La frégate Jean Bart a pu reprendre la mer grâce au travail acharné de ses mécaniciens

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L’an passé, la frégate anti-aérienne « Jean Bart » a été mise en arrêt technique intermédiaire pour une période de 6 mois afin de pouvoir y effectuer pas moins de 1.500 opérations de maintenance, allant de l’entretien des hélices à la remise en état de certaines parties du navire, en passant par l’intégration de nouveaux systèmes électroniques de communication.

Seulement, au début de cette année, l’équipage de cette frégate a eu une mauvaise surprise : les galets poussoirs qui permettent l’ouverture des soupapes du système de propulsion diesel se sont avérées défectueux… alors que, justement, ils avaient été installés lors du dernier arrêt technique intermédiaire. La cause? Un défaut de qualité qui n’avait pas été identifié par le fournisseur.

Bilan des courses : comme il y a 36 galets poussoirs par moteurs et que la frégate en compte 4, il était donc nécessaire de remplacer 144 pièces potentiellement défectueuses et de mettre le « Jean Bart » en « Indisponibilité accidentelle ».

Pour réaliser cette opération, il a fallu solliciter les 11 mécaniciens du secteur PROP de l’équipage, ainsi que le soutien de DCNS et de SUD-Moteurs. Ces marins ont donc démonté les 144 galet poussoirs afin de les renvoyer chez leur fabricant pour qu’ils soient examinés et réusinés avant de pouvoir les réinstaller.

« Travail long et minutieux, patience et endurance ont permis aux mécaniciens de venir à bout de plus de 300 heures de travail passées dans la pénombre des machines », souligne le journal de bord du « Jean Bart ».

Grâce à ce travail acharné, la frégate a donc pu reprendre la mer il y a seulement quelques jours. Signe que tout va bien : elle a pu pousser une pointe à 25 noeuds.

La FAA classe F-70 « Jean Bart » a été la première frégate française à opérer au sein d’un groupe aéronaval américain pendant trois mois (d’octobre 2014 à février 2015). Entrée en service en 1991, elle est mise en oeuvre par un équipage de 250 marins (25 officiers, 154 officiers mariniers et 71 quartiers-maîtres et matelots).

12 commentaires sur “La frégate Jean Bart a pu reprendre la mer grâce au travail acharné de ses mécaniciens”

  1. C’est là que l’on s’aperçoit de l’utilité des équipages étoffés …
    nos merveilles automatisées vont un jour buter sur le problème de l’effectif embarqué … et nous ne sommes que dans la maintenance … pour l’opérationnel on verra … je parle d’opérations intenses pas de faire des ronds dans l’eau à proximité du port base … ou alors on passe tout de suite au drone…

  2. « Un défaut de qualité non identifié par le fournisseur ». Je sais bien que la mode est, depuis longtemps, au contrôle qualité avancé qui se passe chez le fournisseur, mais pour des matériels aussi sensibles, il me semble bien léger qu’il n’y ait eu aucun contrôle à la réception.
    Ça me rappelle l’histoire d’un porte avion qui avait perdu rien moins qu’une hélice en l’an de grâce 2000, ridiculisant la construction navale française et sa marine. Sauf que les ingénieurs de la DCN avaient bien détectés les défauts sur ladite hélice, mais qu’il avait été décidé de l’installer quand même pour d’obscures raisons. Un remake à petite échelle ?

    1. « qui avait perdu rien moins qu’une hélice »
      Si , moins justement , il s’agissait d’une pale et non toute l’hélice.

      1. Pertinente observation : en fait ce n’était qu’un incident mineur donc ?

      1. Ça ne peut être la raison : le problème avait été détecté depuis longtemps (début 1998) avant la perte de l’hélice (enfin juste d’une pale, un détail) le 10 novembre 2000. Par un étrange concours de circonstances les bureaux du fabriquant (Fonderie de l’Atlantique) furent incendiés volontairement trois semaines après…
        A ce moment, plus de deux ans après la découverte des défauts, aucune hélice de remplacement n’avait été réalisée. La commande a seulement été passée après l’accident, début 2001, auprès de deux fournisseurs différents. Pour permettre au CdG de reprendre la mer, on l’a équipé des vieilles hélices du Foch et du Clemenceau (qui, par chance, avaient le même diamètre de fixation), avec pour conséquence de faire tomber sa vitesse de pointe à 25 nœuds au lieu de 27.
        Même s’il était concevable de mettre le PA à la mer avec des hélices défaillantes pour ne pas ajourner une fois de plus le lancement, ne pas prévoir de les remplacer au plus tôt a été une faute grave.
        Seule circonstance atténuante, les hélices du CdG doivent avoir des caractéristiques inhabituelles, difficiles à réaliser, pour pallier son manque de puissance congénital : 83.000 CV contre 126.000 CV pour ses prédécesseurs.

  3. Pourquoi se donner du mal à s’occuper de ce navire puisque notre ministre de la défense veut remplacer les deux navires de classe Cassard par une fremm anti-aérienne ?

  4. Merci de mettre en avant le maï des bouchons gras………ça fait bien plaisir quand on parle des mécanos.

  5. Bravo à ce blog qui mentionne ceux dont personne ne parle jamais, sans ces hommes et femmes de l’ombre, un navire, si puissant soit-il, n’est qu’un ponton au port. Ils font des exploits tous les jours pour faire tourner des machines parfois fatiguées en manquant de moyens…. Les autres journalistes des blogs défenses devraient s’en inspirer…. Les FS, pilotes de Rafales et de caïman, etc … c’est bien, ils font un travail hors du commun et fabuleux, c’est vendeur mais il n’y a souvent pas grand chose sur les commis, les mécaniciens aéros, les fourriers, infirmiers, etc, etc…. je ne vais pas lister toutes les spécialités de la marine ou des autres armes mais il y aurait de quoi faire pour que tous ceux qui servent « aussi » notre nation avec abnégation, courage et volonté sans faille d’être chaque jour dans l’excellence, ce sentent un peu plus considérés. Cela ne couterait pas grand choses et apporterait un soutien moral fort à nos militaires.

    Merci pour eux

    Nota: Cipal a raison!!

  6. Une hélice paumée ?… tant que l’arbre n’a pas suivi le mouvement ,ce n’est pas très gênant !

  7. Un énorme bravo à nos mécanos/logistique.
    Comme quoi derrière chaque intervention militaire, ici Mer mais aussi Terre, Air et autres Associés qui cartonnent et qui ramassent sans crédit, bravo et bon courage à vous tous.

  8. Sur cette génération de moteur, et sur l’actuelle, est’il toujours possible de travailler sur la culasse d’un cylindre en laissant les autres faire tourner le moulbif?
    .
    C’est toujours quand la chaudière tombe en panne au plus froid de l’hiver que l’on découvre les charmes du plombier!
    Après, faut ce méfier du plombier 😉 Mais vive le plombier!

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