Boeing va fournir le système de mission du premier avion militaire conçu en afrique

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Présenté en 2011, l’Advanced High Performance Reconnaissance Light Aircraft (AHRLAC) a effectué son premier vol trois ans plus tard. Fruit d’une coopération entre les groupes sud-africain Paramount et Aerosud, il est véritablement le premier avion militaire à être entièrement conçu en Afrique (le cas de l’Atlas Cheetah n’ayant été qu’une version revue du Mirage III de Dassault Aviation).

Le concept de l’AHRLAC est de pouvoir proposer un appareil léger et rustique, capable d’effectuer des missions de surveillance, voire de lutte anti-guérilla à un prix très raisonnable, c’est à dire de l’ordre d’une petite dizaine de millions de dollars. Si ses performances n’ont rien d’extraordinaire, son autonomie, en revanche, l’autorise mener des vols de patrouille de 7 heures.

Seulement, pour le doter de capteurs électroniques et optroniques ainsi que pour l’armer, ses concepteurs ont fait appel à Boeing. L’industriel américain fournira ainsi une capacité ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance) et le système d’arme de cet appareil, qui, au passage, s’appellera désormais « Mwari », du nom d’une divinité africaine qui « voit tout ».

« Il y a des clients qui demandent des systèmes plus simples, mais il y a d’autres marchés qui exigent des systèmes de mission sophistiqués fournis par Boeing. Notre objectif est d’aborder l’ensemble de ces marchés », a expliqué le Pdg de Paramount.

Seulement, si le prix du Mwari était des plus abordables pour des pays qui n’ont pas forcément les moyens d’investir dans des avions de combat plus sophistiqués ou des drones, l’intégration d’équipements fournis par Boeing risque d’alourdir la facture.

46 commentaires sur “Boeing va fournir le système de mission du premier avion militaire conçu en afrique”

      1. @Ob:
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        Mis à par le fait d’être un appareil biplace motorisé par turbopropulseur notamment destiné aux missions de contre-insurrection; il existe aucun rapport entre ce « Mwari » (avec un double empennage + motorisation à l’arrière du fuselage) et « Pucara » argentin bien plus lourds et d’une surface bien plus importante (4 tonnes à vide, 6,8 tonnes en charge).
        .
        L’architecture de cet appareil sud-africain semble plutôt inspirée de celle des OV-10 « Bronco » qui sont cependant des bimoteurs de 6,5 tonnes en charge notamment utilisés à partir de 1968 par l’USMC et l’USAF au Vietnam…

    1. Non, c’est juste un deport pour les sondes. Pour Boeing, c’est effectivement etrange, il y a une multitude de compagnies qui font ce genres d’electronique et Boeing n’est pas connu pour etre le plus abordable.
      Cela etant, dans une optique commerciale, choisir se type de partenaire est une assurance d’avoir un bon reseau de support et surement un appui commerical majeur surtout si la moitie de la valeur de la plateforme est estampille Boeing.

  1. Puisque certains ne veulent pas de drones armés, voilà, c’est un truc comme çà qui nous faudrait pour épauler Rafale/Mirage ! Bon, en bimoteur par contre, sécurité oblige…

    1. Tel qu’il est c’est léger!
      Une modernisation du (concept) Bronco avec un canon de tigre sous le ventre et des bombes et roquettes modernes sous les ailes ce serait plus convainquant.
      Et justement : http://snafu-solomon.blogspot.fr/2016/03/ov-10s-are-in-use-supporting-socom-usmc.html
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      En passant : la vidéo du soutien apporté à un green beret menacé d’être virer de l’armée US pour avoir mit une grosse tête à un c****** qui en***** un gamin en l’attachant à un poteau : http://snafu-solomon.blogspot.fr/2016/03/delegate-freitas-speech-regarding-sfc.html
      M.A.C.V..P.

    2. Il est clair qu’une config bimoteur « push-pull » aurait été plus sécurisante pour un continent ou il ne fait pas bon tomber en panne moteur.

      Vu la hauteur liée à la config tandem, probable que 2 moteurs en partie superposés en central/arrière auraient tenu sans grosse modification de physionomie. Une hélice à l’avant offrant en plus un niveau de protection face à la mitraille et au risque aviaire pour cette large verrière.

      Le problème d’occuper l’avant vs armement léger embarqué aurait pu se régler en l’intégrant, avec les chargeurs, aux ailes dans les poutres du double empennage.

      Bref, il aurait été possible de mieux faire pour préserver le pilote et la fine électronique que l’on prévoir d’y coller, surtout quand cette dernière va au final truster une bonne partie du prix global.

    1. Hélas, même l’armée sud africaine n’en a qu’une poignée d’exemplaires.

    2. Le Rooivalk est un hélicoptère d’une part et il utilise la partie mécanique du Puma ce n’est donc pas un appareil conçu localement de A à Z.

      1. @LM
        Non, non, c’est bien à partir du PUMA que le ROOIVALK a été construit … Il en garde d’ailleurs les moteurs Makila et les éléments dynamiques …
        C’est l’Atlas XH-1 Alpha qui a été réalisé à partir d’Alouette III vers le milieu des années 80 ( 1 seul prototype …) !… 😉

    3. @Eric:
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      Les « Rooivalk » de Denel ne sont plus que 11 (sur 12 construits) et au-delà de ce nombre restreint, leur mise en oeuvre est évidemment autrement plus coûteuse que celle de ce « Mwari ».
      .
      C’est aussi la recherche d’une exploitation moins couteuse que nous conduit en France à remplacer les Gazelle par des HIL, plutôt que par des Tigre, pour effectuer des reconnaissance qui nécessitent peu d’armements.

  2. Un réalisation « sympathique » qui pourrait interresser grand nombre de pays, aux moyens limités souhaitant bénéficier tout de même d’une « force aérienne ». Notament en Afrique ( où ce projet à vu le jour ), dans la lutte contre boko haram, et sur la BSS méridionale.

  3. Il faudrait préciser en Afrique du Sud, grâce au développement du régime honni qui lui a permis de se retrouver au niveau des pays occidentaux.
    Oui, je sais, c’est pas bien de le dire, mais des fois il faut revenir au réel.
    Oui, je sais, il est forcément fasciste et raciste !

    1. Je ne comprends pas le propos …
      Le régime de l’apartheid n’était pas raciste ?
      Si il était raciste c’est mal de le rappeler ? ce que l’article ne fait pas d’ailleurs cela n’étant pas le sujet.
      Il ne faut pas rappeler le passé raciste car ce dernier aurait des réussites économiques qui pardonnent tout ?
      Ensuite vous dites que le pays à « retrouver » le niveau des pays occidentaux… Retrouver ??? pourquoi un jour l’Afrique du sud a été au niveau économique d’un pays européen et aurait perdu ce niveau pour le retrouver sous le régime de l’apartheid ? Il ne me semble pas; le PIB de l’Afrique du sud est cinq fois moindre que celui de l’Italie ,la Pologne l’a dépassé en 1995.
      Le PIB par tête de l’Afrique du Sud c’est celui de la Macédoine… pas glorieux
      Le PIB de l’Afrique du sud a grimpé fortement après 2002, 15 après la fin de l’apartheid mais c’est dû à l’augmentation des matières premières, pas à une industrie de pointe…

      Ceci étant je ne jette pas la pierre à l’Afrique du sud il est plus facile de se développer au sein d’autres pays avancés que le contraire.
      M’enfin tous çà pour dire que tresser des lauriers au régime d’apartheid ou même à celui d’aujourd’hui n’a pas lieu d’être.
      Ce refrain comme quoi « ON » n’ose pas dire les vérités est fatigant.

    2. J’hallucine. Comment en 2016, est-il possible que des personnes pensent encore des choses comme ça. Êtes vous en train de justifier le racisme violent et le comportement immoral du régime Sud africain d’apartheid? Peut-être vous faudra-t-il ouvrir il livre d’histoire et lire qu’il n’a pas vraiment été donn au peuple autochtone, une chance de prouver ce qu’il était capable de faire.
      Aussi, si dans votre ignorance raciste, vous essayez de vous prouver quelque chose à vous même. Je vous conseille de lire Aimé Césaire «discours sur le colonialisme».
      Enfin, si vous savez lire bien sur.

      1. Je n’ai rien défendu ni justifié, je n’éprouve aucune nostalgie envers aucun régime, même si je savais que mon message provoquerait des réflexes de chiens de Pavlov chez certains qui semblent avoir renoncé à penser par eux-mêmes. Je n’ai tressé de lauriers à personne et les blanc étaient aussi un peuple autochtone depuis des siècles, avant les bantous dans une bonne partie de l’Afrique du Sud, mais il faudrait vous donner la peine de lire exactement ce que j’ai dit et vous informer sur l’histoire un peu mieux.
        Montaudran, ce pays est à comparer avec les autres pays africains, si on veut être honnête, pas avec des pays occidentaux, même s’il en a approché le niveau et l’embargo existait sous l’apartheid, ce qui diminue les capacités d’un pays. Désolé mais les réactions semblent attester qu’il y a des choses pourtant bien anodines à ne pas dire, non?
        Je voulais simplement dire que le seul pays africain à se hisser au niveau technologique des pays capables de fabriquer des avions était l’Afrique du Sud et que cette réussite n’avait pas commencé avec la fin de l’apartheid et du pouvoir blanc. Quand on dit africain, on parle d’un continent. il me semble qu’il n’existe pas d’avancée technologique capable de produire de tels matériels dans un autre pays africain.
        Est-ce du racisme de dire ça ou la simple réalité ?
        Oui, je sais que c’est déjà trop de le dire, les imbéciles ayant déjà intégré les réflexes conditionnés, de l’Afrique du Sud créé par les blancs racistes, rien de bien ne pouvait venir, etc…,mais il sera difficile de démontrer que sans ce qui reste de structures qu’a développé ce pays depuis des décennies, il ne serait pas au niveau de ses voisins, dont le Zimbabwe qui a une histoire similaire.
        Le racisme, pour les ânes, c’est justement de refuser de donner cette simple précision pour ne pas être accablé de ce qualificatif.
        Jordan, au lieu de réciter votre litanie, lisez ce que j’ai dit et n’en extrapolez pas une arrière pensée conforme à vos fantasmes.

        1. @ Robert
          Vous dites : « les blanc étaient aussi un peuple autochtone depuis des siècles, avant les bantous dans une bonne partie de l’Afrique du Sud, »
          Il est vrai que beaucoup oublient, ou ne veulent pas se souvenir, que les Bantous (dont les Zoulous…) ne sont arrivés dans le sud de l’Afrique vers le XIXe siècle … Prenant le dessus sur certains peuples autochtones et les assimilant… Ce en quoi, les Sud-africains issus de l’immigration européenne du XVIIe au XXe siècles étaient bien donc présents bien avant les Bantous qui sont l’ethnie majoritaire aujourd’hui .

        2. « Je voulais simplement dire que le seul pays africain à se hisser au niveau technologique des pays capables de fabriquer des avions était l’Afrique du Sud  »

          Ben non !

          À tout hasard, Robert, plutôt que de raconter des sornettes, un petit tour rapide de l’histoire aéronautique des pays d’Afrique s’imposerait :

          – L’ Égypte
          « La production d’armes en Égypte est une histoire ancienne puisqu’à l’époque de Mohammed Ali, dans les années 1820, l’Égypte produisait des munitions, des navires de guerre et des canons, avant que les puissances européennes ne la forcent, quelque vingt ans plus tard, à fermer ses ateliers. » ….. « En 1962, le HA-200 devient le premier avion à réaction construit dans le tiers-monde. Dans la Fabrique Sakr d’industries développées, fondée en 1953, l’Égypte.. »

          (L’industrie arabe d’armement : Le monde arabe en ordre dispersé (Les Cahiers de l’Orient, premier trimestre 1999, n°53) Olivier Da Lage
          https://odalage.wordpress.com/autres-publications/lindustrie-arabe-darmement-le-monde-arabe-en-ordre-disperse-les-cahiers-de-lorient-premier-trimestre-1999-n%C2%B053/ )

          le Helwan HA-300, intercepteur bisonique développé par Willy Messerchmidt et une équipe germano-egyptienne, des aides indiennes et espagnoles (belle coproduction!) jusqu’en 1969. Le prototype en essai fut abandonné suite à divers tensions (oppositions de la RFA, difficultés financières…) pour préfèrer des solutions soviétiques (Mig 21,…). Le moteur était un Brandner E-300, conçu sous la direction de Ferdinand Brandner en Egypte. Une belle usine aéronautique fut édifiée en Egypte, qui par la suite construisit des Alpha-Jet par exemple ou des parties de Mirage 2000. Elle se perpétue sous le nom de AOI-Aircraft Factory.

          – Le Maroc
          Vous pouvez aussi aller voir du côté du Maroc, où un savoir-faire aéronautique s’est développé autour de l’armée de l’air et prend de plus en plus d’ampleur.

          – Le Zaire
          On peut aussi citer OTRAG, base de lancement spatiale créée à l’instigation de Mobutu et d’une entreprise allemande (avec Werner Von Braun comme associé) dans les années 1970. Trois tirs sont réalisés, l’un porte à 20km d’altitude, le second à 150 km, le troisième explose au sol sous les yeux des officiels. L’effet de cette démonstration ratée et les lourdes pressions de la France sur la RFA (associées dans la future Ariane) et de l’Urss (peu désireuse elle aussi de voir émerger une nouvelle puissance spatiale) sur le Zaïre eurent raison du projet.

          – L’Algérie
          Des nouveautés aussi en Algérie, annoncé en co-dévellopement avec l’Afrique du Sud puis semble t’il sans elle.

          L’Algérie ambitionne de fabriquer son premier drone supersonique en 2016
          ( http://www.algerie-focus.com/2014/11/lalgerie-ambitionne-de-fabriquer-son-premier-drone-supersonique-en-2016/ )
          Un projet plus modeste :
          L’Algérie présente son deuxième drone Amel 2
          ( http://www.algerparis.fr/economie/l-algerie-presente-son-deuxieme-drone-amel-2_a-160-4423.html)

          – J’oubliais ! L’Éthiopie débute une tentative d’industrie aéronautique, mais la colonisation italienne met tout par terre…..

          Les avions du Négus – L’Ethiopia 1
          http://www.crezan.net/pag_aby/abyssinia_avi_eth1.html

          1. Les pays comme l’Algérie ou l’Egypte ont-ils développé par leurs propres moyens ou avec une aide extérieure importante ?
            Je n’ai pas dit qu’aucun pays africain n’en était capable, mais que le plus développé en technologie depuis des décennies sur le continent était l’Afrique du Sud.
            Et cela ne me semble pas une « sornette. »

          2. D’autre part l’Afrique du Sud n’a été créé comme état qu’en 1910 et aucun autre pays africain n’a été soumis à l’embargo comme lui, donc du se développer avec des moyens restreints.
            Il faut comparer ce qui est comparable, pour être juste, non ?

          3. 1910, tout à fait et la fin de l’occupation anglaise en Egypte, c’est le début des années 1950, l’accession de l’Algérie à l’indépendance est en 1962, etc, etc,..

            Pour revenir aux différents pôles de production d’armements en Afrique..

            – L’Afrique du Sud..
            Par ses propres moyens ? Le complexe militaire sud-africain a surtout eu un recours important aux licences étrangères, doublé d’un pragmatisme à toute épreuve pour fournir le matériel adéquat. Et les embargos ont été forts poreux, que ce soit l’aide d’Israël pour l’aéronautique et l’arme atomique, le Portugal pour transférer les technologies françaises quand le gouvernement français était d’humeur changeante (mais quand le courant passe : AML 90, canon de 20 mm, Crotale, Mirage III et F1, sous-marins Daphné, ….), la bonne volonté à toutes épreuves de l’industrie italienne pour fournir des technologies aéronautiques ou des canons de 76 mm (Oto Melara) pour navires, très pragmatiquement adaptés sur le Rooikat, la forte myopie du Canada quand Gérard Bull créait le G6 de 155 mm et j’en oublie…

            Pour mémoire, le Defence Ordnance Workshop (D.O.W.) est crée à Lyttleton (Pretoria) en 1951, la Royal South Air Force (création, 1920, ca date quand même) se contentant jusqu’ici d’assemblage à une exception près (Avro Tutor). La première fabrication sous licence du DOW est le fusil belge FAL.

            Il s’agit surtout d’une recherche d’autonomie stratégique, sans réelle indépendance technique, les fabrications aéronautiques sud-africaines portant sur des licences ou l’extension de technologies acquises.

            Pour exemple (liste pas tout à fait exhaustive et de mémoire) :

            – Avro Tutor, 1940, avion d’entraînement (licence, construction toile, bois et métal)

            – Atlas Aircraft Factory
            C-3M (avion léger, licence Aermacchi AM.3, conception Loockheed)
            C-4M Kudu (licence Aermacchi AL.60, dérivé de l’Aermacchi AM.3)
            SA 316 Alouette III (construction sous licence)
            Impala Mk I et II (avion d’attaque, licence Macchi MB.326)
            Atlas Oryx (hélicoptère, licence améliorée du Puma, proche du Super-Puma)
            Atlas Cheetah (chasseur, reconstruction du Mirage III avec des appuis israéliens)
            AH-2 Rooivalk (hélicoptère d’attaque, fuselage adapté sur l’ensemble de propulsion du Puma sous licence, ce qui n’a pas favorisé les ventes à l’étranger…)

            – Denel
            AH-2 Rooivalk (rachat d’Atlas)

            Créations aéronautiques (enfin !)
            Drônes :
            Denel Seeker
            Denel Dkua

            Umkhonto (missile antiaérien)
            Missiles antichars divers et variées, souvent adaptés sur des aéronefs russes (Mi-8-17,24..)

            Si l’Afrique du Sud apparaît comme importante en Afrique, cela est du plutôt à une mise en avant assumée et la publicité, nécessaires pour exporter et exister. Les dangers aux frontières ayant disparus, l’état est moins preneur et il faut bien vendre ailleurs…

            L’Égypte

            L’Égypte a une stature très comparable à l’Afrique du Sud, avec une autonomie stratégique importante, beaucoup moins dépendante de l’export que l’Afrique du Sud, au vu de ses besoins intérieurs. 90 millions de contribuables et une armée en conséquence, ca aide.., sans compter l’Arabie saoudite toujours prête à payer les fins de mois difficiles pour s’assurer une réserve conséquente d’infanterie en cas de GROS problème. Et la structure militaire reste et de loin la caste dominante en Égypte, surtout à la suite des derniers événements, ce qui assure le futur du complexe militaire.

            Les forces armées sont crées en 1922.
            Ce pays a eu un départ en trombe au cours des années 1950 en récupérant des spécialistes allemands, de la même manière que la France développant les réacteurs ATAR ou les missiles antichars. Un jet est produit à partir de 1962. Comme indiqué, l’Égypte a eu comme ambition de développer un chasseur de A à Z, de la cellule au réacteur en passant par l’électronique, bien plus que l’Afrique du Sud n’a jamais ambitionné. Par exemple, le réacteur, pièce « noble » par essence, un état comme la Chine a acquis la pleine autonomie dans ce domaine avec le WS 10 il y a quelques années à peine..

            L’Egypte récupère un projet partiellement ébauché en Espagne, s’appuie sur une coopération avec l’Inde (non-alignement ..) mais vise l’autonomie technique complète sur ce qui est alors la pointe de diamant de la technologie militaire. C’est « l’effet Nasser » somme toute, cet essor se brisant en partie sur des raisons internes et externes. Car 135 millions de livres égyptiennes de l’époque, le prix du programme jusqu’à son arrêt (1969), c’est l’équivalent de dizaines de MIG 21, à un moment où Israël a détruit la force aérienne égyptienne, qu’il faut reconstruire à marche forcée. L’URSS fournissant des avions à bon compte, le choix est vite fait et ce pays se débarrasse habilement au passage d’un concurrent à fort potentiel…

            Les accords de Camp David sont le coup fatal. Les USA fournissent une aide gratuite, ce qui ne favorise pas l’effort.

            Le complexe militaire reste toutefois très capable en terme d’entretien (mirage 2000, F-16, Alpha-jet, et aussi mirage III et mig 21, vieux clous toujours en vol, un bon signe de la qualité de travail !), d’assemblage, d’adaptations locales et semble revivre un peu depuis quelques temps (une petite brouille avec les USA ?). L’accord de coopération entre SAGEM et AOI-Aircraft Factory sur le drone Patroller en est un des signes les plus récents.

            L’Algérie

            L’Algérie…, le grand mystère…
            Comme l’Égypte, la structure militaire reste et de loin la caste dominante (bis repetita) et
            finance sans difficultés (vive le pétrole..) divers développements dont la finalité est parfois obscure..

            Elle a crée une industrie de blindés (Base centrale logistique, nom de l’usine), produisant divers véhicules, mixe de créations locales et de licences, la dernière étant à la suite d’un accord germano-allemand (Le Fuchs exactement, à plus d’un millier d’exemplaires tout de même).

            Le chantier (ECRN) de Mers-el-Kebir fournit très régulièrement des corvettes (Classe Djebel Chenoua,..) et divers classes de patrouilleurs avec une régularité métronomique.

            Les coopérations avec l’Afrique du Sud semblent monnaie-courante avec échanges de savoir-faire, l’Algérie étant en position de force, puisqu’elle apporte … les sous !

            Enfin, l’Algérie semble s’être découverte des ambitions dans l’aéronautique avec les projets de drones mentionnés plus haut, quand les algériens veulent bien communiquer. Avec 2 millions de km2, il y a de la surface à surveiller ! D’ailleurs, la Chine place aussi ses produits avec le Wing Loong, drone MALE de fort bonne facture.

            Le petit dernier, Le Maroc !

            Le Maroc devient lentement mais surement un important fournisseur aéronautique. Le mouvement a commencé dans les années 1980 sur la base des savoir-faires acquis par l’armée de l’air marocaine dès les années 1960.
            Pour citer la phraséologie actuelle du milieu aéronautique, les industries marocaines vont passer du rang 3 au rang 2 de fournisseur pour l’industrie européenne, vive le lean management.
            Le gros coup de fouet arrive au moment du dollar faible, le Maroc en zone dollar assurant une production à moindre coup quand zone euro. Et les projets plus ambitieux commencent à pointer, l’appétit venant en mangeant 🙂

            En bref, non il n’y a pas que l’Afrique du Sud en Afrique…

          4. De passage,
            Merci de vos très intéressantes informations. Ce qui est bien sur ce site, c’est qu’on en apprend toujours.

        3. Arrivée des blancs, Portugais en 1488 dans la baie du Cap puis des néerlandais et enfin des anglais fin du 18ème…..donc pas autochtones comme vous dites.
          Les bochimans et bantous ont occupé ce territoire du sud de l’Afrique bien avant, 2500 ans pour les bushmen ou bochimans.
          Les bantous, eux sont d’origine nigérienne actuelle, installé depuis 300 environ après JC, donc dans les deux cas les blancs n’ont pas pu coloniser cette partie de l’Afrique avant qu’ils n’aient pu quitter l’Europe…..et il y a plus de 2000 ans les civilisations greco romaines ne connaissaient de leur monde guère plus loin que le bassin méditerranéen et les iles britanniques….au nord et à l’est la Dace avant de rencontrer les peuplades venues de l’est. Leurs pendants égyptiens, perses, assyriens ne connaissaient rien non plus du sud de l’Afrique. Les premiers navigateurs européens, blancs, n’ont traversé les océans que depuis le 14-15ème siècle.
          C’est dingue ça, vous comme d’autres ne voyez le développement d’un continent ou d’un pays qu’au travers du prisme de la production militaire……parce qu’ils n’ont pas développé de missiles, chars, avions, voitures ce serait des « cons primitifs »….ils ont développé des cultures que nous n’avons pas voulu reconnaitre, sûrs de nôtre supériorité que nous étions…..
          Notre moyen âge obscurantiste n’est pas plus éclatant, certainement moins même, que l’apogée des civilisations peuls au Mali, Khoï et San d’Afrique du Sud, Kanem au Niger, etc…
          s’ils n’ont pu se développer comme nous le sommes, c’est bien en partie en raison du colonialisme que nous y avons pratiqué, traite des noirs et asservissements , à l’ouest pour les européens avec le triangle europe afrique amériques, à l’est pour les arabes et les comptoirs musulmans de la côte est, zanzibar, somalie, kenya, tanzanie.et afrique du nord…….après nous les avons façonnés à notre image, en bons petits chrétiens ou musulmans…..corvéables à merci.
          Vous ne pouvez pas le niez, sinon niez l’Histoire et réécrivez là, et surtout n’oubliez rien pour être crédible.
          Vous savez, rien n’est plus facile de profiter de sa position dominante pour écraser le voisin, et de l’asservir, c’est toute l’Histoire objective de l’Homme blanc, voilà pourquoi des peuples actuels se sont rebellés et se rebellent toujours contre nous…..
          Rien n’est plus grand que d’admettre ses erreurs pour pouvoir avancer.

    3. Dixit le type qui ne peut pas s’empêcher de se palucher en pensant à l’apartheid à partir du moment où la conversation aborde de près ou de loin le sujet de l’Afrique du Sud…

    4. Tout à fait, d’ailleurs la République populaire démocratique de Corée se félicite aussi que les efforts permanents de ses grands dirigeants éclairés dans le sens du Juché aient amené les savants physiciens, atomiciens et astronautiques du pays au niveau qui est le leur aujourd’hui. 🙂

  4. On a tendance à présenter l’Afrique comme un pays… et voir ce pays comme forcément sous-développé. Le potentiel de certains pays d’Afrique est indéniable… mais le jeu de certains politiques qui préfèrent voir le chaos régner pour mieux asseoir leur suprématie.
    On est encore loin de la logique gagnant -gagnant…
    Je dirais « quel dommage » si ce n’était cet article qui remonte le moral et montre une Afrique dynamique et active… pour ne pas dire productive!

    1. A l’horizon des 2050, l’Afrique sera à l’avant garde de la croissance économique que nous recherchons tous, avec des minerais et hydrocarbures à foison, où blancs et jaunes se battront à nouveau pour leurs contrôles…..sauf s’ils s’unissent pour nous dire non.
      C’est aussi le continent qui rassemble la plus grande biodiversité génétique que nous serons à même de détruire si aisément avec nos saccages dominés par la corruption la plus extrême.
      Si tout se passe dans le respect, il y aura une chance de codéveloppement durable et bénéfique pour tous, sans ressentiments guerriers vis à vis des uns et des autres.
      Mais ça, au regard de ce que nous voyons actuellement, c’est de l’utopie.

  5. Ca ressemble tout de même plus à un gadget qu’à un avion militaire. M’enfin, si le client est content…

  6. 10 millions de dollars l’unité pour un zinc avec un moteur à piston ? Entièrement réalisé en Afrique mais dont l’optronique est réalisé aux USA…

    Ça fait cher un zinc des années 40 quand même…

    1. @ PK
      L’ARHLAC est équipé d’un moteur Pratt&Whitney PT6A-66B de 950 ch … Un turboprop quoi, rien à voir avec un moteur à piston des années 40 … 😉

  7. Comme dans tout aéronef militaire, c’est ce qui est a l’intérieur qui compte et qui coûte cher.
    L’idée d’avoir un aéronef très simple apparaît comme génial, mais ensuite il s’avère qu’on est limité par pas mal de choses dans son utilisation, donc naturellement ce qui semblait inutile au début, on finit par l’installer plus tard et ce qui devait être du simple et pas cher finit par devenir très coûteux et complexe.

  8. L’Admin a fait une faute de frappe:
    La version basique est à €1 million

  9. À tout hasard, le Helwan HA-300, intercepteur bisonique développé par Willy Messerchmidt et une équipe germano-egyptienne, des aides indiennes et espagnoles (belle coproduction!) jusqu’en 1969. Le prototype en essai fut abandonné suite à divers tensions (oppositions de la RFA, difficultés financières…) pour préfèrer des solutions soviétiques (Mig 21,…). Le moteur était un Brandner E-300, conçu sous la direction de Ferdinand Brandner en Egypte. Une belle usine aéronautique fut édifiée en Egypte, qui par la suite construisit des Alpha-Jet par exemple. Elle se perpétue sous le nom de AOI-Aircraft Factory.

    Vous pouvez aussi aller voir du côté de la Tunisie, où un savoir aéronautique s’est développé autour du savoir faire de l’armée de l’air marocaine et prend de plus en plus d’ampleur.

    1. On peut aussi citer OTRAG, base de lancement spatiale créée à l’instigation de Mobutu et d’une entreprise allemande (avec Werner Von Braun comme associé). Trois tirs sont réalisés, l’un porte à 20km d’altitude, le second à 150 km, le troisième explose au sol sous les yeux des officiels. L’effet de cette démonstration ratée et les lourdes pressions de la France sur la RFA (associées dans la future Ariane) et de l’Urss (peu désireuse elle aussi de voir émerger une nouvelle puissance spatiale) sur le Zaïre eurent raison du projet.

      Ca aussi en Algérie, annoncé en co-dévellopement avec l’Afrique du Sud puis semble t’il sans elle.

      L’Algérie ambitionne de fabriquer son premier drone supersonique en 2016 :

      http://www.algerie-focus.com/2014/11/lalgerie-ambitionne-de-fabriquer-son-premier-drone-supersonique-en-2016/

      Un projet plus modeste :
      L’Algérie présente son deuxième drone Amel 2
      http://www.algerparis.fr/economie/l-algerie-presente-son-deuxieme-drone-amel-2_a-160-4423.html

    2. Et pour l’Egypte, j’oubliais ce détail :

      « La production d’armes en Égypte est une histoire ancienne puisqu’à l’époque de Mohammed Ali, dans les années 1820, l’Égypte produisait des munitions, des navires de guerre et des canons, avant que les puissances européennes ne la forcent, quelque vingt ans plus tard, à fermer ses ateliers. » ….. »En 1962, le HA-200 devient le premier avion à réaction construit dans le tiers-monde. Dans la Fabrique Sakr d’industries développées, fondée en 1953, l’Égypte.. »

      L’industrie arabe d’armement : Le monde arabe en ordre dispersé (Les Cahiers de l’Orient, premier trimestre 1999, n°53) Olivier Da Lage

      https://odalage.wordpress.com/autres-publications/lindustrie-arabe-darmement-le-monde-arabe-en-ordre-disperse-les-cahiers-de-lorient-premier-trimestre-1999-n%C2%B053/

  10. Drôle de tronche ce coucou ! Face à un Sam 7 ,il lui reste quoi?….le parachute?…

  11. Il est entièrement conçu en Afrique avec l’aide de Boeing ????
    Quelqu’un peut m’aider là ?

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