L’ONU manque de Casques bleus francophones pour ses opérations de maintien de la paix

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Trouver des pays contributeurs pour des opérations de maintien de la paix (OMP) n’est pas toujours évident, d’autant plus que, désormais, l’aspect qualitatif est tout aussi important, si ce n’est plus, que l’aspect quantitatif.

« Nous sommes maintenant dans une situation qui n’est pas celle qu’avaient connue mes prédécesseurs où, lorsqu’on avait besoin de troupes, on prenait ce qui se présentait. Souvent, il s’agissait de troupes du tiers-monde, mal équipées, mal entraînées. À présent, on a beaucoup plus de choix », a ainsi expliqué Hervé Ladsous, le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, lors d’une intervention devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées.

« Notre politique consiste à ne pas embaucher sous Casques bleus, dans toute la mesure du possible, des personnes qui seront une source de problèmes, de scandales ou de toutes sortes de critiques », a encore avancé M. Ladsous.

Cela étant, pour ce responsable, il est compliqué de trouver des Casques bleus francophones pour certaines opérations, comme par exemple au Mali et en Centrafrique.

« Il me faut en permanence des francophones », a affirmé M. Ladsous, en appelant l’intention des sénateurs sur ce sujet. « Je travaille beaucoup avec l’OIF [Organisation internationale de la francophonie] » et « nous n’arrivons pas à trouver suffisamment de francophones pour des opérations comme celles du Mali ou de Centrafrique, et ce à tous les niveaux », a-t-il déploré.

« Cela vaut pour les policiers, mais aussi les militaires, notamment de haut niveau », continué M. Ladsous. « À plusieurs reprises, j’ai eu besoin d’un général africain francophone ayant le nombre d’étoiles suffisant et bénéficiant d’une certaine expérience. Eh bien, je n’en ai pas trouvé! », a-t-il ajouté.

« À part le Sénégal ou, ici et là, un général de corps d’armée a eu un parcours spécifique, la ressource est très rare. Je sais qu’on y travaille du côté des ministères de la défense et des affaires étrangères, mais c’est un chantier de longue haleine », a-t-il insisté.

Pour autant, M. Ladsous s’est félicité des efforts de la France, notamment au sujet des décisions prises concernant le Mali et la Centrafrique et de la contribution, relativement importante, de l’armée française à la Force intérimaires des Nations unies au Liban (FINUL).

« La France a un mode d’intervention spécifique aux Nations unies. Ce sont souvent des interventions à titre national, mais couverte pas un mandat du Conseil de sécurité, coordonnées avec les activités des Nations unies. C’est une formule qui a montré qu’elle fonctionnait bien, et l’on va continuer à travailler dans cet esprit », a souligné M. Ladsous.

Parmi les cinq membres du Conseil de sécurité, la France fait figure de bon élève. Selon lui, « les Russes ne font rien » et les Britanniques n’interviennent que « marginalement ». Quant aux Américains, qui ne comptent que très peu de Casques bleus pour des raisons juridiques, politiques et de doctrine militaire, ils « nous soutiennent beaucoup de manière latérale, notamment en aidant, au travers de très gros programmes de formation et d’équipement, des contingents africains et asiatiques à se préparer au maintien de la paix ».

Enfin, l’implication de la Chine dans les opérations de maintien de la paix ne cesse de devenir de plus en plus importante.

« Le président chinois (…) a annoncé que la Chine allait mettre à notre disposition une force de réserve de 8 000 hommes. Par rapport à l’armée populaire de libération, ce n’est même pas 1 % mais, pour nous, c’est énorme! On essaye donc d’en savoir plus depuis plusieurs mois mais, dans la grande tradition chinoise, l’empereur ayant parlé, il faut ensuite que cela ruisselle jusqu’à la base, ce qui est en train de se produire », a ainsi souligné M. Ladsous.

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