Sécurité maritime : Le nombre d’actes de piraterie en nette baisse

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Après avoir atteint un niveau record en 2011, le nombre d’actes de piraterie en haute mer continue de baisser, avec 37 cas signalés au premier trimestre 2016 contre 54 l’an passé, à la même époque. Et seulement 3 navires ont été détournés.

Cette tendance s’explique en partie par l’action de forces navales internationales déployées au large de la Corne de l’Afrique, où les pirates somaliens multipliaient les attaques et les prises d’otages au début des années 2010.

D’après le dernier rapport trimestriel du Bureau Maritime International, aucune attaque de navire n’a été rapportée au large de la Somalie au 31 mars 2016. Mais la vigilance reste de mise car, comme le souligne le document, « la menace de la piraterie somalienne n’a pas été éliminée. »

Un constat partagé par John Steed, le responsable pour l’Afrique de l’Est de l’ONG américaine Oceans Beyond Piracy (OBP). S’il « n’y a pas eu de véritable attaque contre un navire de marine marchande depuis plus de deux », les « pirates ne sont pas partis pour autant et rien n’a changé sur le terrain », a-t-il expliqué au début de ce mois.

Les mesures prises pour lutter contre la piraterie somalienne ont certes été très efficaces (en 2011, 237 attaques avaient été signalées au large de la Somalie). Et les pirates, pour la plupart, ont renoué avec leur activité de pêcheur. Seulement, les chalutiers étrangers sont revenus et prennent, illégalement, tout le poisson qu’ils peuvent dans les eaux somaliennes…

« À présent nous sommes des pêcheurs mais où sont les poissons? Les bateaux de pêche étrangers prennent tout », a ainsi déploré, auprès de l’AFP, Abdulahi Abas, un ancien pirate de la ville côtière de Garaad. « J’ai rejoint la piraterie à l’époque précisément à cause de la pêche illégale et maintenant que nous avons arrêté le business de la piraterie, nous ne pouvons même pas pêcher dans nos propres eaux », a-t-il ajouté.

Aussi, pour OBP, le phénomène de la piraterie somalienne ne demande qu’à reprendre de plus belle. « Enlevez les navires de guerre, supprimez les gardes armés et tout recommencera », a prévenu John Steed.

Si le nombre d’actes de piraterie est en baisse, ce n’est pas le cas dans le golfe de Guinée. Dix attaques ont été signalées au large du Nigéria lors du premier trimestre. En outre, deux navires ont été détournés.

« Ce trimestre, notre rapport souligne d’insupportables violences envers les navires et leurs équipages dans le Golfe de Guinée, notamment au large du Nigeria. L’augmentation actuelle des enlèvements est une cause de grande préoccupation », a commenté Pottengal Mukundan, le directeur du BMI.

Pourtant, à la fin de l’année dernière, le nombre d’actes de piraterie dans le golfe de Guinée avait diminué.  » Il y a une décroissance vraiment sensible entre le 1er semestre et le 2e semestre 2015. On est passé de 2-3 actes par mois au début de l’année à quasiment rien en fin d’année », avait indiqué le vice-amiral d’escadre Emmanuel de Oliveira, le commandant de la zone maritime Atlantique.

Pour rappel, une stratégie régionale, misant sur la coopération entre les forces navales des pays concernés et un partage accru du renseignement, a été mise en place, avec le soutien de la France.

Enfin, la piraterie maritime semble être en perte de vitesse en Asie du Sud-Est, après avoir connu pic jugé préoccupant en 2015. En effet, de janvier à mars, seulement 6 attaques ont été constatées par le BMI. Ce dernier explique cette nette baisse par l’action des autorités indonésiennes et malaisiennes.

Toutefois, le BMI invite à la plus grande prudence au sujet d’une zone allant du nord de la Malaisie orientale et du sud des Philippines, c’est à dire là où a eu lieu un troisième navire a été détourné par des hommes lourdement armé dont l’origine n’a pas été encore précisée par les autorités concernées. Mais des soupçons se portent sur le groupe jihadiste philippin Abu Sayyaf, désormais lié à l’État islamique (EI ou Daesh). Ce mouvement retiendrait en otage 18 marins philippins et indonésiens.

 

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