d’action de 30 km, il dispose d’une autonomie de 3 heures. Avant d’atterrir, il doit larguer sa boule optronique (évidemment dotée d’un parachute) afin de faciliter sa récupération.

10 commentaires sur “Quel futur drone de reconnaissance au contact pour l’armée de Terre?”

  1. C’est tous les mêmes ces indus français… il vendent de la daube et se permettent de dire que c’est la meilleur came… Sans déconner !!! Le Drac de l’AT est un vrai fiasco !! Pour ne pas dire inadmissible !!
    Le problème des indus français c’est qu’il pensent plus à combien il vont vendre leur daube que la qualité que les armées en attendent.

    1. Y a pas que de la daube…

      Le drone du génie est électrique donc silencieux et avec un cable au dessus du véhicule il est très longtemps autonome et toujours en vol tant qu alimenté électriquement…il se vend très bien à l Etranger d ailleurs. Excellent pour voir très loin notamment en tête de colonne en Afrique.

      Celui qui est fabriqué à Toulouse est plutôt performant le Dt-26..c est un petit avion qui se lance ou se catapulte.Et qui tient 4 heures et peut faire plus de 140 kms.

      Une question d investissement car les industriels français sont leaders avec les israéliens et américains dans le monde pour les drones.

    2. @Iceman LBT:
      .
      La conception du DRAC de la PME française « Survey Copter » (depuis rachetée par Cassidian devenu Airbus Defence & Space qui en assure aujourd’hui la MCO…) remonte à il y a plus de 12 ans et répondait à une demande émise par la DGA en 2003…
      .
      Après avoir trainé 5 ans pour des raisons de budget, les livraisons en furent subitement accélérées dès 2009, suite à Uzbin où le manque d’un tel équipement fut mis avant.
      .
      Les différents problèmes cumulés par le DRAC (pannes moteur, interférences d’émissions des différents capteurs…) et leur livraison retardée puis étalée sur plusieurs années font que ce système initialement prévu pour 2004/2005 est aujourd’hui obsolète et doit être impérativement remplacé.

    3. Vous ne regardez pas les choses par le bon bout de la lorgnette ; les indus produisent en fonction d’un cahier des charges produits pour réceptionner le produit adéquat – c’est la STAT et la DGA qui ensuite valident – Donc si vous estimez que ce DRAC est une daube , ce ne fut pas l’avis des spécialistes compétents et ce n’est pas au indus qu’il faut vous en prendre !

  2. Si on pouvait acheter français pour notre Armée de Terre ça serait pas de refus. Mais on doit pas non plus se forcer à acheter français si la qualité n’est pas là. Je pense à l’ancien DRAC, surnommé « La Tondeuse » dû à son bruit… Et pratiquement inlançable si le vent n’était pas favorable ! J’espère une coopération entre l’Armée de Terre et les fournisseurs Français, qui, j’en suis sûr, sont capables de remplir toutes les caractéristiques si les besoins sont bien exprimés.

    1. Face au constat des défauts du DRAC, le COS avait pu s’équiper du « Skylark » un système de même type israélien produit par Elbit.
      L’actuel programme vise à remplacer « Skylark » et DRAC.

  3. L’armée de terre n’a que des drones classiques parfois bruyants .Toutefois le « drone » est » un plus » pour le combat de l’infanterie comme pour les blindés !
    En les améliorant encore ils deviendront rentables et faciles d’emploi .Il en est de ces matériels comme du reste tout est lié au fric …Et en ce moment ce n’est pas Byzance !…Alors l’Armée fait avec ce qu’elle a et achête parfois sur étagère …

    1. La mise en oeuvre et l’exploitation du Renseignement -terrain devrait pouvoir se faire à l’échelon unité élémentaire ,pour leurs besoins immédiats ,il sera impératifs de mettre en vigueur
      des stages Rens/Drone et de créer une école inter-armes pour ces stages …Reste le choix des matériels à connaître ainsi que la partie technique qui ne s’improvise pas !..

  4. Pour ce mini-drone (pas micro-drone) désigné SMDR (système de minidrones de renseignement) par la DGA le choix devra se faire entre deux types de propositions:
    .
    Avec une endurance et un rayon d’action communs à tous, le choix se fera entre les propositions de drones lancés sur rampe étant alourdis par des capteurs et systèmes de transmissions sûrs et très performants , face à d’autres qui optent pour la facilité et rapidité de mise en oeuvre à la main tout en conservant de bonnes performances sur le plan capacitaire:
    .
    – Airbus/Survey Copter, « Sky Ghost »: 30 km, 3 h. d’aut. pour 25 kg + rampe
    .
    – Thales, « Spy Ranger »: 30 km, 3 h. d’aut. pour 15 kg + rampe
    http://www.industrie-techno.com/thales-devoile-le-drone-de-surveillance-spy-ranger.40977
    .
    – Delair Tech/ECA, « DT26M »: 30 km, 2,30 h. d’aut. pour 15 kg + rampe
    http://www.delair-tech.com/mobile-site/fr/2016/06/09/delair-tech-et-eca-annoncent-leur-partenariat-technologique-et-commercial/
    Une solution franco-française d’un drone rustique et éprouvé par sa version civile DT26:
    http://bat-hawkrecon.com/index.php/photos/
    .
    – Safran/WB Electronics, « Fly Eye »: 30 km, 3 h. d’aut. pour 11 kg et lancé à la main.
    Il s’agit ici d’un système franco-polonais conçu pour le marché polonais.
    http://www.janes.com/article/61488/eurosatory-2016-safran-offers-modified-fly-eye-for-french-army
    .
    – Elbit Systems, « Skylark 1 LE »: 40 km, 3 h. d’aut. pour 7,5 kg lancé à la main.
    L’industriel israélien reste en pointe sur le rapport capacités/poids/facilité d’emploi, de ses drones.
    https://www.elbitsystems.com/elbitmain/area-in2.asp?parent=3&num=279&num2=279

  5. Le passage du DRAC au SDMR améliorera de façon notable les capacités ISTAR des brigades interarmes.

Les commentaires sont fermés.