L’armée américaine veut renforcer ses effectifs en Irak

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Le président Obama avait fait une promesse : retirer les troupes américaines d’Afghanistan et d’Irak avant la fin de son mandat. À quelques mois de son départ de la Maison Blanche, cet objectif ne sera pas atteint.

En Afghanistan, la situation sécuritaire l’a contraint à revoir le calendrier du désengagement des forces américaines tandis que la guerre contre l’État islamique (EI ou Daesh) en Irak va demander l’envoi d’unités terrestres sur le terrain, en dépit de la fameuse formule « no boots on the ground ».

Ainsi, le chef d’état-major interarmées américain, le général Joseph Dunford, a indiqué, le 25 mars, que le Pentagone va bientôt soumettre au président Obama des propositions visant à renforcer le soutien militaire des États-Unis aux forces irakiennes, dans l’optique de la reconquête de Mossoul, ville contrôlée par les jihadistes de Daesh depuis juin 2014.

« Nous avons une série de recommandations dont nous allons discuter avec le président dans les semaines à venir », a dit le général Dunford, lors d’une conférence de presse. « Le secrétaire à la Défense [Ashton Carter] et moi-même pensons tous les deux qu’il va y avoir une augmentation des forces américaines en Irak, mais aucune décision n’a été prise », a-t-il ajouté.

« Il s’agit notamment de définir les moyens à déployer pour faciliter la reprise de Mossoul, deuxième ville du pays, par les forces irakiennes », a encore expliqué le général Dunford. Ces renforts permettraient d’accélérer la formation et l’entraînement des forces irakiennes et de donner à ces dernières des capacités qui leur font actuellement défaut.

Déjà, il y a quelques jours, l’état-major américain a déployé à Makhmour, au sud-est de Mossoul, une compagnie d’artillerie de la 26th Marine Expeditionary Unit (MEU), dotée de 4 canons de 155 mm.

« Ces canons ont été utilisés cette semaine en soutien des avancées des troupes irakiennes dans la région », a admis le général Dunford. « Ce n’est pas différent de ce que fait notre aviation tous les jours en bombardant les positions jihadistes », a-t-il fait valoir. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que l’artillerie américaine a été utilisée en Irak : il a été rapporté que des lance-roquettes HIMARS ont été utilisés dans la province d’al-Anbar et depuis la Jordanie.

La question du renforcement des troupes terrestres américaines en Irak est un sujet sensible politiquement. Officiellement, leurs effectifs s’élèvelent à 3.870 soldats. Mais officieusement, il serait proche des 5.000 personnels… Un chiffre que le général Dunford n’a pas démenti lors de la conférence presse, à laquelle assistait le Ashton Carter.

En outre, la puissante milice chiite irakienne « Asaïb Ahl al-Haq » (ligue des vertueux), soutenue par l’Iran, a menacé de traiter les troupes américaines comme des « forces d’occupation ».

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