Quand l’aéronavale française bombardait Berlin

farman-20160508

En juin 1940, alors que se dessinait ce que Marc Bloch appellera « l’étrange défaite », l’armée française, qui s’était vaillamment battue jusqu’alors (à Stonne, Ham, Tannay, La Horgne, etc…) grâce à la tenacité de ses hommes mais au prix de trop lourdes pertes, ne s’avouait pas encore vaincue. Que l’on pense, par exemple, au combat livré par les Cadets de Saumur, qui, tinrent tête pendant plusieurs jours à plus de 30.000 soldats allemands pour empêcher ces derniers de progresser vers le sud de la France.

Pour beaucoup, ces faits d’armes sont aujourd’hui ignorés, sinon oubliés. Du moins, est-ce le cas du bombardement de Berlin par l’aéronavale française, le 7 juin 1940.

Quatre jours plus tôt, la Luftwaffe avait mené des raids massifs contre Paris, avec des bombardiers Dornier 17, Heinkel 11 et Junkers 88, protégés par des Messerschmidt 109 et 110. L’objectif de l’opération « Paula » était alors de détruire au sol les unités de l’armée de l’Air française implantés dans la région de la capitale.

Pour le commandement français, il fallait rendre la pareille, c’est à dire bombarder Berlin! Mais avec quels appareils? Pour une telle mission, il est en effet nécessaire de disposer d’avions à long rayon d’action et capables d’emporter une quantité non négligeable de bombes. Qui plus est, les bombardiers français sont déjà à hue et à dia, subissant des pertes terribles (sur les 420 engagés entre le 10 mai et le 25 juin 1940, 370 seront mis hors de combat).

Mais, en 1939, la Marine française avait réquisitionné trois avions Farman F.223.4 destinés à la compagnie Air France, avec l’idée d’en faire des bombardiers, sous les noms de « Flammarion », « Jules Verne » et « Le Verrier ».

Cet appareil était en fait une version civile du bombardier NC-223.3 commandé par l’armée de l’Air. Ce quadrimoteur présente alors des caractéristiques très intéressantes, avec un rayon d’action important et une capacité à voler à plus de 8.000 mètres d’altitude.

Début 1940, les travaux pour transformer le NC-233.4 « Jules Verne » en bombardier commencent. On le dote de quatre moteurs Hispano-Suiza de 880 chevaux chacun, de réservoirs supplémentaires pour accroître son rayon d’action, un nez vitré avec un viseur, 8 lance-bombes et une mitrailleuse « Darne » de 7,5 mm. Puis l’avion prend la direction de Lanvéoc-Poulmic.

Quand tombe l’ordre d’aller bombarder Berlin, le commandant du « Jules Verne », le capitaine de corvette Henri Daillière, fait ajouter des réservoirs supplémentaires d’une capacité totale de 4.000 litres. Le 5 juin, le bombardier est fin prêt. Le lendemain, il s’envole pour la base de Bordeaux-Mérignac, où la longue piste permettra à l’avion de décoller avec ses 18.000 litres d’essence et ses 8 bombes de 250 kg.

La mission assignée à l’équipage du « Jules Verne » s’annonce périlleuse. Ne disposant qu’une mitrailleuse pour assurer sa défense, il ne pourra évidemment pas être escorté par des avions de chasse à cause d’une trop faible autonomie pour voler jusqu’à Berlin et en revenir… Et cela alors que, en raison de son chargement, sa vitesse dépassera péniblement les 200 km/h, ce qui en fait une proie facile pour les Me-109 allemands.

Évidemment, ce raid sur Berlin, avec un seul bombardier et 8 bombes de 250 kg ne changera pas le cours de la guerre. Aussi, la tenter est sans nul doute une question d’honneur et de panache…

Quoi qu’il en soit, le 7 juin, le « Jules Verne » s’arrache péniblement de la piste de Mérignac avec à son bord le capitaine de corvette Daillière, l’enseigne de vaisseau Comet (navigateur), le maître principal Yonnet (pilote), les maîtres Corneillet (mécanicien) et Scour (radio) et le second-maître Deschamps (mitrailleur bombardier). Ultime surprise avant de voler vers Berlin : l’appareil a embarqué 80 bombes incendiaires de 10 kg chacune… Et comme il n’a pas de soute, on imagine bien l’extrême précaution avec laquelle elles ont été placées à son bord.

Il est 15h30 quand le « Jules Verne » prend le cap de Lanvéoc-Poulmic pour ensuite survoler la Manche. L’équipage peut compter sur l’expérience de son navigateur, le LV Paul Comet ayant travaillé, avant guerre, pour Latécoère et, à ce titre, traversé plusieurs fois l’Atlantique.

Le plan de vol prévoit donc de survoler la Manche, puis la Baltique et le Danemark avant d’arriver pile sur Berlin.

Dans son livre « Comme des Lions », Dominique rapporte le témoignagne du LV Comet : « Je naviguais à vue, sans difficulté, le temps étant absolument clair. Je reconnus l’île allemande de Sylt, ce qui nous permit d’éviter la facilement sa très puissance DCA. J’avais un vent très précis, qui me permettait de calculer une vitesse/sol absolument exacte, et nous coupâmes de la Baltique au nord de Berlin, exactement à l’heure prévue. De là, il nous restait à peu près une quarantaine de minutes de vol pour arriver au-dessus de la capitale allemande. »

Et c’est alors que le « Jules Verne » va larguer ses bombes avec autant de précision possible sur des objectifs ayant un intérêt militaire (les ordres étaient formels : hors de question de bombarder des cibles civiles). Détail important : son arrivée par le nord a trompé la DCA allemande, qui l’a pris pour l’un de ses avions de retour de mission.

Le LV Comet raconte encore : « Nous exécutâmes alors les manoeuvres prévues au-dessus de la ville : plusieurs passage en désynchronisant les moteurs pour faire croire que nous étions plusieurs avions… Cela devait permettre au communiqué français du lendemain que Berlin avait été bombardé par une ‘formation de l’aéronautique navale’, de façon à faire croire aux Allemands que nous avions plusieurs appareils capables de missions de ce genre ».

Ses bombes larguées, le « Jules Verne » reprend de l’altitude et met le cap vers la France, non sans avoir échappé à la DCA allemande, alors déchaînée contre l’appareil français, et les chasseurs de nuit de la Luftwaffe, qui, sans radar, ne seront pas en mesure de le retrouver. Le retour sera sans histoire, sauf lors du survol du Rhin, franchi dans les environs de Cologne.

Après 13h40 de vol, le « Jules Verne » se pose à Orly pour refaire le plein – ses réservoirs sont à sec – et repart ensuite vers sa base de Lanvéoc-Poulmic. Les marins viennent de faire mentir les responsables nazis, qui assuraient que jamais Berlin ne serait bombardé…

Trois jours plus tard, le Jules Vernes effectuera un nouveau raid en Allemagne, contre les usines Heinkel, à Rostock. Puis il en mènera d’autres en Italie, notamment contre des raffineries d’essence.

Après l’arrêt des combats, l’escadrille B5 est dissoute et le Jules Verne restera cloué au sol, démilitarisé, à Marignane jusqu’en 1942. Cette année-là, après l’invasion de la zone libre par les troupes allemandes, et pour ne pas qu’il tombe entre de mauvaises mains, il sera incendié, conformément au souhait du capitaine de frégate Daillière, tué en mission quelques semaines plus tôt à bord d’un Glenn-Martin 167A3, en Afrique, alors qu’il faisait partie de l’armée d’armistice.

76 commentaires sur “Quand l’aéronavale française bombardait Berlin”

  1. Survoler l’Allemagne sans escorte avec une machine énorme qui ne dépasse les 200 km/h par unique esprit de panache et de revanche… Vraiment ce n’était pas les hommes qui faisaient défaut en 39-40.
    Merci M. Lagneau pour cet article !

  2. c’est bien , on a laisser trop longtemps ces faits d’arme sous silence, laissant aussi tomber dans l’oubli
    ces Êtres qui ont laissé leur peau en obéissant et rien qu’en obéissant aux ordres; le pire… ils ont disparu ensuite dans l’oubli!!!

    1. Le courage est ridicule ? Comme à Camerone, à Bazeilles, à Dien Bien Phu et, tant qu’à faire, à Verdun ?

    2. Ridicule ? quel ridicule !!
      L’effet psychologique n’est pas ridicule, surtout que Göring avait déclaré qu’aucune force aérienne ennemie ne pourrait survoler Berlin, encore moins la bombarder….

        1. Ces raids aériens sont autant de victoires qui méritent effectivement de ne pas tomber dans l’oubli, sans aller jusqu’à les « célébrer »…

  3. Tout ça pour, comme beaucoup , mourir sous les balles britanniques en servant les intérêts de l’Axe.

  4. Faire plusieurs passages avec des régimes moteurs différents pour faire croire à une escadrille … C’est impressionant de courage et d’ingéniosité ! Sirtout a 200km dans un avion rempli d’essence …

  5. Merci de nous partager ces histoires, pas uniquement pour le cocorico mais également pour se rappeler des noms de ces acteurs d’importance oublié car l’histoire est écrite par les vainqueurs.

    1. De la nuit du 25/26 aout au 1er septembre 1940, les britanniques avaient aussi opéré 3 raids massifs sur Berlin avec des bombardiers bimoteurs A.W. 38 Whitley pour répondre aux premiers raids allemands sur Londres du 24 aout.
      Un total de 70 bombardiers furent engagés sur l’ensemble de ces 3 raids qui connaitront un taux de pertes catastrophique à l’échelle du nombre d’avions engagés, dont peu réussirent à atteindre Berlin et encore moins à en revenir…
      En 1941, les Short Stirling: bombardiers lourds quadrimoteurs plus performants et bien armés connaitront une pire sanction avec l’ensemble des bombardiers abattus et la perte des équipages engagés.
      .
      Il faudra ensuite attendre mars 1944 avant de voir les alliés réussir leurs de raids de bombardement sur Berlin…

      1. Le 24 août 1940 un Heinkel HE 111 s’est trompé de cible, croyant bombarder les docks et une raffinerie, de Thameshaven, il a loupé sa cible et bombardé la ville. Londres ne devait être bombardé que sur l’ordre personnel d’Adolf…
        Le lendemain, Churchill a sauté sur l’occasion et fait bombarder Berlin, encore pour prouver l’effet psychologique. Et cela a marché puisque des terrains d’aviation, des stations radar et autres objectifs militaires, les allemands sont passés aux villes, soulageant ainsi la RAF et précipitant la perte le la Luftwaffe dans le ciel anglais.
        Hitler et Göring étaient tombés dans le panneau.

        1. À voir l’excelentissime « la bataille d’Angleterre » sur le sujet )

  6. Merci pour cet article ! Petite precision, la mitrailleuse est une mitrailleuse « Darne » et non pas « Dame »

  7. Excellent article qui remet à la lumière du jour un des nombreux actes héroïques de la bataille de France de 1940.
    Pour les curieux de ces évènements, je conseille la lecture du livre de Jean-Pierre Richardot paru en 2009 « 100.000 morts oubliés ».

  8. Un seul avion qui bombarde Berlin ressemble à une vilaine farce de l’histoire, et qui nous rappel à quel point on a parfois une énorme couche en France, s’accrochant à une micro-opération de volontaire comme une fierté, alors que juste avant, nous avons déclaré la guerre à l’Allemagne nazi, c’est ridicule… C’est même plus de la connerie là, mais le »mal » théologique où la rancoeur, la jalousie, et tous les sentiments mesquins ont remplacés la force de l’humanité. Pour ensuite bien évidement signer l’armistice comme si de rien n’était, la dignité aux chiottes! Et pour la résistance à Saumur, suffit de constater la ligne de défense française, pour comprendre que c’est plutôt les allemands qui ont fais une pose logistique, après la blitzkrieg facile qu’ils venaient d’effectuer contre l’alliance franco-britannique. Et qu’ils ont tout simplement, après avoir traversé la Loire, honoré les vaincus en gentlemen; issue d’une grande et respectable école militaire bien connu surement par les officier allemands, le Cadre Noir faisant foi. C’est pas les petits canons que l’on compte sur le doigt d’une main, et les quelques dizaines de mitrailleuses qui ont arrêtés ces 30000 soldats allemands au Nord de la Loire (contourné tranquille par l’ouest bien-sûr), qui étaient en faite un plutôt au repos. Pourquoi sacrifier des soldats allemands, alors que ce n’était qu’une question de temps avant que le fragile bastion saumurois ne tombe. Faut arrêter de se caresser en publique, et de prendre toujours le chemin de l’occultation, parce qu’il est si facile de sauter comme un chien de cabri en criant: Vive la France! Vive la France! Si le peuple est une fois de plus trompé sur la réel efficacité, et la réel pertinence des actions des dirigeants de notre pays. Aujourd’hui en France, on fait beaucoup de mal à la France d’en bas, et ça c’est beaucoup + important pour moi, que des considérations sur ce que nous aurions dû faire ou pas en 40. Les affameurs (Dassault, Sarko, Hollande, la clique sournoise) nous friment la bite à la main, trahison politique de la gauche, tandis que certain au LR veulent même fermer les caisses d’allocation familiale, alors il m’en faut pas plus pour vouloir en faire des putshing-ball, et de les mettre au pilori défroqués, car quand on voit leur privilège et leur impunité, leur suffisance, je me dis largement que l’ennemi ne porte pas forcément des armes mécanique, ou des barbes, mais des armes constitutionnel, des lois de la discorde, de l’égoïsme bête et méchant, ce qui n’a rien à voir avec l’altruisme des vrais héros porteur d’avenir.
    Bon 8 Mai à tous, et que la force du bien soit avec vous, et que l’espoir guide vos pas. Et pour finir par une célèbre phrase d’un nouveau académicien si chère à Hollande, Finkelcroute à Nuit Debout: Gnagnagna! (PS: Ce post s’adresse seulement à tous ceux qui ont lu + de 20livres dans leur vie. Sinon, vous pouvez pas comprendre…)

    1. C’est un communiqué officiel de la CGT ou version communiste de l’histoire?

    2. @Eliot Mess:
      Au regard d’une syntaxe et d’une orthographe plus que douteuses, votre commentaire semble plutôt s’adresser à ceux qui n’ont jamais rien lu d’autre que des SMS basés sur les raccourcis de l’expression et du verbe.
      .
      Un sens du raccourcis bien aiguisé chez vous, quand vous passez de la « Bataille de France » de 1940 (qui ici le sujet), à « la France d’en bas », ici affichée comme prétexte moraliste à la publication de vos épanchements dont tout le monde se fout.
      .
      Alors s’il vous plait,
      arrêtez de vous « caresser en public » la « bite à la main » (pour vous paraphraser « en publique » selon votre orthographe), tel un narcisse face à son pathétique reflet, qui drapé dans son outrecuidance et couronné de son autosatisfecit se croit plus intelligent et cultivé que tout le monde en nous promulguant les leçons de sa morale de pisse-vinaigre.
      Vos interventions hors-sujet et méprisantes ne sont en rien constructives et n’ont donc aucune utilité sur ce site.
      .
      Allez décompenser ailleurs avec vos pulsions masochistes et vos visions autodestructrices.
      Merci.

      1. Souhaitez à tous que la force du bien guide vos pas, du masochiste?! Non, c’est être en phase avec son corps et son esprit, son état et son peuple, le reste n’est que discorde. Sont marrant les mecs qui flippent dès qu’on dit les choses tel qu’elles sont, comme si ils avaient perdu depuis belle lurette, ou peut-être depuis leur naissance, le désir de réfléchir à ce qu’ils ne comprenaient pas encore, attendant seulement des ordres de leurs gourous pour penser.
        Si vous voulez vous battre contre l’EI, c’est pas en criant victoire dans les défaites du passé, que vous trouverez la cohésion patriotique pour combattre le terrorisme aujourd’hui, mais plutôt en mettant le doigt sur les pourquoi et les comment de ces défaites antérieur. Et maintenant, profiter de l’état d’urgence pour faire passer une loi travail, cela nous ramène à la Commune, où les auto-congratulations en chaines de l’aristocratie politique française, avaient une fois de plus, eux raison de notre stabilité institutionnel en méprisant la réalité, et ainsi notre capacité à repousser les allemands en 1870; la réaction des communards en 1971 fût tristement plus destructrice pour notre patrimoine, que l’on été les allemands de Bismarck et leurs grosses artilleries optimisés.
        Après l’année 2015 où la critique a été assassiné, c’est donc juste une grosse défaite de plus pour le peuple français, que de tomber dans la radicalisation autoritaire de cette soit-disant gauche; c’est étrange cette superposition entre l’état-d’urgence et les droits des salariés supprimer, je dirais même que ça pue le pleutre avide et fade. Car à pars les militaires les fonctionnaires et les politiciens, les travailleurs c’est tout le monde, cela concerne donc notre dignité à tous, et c’est pas juste pour faire jolie ou pour emmerder les retords, c’est juste pour la citoyenneté, et pas pour l’individualisme exacerbé.
        Seul la torpeur est organisé, et cela empêche le peuple de faire valoir ses droits légitimes, ils devient fataliste, voir résigner, c’est d’ailleurs les sondages qui le disent, les politiciens n’ont mathématiquement pas le soutient des français; donc ça c’est à méditer seulement si on comprend l’intérêt de ce consensus élémentaire, qui se joue entre le peuple et les responsables politiques, pour avancer vers une nation équilibré et apaisé (Par le peuple et pour le peuple comme dirais l’autre.). Je pourrais rajouter d’autres couleurs à ce tableau, mais tous le monde n’est pas sensible à l’art, qu’il soit abstrait, impressionniste, ou surréaliste, cela concerne le ressentir unique à chaque individu bien-sûr, donc respect, mais faut pas en dégouter les autres…

        1. Au moins, vous arrivez à vous exprimer sans user d’une sémantique onaniste… Mais pour ce qui est de l’orthographe et de la syntaxe bouillie-SMS, il y a encore du chemin!
          .
          Alors, constatez simplement que l’évocation et la reconnaissance à sa juste valeur du fait d’arme qui fait l’objet de cet article, n’a pas à être mis en rapport avec une défaite: celle de la « Bataille de France » qui serait ainsi transformée en victoire.
          .
          Ça c’est votre appréciation à vous seul, sur laquelle vous développez ensuite un postulat inutile pour ceux qui ne font pas le raccourci dont vous les accusez.
          .
          Votre postulat est d’autant plus inutile qu’il ne vous sert encore que de prétexte pour glisser jusqu’aux sujets sociétaux qui vous tiennent à coeur, mais qui à l’instar des « droits du salarié » ou de la « loi du travail » que vous citez, ne sont pas ici le sujet.
          .
          Sur le plan logique on peut construire des liens avec tout et n’importe quoi, surtout en utilisant des thèmes qui prennent une dimension plus ou moins universelle tels que « la cohésion patriotique » ou « l’individualisme exacerbé »…
          .
          Vous qui aimez vous auto-congratuler du niveau de votre réflexion constatez qu’elle ne dépasse pas les raccourcis étriqués qui conduisent des raids sur Berlin à loi du travail…
          .
          « …mais tous le monde n’est pas sensible à l’art, qu’il soit abstrait, impressionniste, ou surréaliste, cela concerne le ressentir unique à chaque individu bien-sûr, donc respect, mais faut pas en dégouter les autres… »
          .
          Constatez simplement que vous n’êtes pas ici dans la bonne galerie pour nous exposer votre art qui n’est qu’un douloureux épanchement de vos introspections et dont tout le monde se fout.
          .
          Il y a d’autres site pour ça mon cher Éliot Mess.
          Allez bon courage.

        2. Ce n’est pas le sujet ici , pas du tout… On ne serait pas moins hors sujet SI on donnait la recette du marbre au chocolat dans les commentaires qui sont, rappelons le, des contributions pour étendre le debat, et non se rependre ..

    3. Texte plein de rancœur, de haine, et bien entendu une bien faible connaissance des réalités historiques (cf. votre chapitre sur Saumur).
      Quand au fait d’avoir lu plus de 20 livres, c’est un excellent conseil, auquel vous pourriez vous conformer ; cela vous éviterait peut être les fautes d’orthographe !

    4. @Eliot Mess
      Visiblement ni le Bled ni le Bescherelle ne faisaient partie des 20 livres que vous avez lus…

    5. Irrespectueux et condescendant … bravo !
      NB: j’ai bien peur d’avoir lu largement plus de vingt livres dans ma vie, mais désolé … je n’ai vraiment pas envie de vous comprendre.

    6. en 40 mon cher ,il y a deux France qui s’affronte au sommet de l’Etat…..celles de Gaule un général bien seul que beaucoup vois comme un intrus dans un monde politique établis …et de l’autre la France des conservateurs qui vont suivrent les idées défaitistes des militaires comme Pétain et Weygand ,pourquoi …la question est d’importance …la seule inquiétude de L’armée est de tomber dans l’honneur pour faire retomber la responsabilité de la défaite sur les politiciens et non pas cette collection de généraux et maréchaux complètement dépassés par les événements ………bien entendu le Front populaire de Léon Blum n’est pas exempt de reproche pour avoir retardé le réarmement préventif de nos armées en 1938 il est déjà trop tard et la collection de frein au niveau des hautes sphères militaire agît au maximum pour nous conforter dans une doctrine qui ménera l’armée à sa perte (la stratégie de monter nos meilleures troupes en Hollande notamment ).l’armistice n’est pas signé par pétain directement ni Weygand ,mais des plénipotentiaires désignés ….la responsabilité de la défaite revient à Reynaud qui est poussé à donner son aval en l’absence de De gaule …preuve aussi que cet homme politique est un faible ,sa femme influence beaucoup ses décisions ….la belle n’est pas disposer à se battre et le fait savoir …..hors les incompétents stratégique c’est Gamelin et Weygand et Pétain aussi ….depuis 1934 il n’ont pas écouté DE GAULE en préférant le snober ..lui qui avait déjà écris un livre et prédit la défaite à venir si la stratégie d’utilisation des Chars et de l’armée de l’Air ne changeait pas ….et surtout il avait prévenu de ne pas compter sur la belgique et le luxembourg pour défendre le pays à notre place …hors c’est ce qui s’est passer
      entre 1939 et 1940 on avait les moyens d’arrêter hitler …c’est une vision d’ensemble qu’un général seul ne peut pas assumer …il faut des relais politique et surtout des chefs Militaires aussi
      on pourrait appliquer ce PB d’incompétence décisionnaire aujourd’hui à la ligne maginot des sous marin nucléaires …4 sous marins c’est bien peu de choses quand on sait la vulnérabilité du Goulet de Brest et qu’on ne peut pas avoir 4 sous marins opérationnels en même temps …déjà avec 6 c’est peu pour dissuader ,alors 4 c’est dérisoire …mais c’est encore plus vrai dans nos moyens diplomatiques sous la forme militaire ….. pour le second Porte avions qui n’aurait coûter que 3 milliards au bas mot on choisit de pas le construire ……on sait combien le Porte avion fait pour la diplomatie américaine de par le monde …………par contre sarkosy lui décide de donner 40 milliards aux banquiers ,aux assurances en 2009 pour contrer la crise ….là on ne lésine pas sur les milliards donner à des banquiers privés Banksters qui ont jouer au casino et perdus mais à qui on donne des milliards publics qui appartiennent à tous les Français et Françaises et on vient nous raconter que y’a pas d’argent pour construire un second Porte avions en 2011 ,on a pas d’argent surtout et là c’est plus grave que le second porte avion pour augmenter les salaires des fonctionnaires et surtout pas embaucher alors que les effectifs de police ,d’infirmières et autres sujet régalien de l’Etat sont à l’agonie …

      des incapables

      1. Énième mise au point sur les fameux « milliards données aux banquiers ». Il y a matière à critiquer le bilan de Sarko, mais sur ce point c’est un gros mensonge (un de plus mais on commence à être habitués).
        Il s’est agit d’un PRET à un taux élevé, qui a été remboursé assez rapidement et QUI A RAPPORTE PLUS D’UN MILLIARD à l’état. Il n’y a que le cas spécifique de Dexia qui coute de l’argent mais ce n’est pas une banque privée !
        Je suis autant fatigué des politiciens que de ceux qui les critiquent avec une argumentation débile…
        http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20110226trib000604372/les-banques-francaises-s-acquittent-de-leur-dette-envers-l-etat.html

      2. Et 3 milliards € c’est aussi ce qu’a donné l’excellent Jean-Marc AYRAULT à Marseille en 2013 … Bien sûr il a été fait bon usage de NOS 3 milliards …
        L’argent est toujours facile quand c’est pas le sien qu’on dépense …

      3. Guderian avait lu les écrits de de Gaulle prônant la constitution de groupements blindés au sein de divisions , ainsi il a incité Hitler et le haut commandement allemand à le faire. Nous, nous les dispersions dans toutes les divisions d’infanterie, en appui.

        Pour le reste, nous ne méritons que ceux que nous élisons, càd pas grand chose.
        Les plus compétents, les vrais, ne veulent toujours pas mouiller le maillot, car ils savent que quoi qu’ils feront , les mécontents descendront toujours dans les rues pour casser, blesser, voire tuer.
        Les bonnes volontés ne pourront pas gouverner un pays devenu ingouvernable, où la diatribe est plus forte que le verbe.

        1. Bonsoir,
          Oui, Guderian avait lu, Gamelin aussi savait, et même des officiers en poste sur la ligne Maginot lui avait indiqué à Gamelin diverses incohérences tactiques, et stratégiques devant De Gaulle qui se taisait (il y a des moments entre le marteau et l’enclume) (et que dire des casemates dont toutes l’électricité avait été confié à Siemens). Et Gamelin ne supportait pas « la bétise » de ces officiers qui se sont fait tués ou prisonniers peu après.
          La vie est une continuité, résultante de forces diverses. Généralement nous sommes plutôt doués pour elire ceux qui ont l’air, que ceux qui en ont..
          Devant nous il y a une situation qui comporte des points de corrélation.
          M’est avis est que nous avons tous mieux à mettre notre energie à bien penser, parce que personne ne le fera à notre place.
          Cdt.

      4. vous aussi vous tombez dans la caricature, pour la défense de Weygand , il me semble que des années auparavant il avait dans une réunion de haut niveau planté un poignard de SA dans la table en insistant sur le danger allemand mais naturellement personne ne l’a écouté et on lui a donné le manche quand la partie était perdue mais c’est vrai il y avait l’option de rester dans la guerre mais Paul Reynaud n’avait pas la trempe nécessaire

        1. en fait c’est Hélène de Portes qui n’avait pas les c… manquant à Reynaud ! 🙂

    7. Faut pas mélanger les herbes de provence avec l’alcool rouge naturellement !

    8. Après « on refait le match! », « on refait l’histoire! ».
      Triste.

    9. Je vous conseille de revoir vos mémos, car à Gênes, entre Angers et Saumur, les cadets de Saumur ont donné bien du fil à retordre aux Allemands, qui ont une fois les combats terminés salués leurs ennemis à la hauteurs de leurs exploits….
      Pour le reste, vous feriez bien de vous taire, un tel ridicule, à ce stade du commentaire, ne peut que vous nuire.

    10. « PS: Ce post s’adresse seulement à tous ceux qui ont lu + de 20livres dans leur vie. Sinon, vous pouvez pas comprendre…) »
      On reconnait bien la le reliquat post soixantehuitards qui accorde à la gauche ( extrême me semble t’il) la main mise sur la culture!
      Le terrorisme culturel, incarné par Bidenchon, les besancenot et consort, ça me fait bien marrer, et pour les livres, si tu es prêt à me donner( par esprit de camaraderie) 10 euros par bouquin lu, continue à bosser pour blinder ta retraite….

  9. Le raid du Jules Verne c’est un grand classique de la campagne de mai-juin 40, c’est bien de le faire découvrir à ceux qui l’ignoraient. Mais les marins se sont illustrés à bien d’autres occasions pendant ces deux mois, à Berlaimont, Calais, Dunkerque et Boulogne, dans la défense de Cherbourg contre les panzers de Rommel, aux 5 chemins de Guidel près de Lorient ou encore en tirant les derniers coups de canons de la campagne à Voreppe et sur la basse Isère. Il ne faut pas l’oublier…

  10. Quel bravoure…. J’en frissonne…l’ambiance à bord devait être tendu.

  11. Des sacrés gaillards chapeaux.
    Çela me fait penser à nos actuels Airbus qu on pourrait transformer en bombardiers lourds très utiles au Levant contre Daesh.
    Un seul de ces Airbus pourrait remplasser une dizaine de Rafale.
    Donc un bombardement à un coût plus faible.

  12. Quelques représentations pour une idée plus précise de la version militaire NC.223-4, utilisée pour ces raids:
    http://www.wardrawings.be/WW2/Files/2-Airplanes/Allies/4-France/04-Bombers/F-220/NC.223.4.htm
    .
    Ce qui reste également impressionnant dans cette série des Farman 220, c’est la configuration exceptionnelle des 4 moteurs; à raison de 2 sous chaque aile installés en sens opposés l’un derrière l’autre.
    http://www.dieselpunks.org/profiles/blogs/s-a-m-21-bomber-liner-mailplane
    Difficile de dire s’ils étaient contrarotatifs mais cette série d’avions avait une autonomie assez exceptionnelle pour la fin des années 30.
    .
    Une petite vidéo-documentaire (sous forme de diaporama), qui apporte des précisions sur l’histoire plutôt méconnue de ces bombardiers et de leurs 17 missions, soit presque autant de raids lointains.
    https://www.youtube.com/watch?v=e9lkGS76z-s

    1. @ Zayus,
      .
      A mon avis, les moteurs étant installés l’un derrière l’autre en sens opposé, ils sont « naturellement » contrarotatifs, ce qui annule le couple. On peut remarquer que la nacelle qui les contient n’est pas suspendue sous pylône, mais rattachée à l’avion par des haubans formant un porte-à-faux , montage qui permet de supporter un effort de traction, mais pas de rotation dû au couple.
      .
      Mais, l’hélice arrière est dans cette hypothèse montée à l’envers (sinon elle propulserait l’air vers l’avant, ce qui annulerait la poussée de l’hélice avant).
      .
      Ce que je trouve réellement impressionnant dans ce raid, c’est l’aspect navigation. Le plan de vol était finalement assez compliqué. Le type qui a fait la navigation (le LV Comet) était vraiment calé.

      1. @tschok:
        .
        Merci pour vos précisions.
        L’itinéraire emprunté par leur plan de vol, la façon d’opérer pour laisser croire à de nombreux appareils et l’optimisation du potentiel de leur bombardier, laissent entrevoir des tacticiens hors pair au sein de l’Aéronavale.

  13. Ils bombardent Berlin, toutes les bombes y passent et lorsqu’il n’y en a plus, on passe aux incendiaires et lorsqu’il n’y en a plus… il n’y en a plus !
    Alors Corneillet (mécano) enlève ses souliers et les balance par la porte ; au retour il dira : « Ils n’ont rien gagné, ils étaient foutus ».
    Ils ont droit à Radio Stuttgart où le traître Ferdonnet leur promet le pire !

  14. Je suis partagé entre le ridicule de l’opération et le courage de ces hommes. Je ne comprendrai jamais comment nous avons pu nous faire battre lamentablement en 2 semaines. (par pitié de comptabilisez pas la drôle de guerre). On peut dire merci aux zouaves pacifistes qui y ont été pour beaucoup.

    1. Il y aura toujours de cette chienlit.
      En lisant çà, la haine m’a pris
      « 8 mai 1945 : ces municipalités communistes qui choisissent de célébrer les morts algériens de Sétif en oubliant la victoire alliée »

      Avec accord préfectoral, s’il vous plaît
      Je vous laisse imaginer le partie de porteurs de valise au pouvoir dans ces municipalités
      Et surtout motus à la télé et dans les journaux

      http://www.atlantico.fr/decryptage/8-mai-1945-ces-municipalites-communistes-qui-choisissent-celebrer-morts-algeriens-setif-en-oubliant-victoire-alliee-dimitri-2691171.html

    2. Essayez de savoir pourquoi les pacifistes ont retardé le réarmement de la France devant la monté du nazisme. Une raison majeure, une saignée à blanc de notre armée entre 14 et 18 pour un pays qui ne comptait que 41 millions d’habitants en 1914 (avec le plus faible taux de natalité d’Europe) , 40 millions en 1915, alors que l’Allemagne en comptait 70 millions, dont presque 10 millions d’hommes sous les drapeaux….pour à peine 4 millions en France
      Sous l’égide du Kaiser et des prussiens l’Allemagne était devenu un pays belliqueux et belliciste.
      On n’a peut être pas eu l’envie de remettre ça en 39 voire avant ….., bien protégés derrière la ligne Maginot ( non terminée) et par une armée nombreuse mais vieillissante, hommes et matériels. On a donc laissé l’Europe de l’Est à son funeste sort dès 1938, devant un Hitler qui voulait prendre sa revanche sur la capitulation allemande de 1918.
      Pourtant , les français se sont bien battus, malgré des chefs militaires les plus hauts gradés incompétents et médusés, le plus souvent en fuite devant leur peur pour ensuite capituler. Ces « chefs », hauts gradés du commandement général, n’avaient pas pris la mesure de la capacité et de la motivation de la Wehrmacht à combattre, malgré bons nombres d’avertissements.
      L’armée a été vaincue en 5 semaines, non deux, l’effondrement est survenu en juin, le 7 sur la Somme et le 10 sur l’Aisne avec la percée vers Paris, la Seine et l’Est pour prendre la ligne Maginot à revers. (un mois après l’offensive allemande, le 10 mai 1940).

      1. Vous faites erreur. Weygand justement a refuser la capitulation (déposer les armes alors qu’on peut se battre) qu’on cherchait à lui imposer.
        Les politiciens ont donc du demander la suspension des hostilités : l’armistice.
        .
        Le sujet est intéressant et d’actualité.
        Le « crime » de Weygand fût de n’avoir pas dénoncé l’insuffisance de nos moyens militaires: il croyait n’avoir pas le droit de démentir le pouvoir politique. Desportes congédié, Soubelet aux pelotes… aussi timorés qu’ils soient ils auront eu le mérite de ne pas endosser les traites en bois de yoyo du japon qu’on tire sur « la défense ».
        Que des chefs militaires refusent de capituler en temps de paix est peut être le meilleur moyen d’éviter non seulement la défaite mais aussi la guerre.

        1. Erreur de quoi ?
          j’ai beau me relire, je ne parle ni de Weygand ni des autres en particulier…
          ?????
          les pacifistes dont je parlais se trouvaient être des civils, ceux qui tiennent le cordon de la bourse, ministres, députés, présidents du conseil. Ensuite viennent les généraux en retard d’une guerre, restés coincés en 1919, et plus occupés à squatter les salons mondains que les terrains de manoeuvres militaires.

          1. Pardon, j’aurai du citer votre passage : « des chefs militaires les plus ,…, pour ensuite capituler.  »
            Mais justement: l’armistice n’est pas une capitulation.
            J’essayai de l’expliquer plus haut.
            La capitulation en rase campagne est un crime.
            Bien des politiciens auraient aimé être ainsi dédouanés de leurs fautes.
            .
            Le Weygand de Bernard Destrémau devrait vous intéresser. Comme aussi Idéal vécu… etc.
            Ne voyez ni dédain ni condescendance dans ces amicales suggestions de lecture.
            Je n’ai pas l’ensemble assez présent à l’esprit pour contribuer avec une concision suffisante.
            Mais certains mots font réagir. « Capituler » notamment.

    3. Mêmes sentiments que les vôtres.
      Et la France ne s’en est jamais remise et souffre toujours du complexe d’infériorité par rapport à l’Allemagne.

      1. Les allemands ont toujours su obéir, ont appris à marcher au pas, et ne pas se plaindre quand ce n’est pas nécessaire. Mentalité assez martiale qui leur a permis de dépasser tous leurs concurrents européens, avec des destructions immenses. les européens de l’ouest on eu la même aide du plan Marshall, les allemands ont bossé plus dur que nous pour remonter la pente. Et, quand le climat social se détériore, ils se parlent, négocient, avant de se taper dessus ce qui est extrêmement rare comparé aux français….surtout eux…..
        Les allemands ont confiance en eux, si c’était le cas des français, cela se saurait.
        La France pourrait être l’égale de l’Allemagne, mais en fait, nous ne le voulons pas, trop difficile… cela demande trop d’efforts aux français, pourtant nous avons des atouts énormes, nous aussi, si nous cessions de brailler pour tout et rien.

      2. non merci, moi ça va, car des pâtés aux prussiens et autrichiens, napoléon leur en a mit pas mal 😉

  15. Merci pour cet article sur ces sacrés gaillards dotés d’une sacrée paire…
    Respect éternel pour cette action méconnue de façon injuste… La faire connaître, pourrait permettre un autre regard sur cette période de début de conflit.

  16. Trouver un livre avec des cartes qui montrent l’évolution de la bataille au jour le jour et l’on voit le piège se refermer progressivement sur l’armée banco-britannique aventurée en Belgique dans le cadre de la manoeuvre Dyle en application de plans devenus obsolètes dans l’ignorance de l’axe d’effort des Allemands.

  17. Les américains feront à peu près exactement la même chose, après le désastre de Pearl Harbor : ils enverront un très petit groupe de bombardiers de l’aéronavale lâcher symboliquement des bombes sur Tokyo, sous les ordres du colonel Doolittle. La seule différence, peut-être, est que Doolittle est célébré en héros par toute l’Amérique, alors que Henri Daillère, en France, n’est connu aujourd’hui que des spécialistes et des historiens. Espérons que ce soit un peu plus maintenant, après ce post bienvenu de M. Lagneau.

    1. C’est une remarque très juste.
      .
      Après une attaque, trois démocraties ont tenté de porter le fer au cœur de l’ennemi, en visant des objectifs symboliques:
      .
      – Le bombardement Doolittle (qui veut dire « fait peu »): Etats-Unis
      – Le bombardement britannique contre Berlin, rappelé dans un com plus haut.
      – Le bombardement dont il est question dans ce post: France
      .
      L’historiographie officielle de ces trois démocraties tentent de dire que ces bombardement ont produit un effet. Lequel? That is the question.
      .
      Cette question est une question d’historiens.
      .
      Ce que je trouve intéressant c’est le moyen employé: l’avion. Et comment il a été employé: rechercher le symbole. Dans le cas français, désynchroniser les moteurs pour faire croire qu’on est plus nombreux. Touchant, je trouve.
      .
      D’autant plus touchant que ce n’était pas une question de nombre: les forces allemandes n’étaient pas plus nombreuses, mais « seulement » bien mieux employées et d’une qualité technique supérieure.
      .
      On voit la résurgence d’un réflexe français: faire croire à l’ennemi qu’on est nombreux, alors qu’en fait ce n’est pas vraiment le problème. Ce d’autant que la France est un pays peuplé: on disait de la France que c’était la Chine de l’Europe. Du coup on comprend mieux les massacres de la Grande Guerre: dans l’esprit de l’état-major, la ressource était disponible.
      .
      Mais on comprend mieux l’effroi des Français de la Seconde Guerre Mondiale: la ressource a été consommée. Il faut faire croire à l’ennemi qu’on est plus nombreux. Il faut se protéger par des murailles (ligne Maginot), ou s’appuyer sur l’Empire (épargner le Sang Français). Ou acheter la paix, coûte que coûte (Munich).
      .
      C’est touchant, mais cela n’a pas empêché l’armée française de se faire laminer en à peu près autant de temps qu’il en a fallu aux Américains pour rayer de la carte l’armée irakienne en 1991:une centaine d’heures de combat, le reste étant une courte agonie, ponctuée de quelques moments de gloire (Montcornet) ou de sacrifice (Cadets de Saumure) ou de système D (trou d’homme de la ligne Weygand).
      .
      C’est allé très vite, comme un plan incliné. Comme un cancer en phase terminale: il y a un moment, ça va vite, en fait.

    2. Le Héros fait partie de la culture américaine qui est célébré partout, dès l’école maternelle. En France on est très loin de cela, à des « décennies lumière », pourtant connaitre notre Histoire n’est pas et ne doit pas être du domaine de l’optionnel, mais c’est ce que l’éducation nationale a tendance à développer, le nihilisme historique. Un peuple se retrouve parfois autour de ses héros, pour se faire du bien et commémorer le passé, se souvenir, c’est nécessaire, sans non plus en faire un trop plein.
      La TV sur des chaines payantes parlent de ces faits, comme le bombardement de Berlin par un avion français en 1940, libre aux gens de les regarder, s’y abonner, au lieu des conneries qu’on nous inculque de force sur TF1 ou France 2 en prime time. C’est un choix, la bêtise ou la culture.

    3. Idem les anglais après le premier bombardement de londres je crois..

  18. à Eliot Mess
    Bravo Eliot Mess, votre commentaire est plein de bon sens et tout à fait approprié, en réaction directe à l’article affiché..
    Ne tenez pas compte des critiques que vous ont adressé les nouilles à l’eau, astiqueurs de manches professionnels qui semblent encore sévir sur ce blog..

    1. Et vous ? qui êtes vous ? un « en*leur de mouches à me*de ? »
      cessez donc les insultes, vous vous porterez mieux…
      la France aussi

  19. Wellington qui s’astique le poireau….
    C’est un fin gourmet ce Wellesley!
    .
    Heureusement Wellington avait de la suite dans les idées et pas uniquement à l’arrière train.
    .
    @+

  20. Dans un contexte où l’essentiel des forces armées françaises est déjà en pleine débâcle, ces raids du 7 au 11 juin 1940 sur Berlin, témoignent d’une France qui, à la veille de l’arrivée des allemands à Paris le 14 juin, se bat toujours essayant encore de rendre coup pour coup à la hauteur de ses faibles moyens restants.
    .
    Et c’est précisément cette volonté affichée de continuer la lutte que nous devons retenir, car en juin 1940 même si la débâcle de l’armée française était confirmée, la France pouvait compter sur la profondeur stratégique que lui offraient ses colonies face une bataille pratiquement (1) perdue en métropole…
    .
    C’est donc en rapport avec cette possibilité que Reynaud (2) commençait à entendre la proposition d’ « Union Sacrée franco-britannique », faite par Churchill le 16 juin 1940 (à la suite d’une initiative de Jean Monnet).
    N’oublions pas qu’après de nombreuses supplications de Reynaud, la France (comme le RU) ne pouvait pas compter sur l’aide des USA avec un Roosevelt résolument frileux et même lâche au nom de sa soit-disant politique isolationniste et non-interventionniste.
    .
    Mais l’épisode de Dunkerque, vu comme « l’abandon des anglais quittant le navire France en perdition », avait déjà marqué négativement les esprits du côté français pour une Union franco-britannique » à laquelle Weygand, Pétain, Darlan et Laval seront d’emblée hostiles.
    Ce projet d’union, synonyme de fusion d’un gouvernement franco-britannique était carrément impensable pour des acteurs du pouvoir tels que Weygand, Pétain, Laval et Darlan, qui projetant l’armistice échafaudaient d’autres projets (de »fusions ») politiques, et refusèrent donc cette option.
    .
    Ce refus provoqua également le jour-même, la démission en ce 16 juin 1940, de Reynaud qui ne voulait pas d’armistice avec l’Allemagne nazie.
    .
    Il fut au pied levé, remplacé dans ses fonctions par Pétain (3) qui constitua son gouvernement à Bordeaux le 17 juin 1940 entamant les « négociations » d’armistice et appelant immédiatement les troupes françaises à la cessation des combats…
    Toujours le 17 juin 1940, Weygand succédait à Gamelin en tant que « Généralissime »…
    .
    En réaction à ces événements qui voyaient la fin du projet d’union franco-britannique, De Gaulle lançait dès le lendemain son appel depuis Londres le 18 juin 1940.
    .
    Le gouvernement de Pétain constitué suite à la démission de Reynaud, n’était que provisoire en attente d’être confirmé par une voie parlementaire.
    Ainsi, Darlan avait le champ libre, pour inciter une partie du gouvernement et de la majorité parlementaire de Reynaud, (dont Mendes France, Daladier et Mendel) à partir en Afrique du Nord, leur laissant croire d’y préparer l’exile nécessaire de l’ensemble du gouvernement français pour continuer la lutte…
    Tous partent le 21 juin 1940 à bord du Massilia qui arrivera à Casablanca le 24 juin, dont certains seront arrêtés et transférés à Alger étant accusés du crime de désertion et de fuite devant l’ennemi ayant rompu leurs obligations militaires… Ils n’avaient que suivre les recommandations de Darlan…
    .
    L’armistice fut signé à Rethondes dès le 22 juin 1940.
    Les dernières forces françaises à combattre après le 22 juin 1940 seront l’Armée des Alpes jusqu’à l’armistice franco-italien du 25 juin 1940 et jusqu’au 5 juillet pour les parties alpines la Ligne Maginot…
    .
    Ayant installé son gouvernement et l’Assemblée Nationale à Vichy, étant aussi débarrassé des derniers gêneurs, Pétain se voit « investi des pleins pouvoirs » qui lui sont votés par l’Assemblée Nationale le 10 juillet 1940 en l’absence de nombreux parlementaires (649/907…) en fuite depuis ou emprisonnés depuis l’affaire du Massilia, bouclant ainsi son coup d’état constitutionnel…
    .
    .
    Le 22 juin 1940, les forces françaises enregistraient plus de 58 000 morts, et avec les britanniques (qui ont en comptait plus de 3000) en aura occasionné plus de 63 000 du côté allemand.
    Ceci dit, avec plus de 1 800 000 (4) prisonniers (+ 48 000 britanniques), la Bataille de France était certes perdue, mais n’était pas pour autant synonyme de défaite totale contre l’Allemagne, notamment au regard des ressources et du potentiel qu’avaient l’Empire Français et l’empire britannique.
    .
    Au delà de l’issue de la Bataille de France, retenons que c’est l’initiative isolée d’une poignée de responsables détenteurs de postes clés dans les rouages d’un état en faillite qui aura décidé du sort et de la défaite d’une France qu’ils ne voulaient par voir combattre l’Allemagne, préférant la faire glisser dans le fascisme…
    .
    On ne saurait faire partager à l’ensemble de la population française de 1940, la responsabilité des décisions, le désire de collaborer et valeurs fascistes d’une minorité d’individus alors aux commandes du pouvoir sans la légitimité du peuple français.
    .
    Certes, on ne saurait occulter ceux qui préféraient voir la France soumise au nazisme plutôt qu’aux « juifs, communistes, socialistes et franc-maçons » et une partie de la population française réellement fasciste constituant les rangs de la « Milice » ou de la LVF…
    .
    Néanmoins, ces phénomènes restaient minoritaires et dès lors, il est de nos jours stupide (comme certains intervenants sur ce site…) de céder à la logique réductrice d’une équation qui voudrait que tous les français qui ne résistaient pas à l’occupation allemande étaient de facto des collaborateurs aux nazis.
    .
    Et toute opinion relatant un événement qui va à l’encontre du dogme l’auto-flagellation officielle , peut susciter une réelle colère chez ses adeptes.
    Une auto-flagellation officielle aussi colportée par l’Éducation Nationale dans les termes suivant:
    Les militaires préférant se rendre en masse plutôt que se battre et les civils préférant collaborer plutôt que résister, les français auront vraiment été des couards.
    Une doxa agrémentée depuis quelques années par un autre mythe: celui des français sauvés du nazisme par l’Armée d’Afrique et les RTS libérateurs de la France et auxquels nous devrions être éternellement reconnaissants…
    .
    Le rappel de tout événement ou fait d’arme, allant à l’encontre cette auto-flagellation franco-française peut provoquer chez certains une crise de nerfs, comme peuvent en témoigner quelques réactions et rappels pisse-vinaigre à cet article.
    .
    .
    -(1) Les choix tactiques allemands auraient été difficiles à appliquer en zones accidentées et montagneuses.
    -(2) Reynaud aura succédé à Daladier du 20 mars au 16 juin 1940 (ayant démissionné le 17 juin 1940).
    -(3) Pétain fut de fait nommé Président du Conseil par le Lebrun qui était Président de la République.
    -(4) Environ 70 000 soldats français réussirent à s’évader, dont une bonne partie avant leur transfert en Allemagne (comme j’en ai personnellement connu…).

  21. J’ai beau lire ces coms en long en large et en travers, et pas mal de littérature sur le sujet, je n’arrive pas à comprendre comment la France déclare la guerre, et ne fait rien alors que les armées allemandes sont en Pologne. J’en encore plus de mal à comprendre comment Hitler a dégarni son front ouest, alors même que son ennemi le plus puissant lui avait déclaré la guerre… Et par une affreuse coïncidence, ce sont des militaires, aux idées proches de Hitler, de Mussolini et de Franco qui prennent le pouvoir, alors qu’ils étaient en désaccord avec un gouvernement socialiste en place et avaient une peur bleue de l’URSS… La vague impression que Hitler ne comptait pas que des ennemis à l’ouest du Rhin.

    1. Disons que l’expérience de 14/18 à été comprise de deux manières différentes de part et d’autre du Rhin, et alors que les Nazis réalisent coup de bluff sur coup de poker, les français s’enterrent. La ligne Maginot est en effet présentée comme la meilleure solution, et les stratèges français sont devenus économes du sang français, parce que personne ne veut un nouveau Verdun. Alors est née l’idée de « guerre en région fortifiée ». L’idée est de s’appuyer sur des fortifications et d’attaquer les position ennemies. C’est dans ce contexte que le char B1 naîtra et sera produit: un blindage épais, un canon idéal contre les fortifications (il fera même encore le travail en 1944 au main des forces françaises libres contres les dernières poches de résistances nazies). Malheureusement pour cette doctrine: il n’est pas question de passer à l’offensive. La France se prive donc de l’initiative et attend du nouveau matériel pour attaquer, ce qu’elle espère pour 1942 avec des chars proches du Sherman américain. Du matériel que l’occupant découvrira à l’état de projet, et que les espions soviétiques récupéreront légalement à l’I.N.P.I… des renseignement qui ne viennent pas de mon imagination certes fertile: « les chars de la seconde guerre mondiale est un ouvrage hautement instructif.

      1. S’enterrer, oui et non, puisque nos troupes seront envoyés tellement au Nord, que les allemands passeront carrément au milieu à Sedan (un coup de Trafalgare en faite). Les anglais ont tentés de détruire les ponts de Sedan avec le peu de bombardiers qu’ils leurs avaient, mais l’on ne fait jamais la guerre à moitié, et les allemands l’ont bien compris avec la guerre éclaire (blitzkrieg) ultra organisé. L’attitude déconfit de nos responsables au début du conflit, en dit long sur nos absentes perspectives de victoire, c’est le faite d’erreur stratégique adolescente, où par esprit chagrin de contrariété, certain préfère continuer dans leur délire, plutôt que d’avoir tord au yeux de tous, une fuite en avant à cause d’une fierté mal placé. Certain ont dû espérer que cela ferait comme en 1870, on rend les armes et on rentre dans ses pénates, et les allemands chez eux, mais non, là on ne jouait plus.

Les commentaires sont fermés.