Des hélicoptères d’attaque de l’ONU interviennent contre un groupe rebelle dans l’est de la RDC

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Il y a des zones de conflit dont on ne parle malheureusement pas assez pour diverses raisons. C’est le cas du Soudan du Sud, où l’on compte, depuis deux ans et demi, 50.000 ou 60.000 morts, environ 2 millions de réfugiés et déplacés (1/5 de la population) et des dizaines de femmes violées, l’armée sud-soudanaise utilisant le viol comme une arme.

On peut aussi citer le Darfour, où l’on massacre impunément, ou encore l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où les richesses naturelles, concentrées dans la région du Nord-Kivu, attisent les convoitises de groupes rebelles armés sans foi ni loi.

La situation chaotique de cette partie de la RDC est ancienne. En 2012, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) a pris le relai de la MONUC avec l’engagement de 20.000 Casques bleus, dotés – pour la première fois – de moyens offensifs réunis au sein d’une brigade d’intervention.

L’action conjointre de la Monusco et des Forces armées de la RDC (FARDC) a permis de réduire, au Nord-Kivu, en novembre 2013, les rebelles du groupe « M-23 ». Seulement, ces derniers n’étaient pas les seuls à semer la mort et le chaos dans la région : les Forces démocratiques alliées (ADF), une formation islamiste originaire d’Ouganda et que l’on dit proche des shebab somaliens, et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) restent encore une menace.

« En République démocratique du Congo (…) il reste des groupes extraordinairement tenaces et redoutables, comme les rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF), des Ougandais réfugiés dans le Nord-Kivu, qui descendent régulièrement la nuit sur un village, égorgent cinquante personnes et repartent ensuite pour se cacher dans la forêt », a ainsi affirmé Hervé Ladsous, le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, lors d’une audition récente au Sénat.

« On trouve également des FDLR, rebelles d’origine rwandaise, des Maï-Maï de nombreuses obédiences, tout cela dans un pays qui a retrouvé globalement une assez bonne stabilité », a-t-il ajouté.

Seulement, la coopération entre la Monusco et les autorités de la RDC sont souvent compliquées… Au point qu’elle a été suspendue en février 2015 car Kinshasa avait nommé deux généraux soupçonnés de graves violations des droits de l’Homme à la tête de troupes appelées à participer à des opérations militaires conjointes. D’ailleurs, le renouvellement du mandat de la force de l’ONU, qui doit être décidé le 30 mars, donne lieu à quelques difficultés.

Quoi qu’il en soit, et sans doute en raison de cette échéance, les hélicoptères d’attaque de la Monusco ont été engagés, le 24 mars, contre les rebelles des ADF.

« Nos hélicoptères d’attaque [les Casques bleus en ont 7, ndlr] ont infligé des pertes dans les rangs» de l’Alliance des Forces démocratiques alliés » et « les opérations se poursuivent », a ainsi confirmé le général français Jean Baillaud, commandant adjoint des forces de la Monusco, avant de préciser que cette opération, appelée Sokola 1, est « la matérialisation du soutien » au FARDC contre les rebelles.

Un porte-parole de la Monusco a précisé que les hélicoptères d’attaque ont été engagés dans « les profondeurs de Semuliki », un village proche de la frontière avec l’Ouganda, au nord-est de la capitale régionale, Goma.

Cela étant, l’instabilité dans le Nord-Kivu fait les affaires de États voisins. « Le rôle du Rwanda dans certaines phases de cette crise a été critique. C’est un problème de ressources : comment expliquer que l’Ouganda et le Rwanda, qui n’ont pas de mine sur leur territoire, exportent de l’or, du coltan, dans des quantités loin d’être négligeables? Tout cela est en fait pillé dans le fond des forêts du Kivu, et ensuite traité et exporté par les pays voisins », a expliqué M. Ladsous lors de son intervention devant les sénateurs.

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