Hausse des incidents sur les réacteurs nucléaires des sous-marins Astute de la Royal Navy

ambush-20160222En 2015, le nombre d’incidents signalés sur les réacteurs nucléaires des sous-marins d’attaque de type Astute, mis en oeuvre par la Royal Navy, a quasiment doublé par rapport à l’année précédente, passant de 12 à 21.

Au total, en 4 ans, ce sont 69 incidents qui ont été constatés, soit une moyenne de 17 par an et d’un toutes les trois semaines. Ces données [.pdf] ont été communiquées par le ministère britannique de la Défense (MoD), en vertu d’une loi sur la liberté et l’information, en vigueur outre-Manche.

La nature des incidents constatés n’a pas été précisée. Mais il s’agit « d’événements qui ont (ou aurait pu) conduit à une réduction de la sécurité nucléaire ou radiologique, ou qui font l’objet d’un retour d’expérience opérateur. »

Le problème est que seulement deux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) de la classe Astute ont été mis en service par la Royal Navy, le troisième lui ayant été livré qu’en décembre dernier. Et cela fait beaucoup d’incidents pour seulement deux bâtiments.

« La persistance de problèmes sur les réacteurs des sous-marins Astute ne les met pas seulement en danger lorsqu’ils sont en mer. Elle est susceptible d’entraîner une réduction du nombre et de la durée des missions, ainsi que l’étendue de leur zone d’activité », a commenté John Large, un ingénieur indépendant, sollicité par le quotidien Herald Scotland.

« Conformément avec nos règles de sécurité, nous enregistrons tous les incidents, même les plus mineurs, afin d’en tirer des leçons. Plus de 80 réacteurs nucléaires ont été mis en œuvre depuis 1963 en toute sécurité », a réagi un porte-parole du MoD.

Cela étant, la question de la sécurité des réacteurs nucléaires des sous-marins britannique revient de manière récurrente. En 2013,  Defence Nuclear Safety Regulator (DNSR) s’en était inquiété dans un rapport, lequel parlait de « danger à la fois pour les équipages et la population civile », en mettant l’accent sur le vieillisement des réacteurs des SNA de la classe Trafalgar.

L’an passé, le matelot Willam McNeilly avait défrayé la chronique en mettant un ligne un rapport dans lequel il dénonçait des manquements graves à la sécurité concernant la dissuasion nucléaire britannique, qui repose exclusivement sur 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de classe Vanguard. « Nous sommes tellement proches d’un accident nucléaire que c’en est effrayant et pourtant tout le monde a l’air d’accepter le risque », avait-il alors affirmé.

Photo : SNA Ambush (c) Crown Copyright 2012, OGL

37 commentaires sur “Hausse des incidents sur les réacteurs nucléaires des sous-marins Astute de la Royal Navy”

  1. Comme quoi avoir juste 4 SNLE c’est suffisent quand tout fonctionne, 6 aurait été plus sûr.
    Comme il était prévu en France avant de revenir à un format à 4.

    1. les gouvernements qui se succèdent ont torpillé depuis 20 ans le budget des armées ,ces cons là ne comprennent pas que 3 % du PIB est vital pour un petits pays comme le notre avec autant de côtes à surveiller ,les cons qui nous dirigent ne voient que le bout de leur nez et de leur métropole ,hors on a un littoral énorme ,et on a une frontiere avec le Brésil ,mais là aussi c’est pareil on réfléchit pas ….on taille des croupières aux ordres de Bruxelles ,il faut sortir ce pays des sangsue qui le pillent..

      1. Le probleme c’est moins Bruxelles que sa logique. On a des gens qui pensent gouvernance parapublique social ça coûte une fortune. Et ils prennent cet argent sur le régalien. Des clowns qui pensent gérer au lieu de gouverner.

      2. D’accord avec vous mais 2 % est utile pas 3%, la nation a du pognon à investir ailleurs pour redresser l’économie car si pas de croissance pas de pognon pour le budget donc la défense.
        CQFD

        1. 1€ investi dans la défense (investi dans la partie équipement , pas le fonctionnement) donne au moins 1€ de retour sur investissement au profit de l’économie française, par la vente à l’export ou l’investissement des entreprises. La Défense est le premier investisseur de l’Etat. Ce serait mieux si c’était un autre ministère, mais il faut croire qu’ils n’y arrivent pas et c’est ainsi.

        2. Notre industrie de défense reste une des plus performantes et créatrice de croissance à l’échelle de l’hexagone.
          Par ailleurs, entre millefeuille administratif, prestations sociales et éducation nationale, les secteurs où des peuvent faites en France ne manquent bien avant la défense porteuse de croissance technologique, industrielle et donc économique.

          1. oups…
            .
            « …Par ailleurs, entre millefeuille administratif, prestations sociales et éducation nationale, les secteurs où des économies peuvent être faites en France ne manquent pas; bien avant la défense porteuse de croissance technologique, industrielle et donc économique.

          2. Confronter défense, avec éducation national et millions de français sous le seuil de pauvreté, et ben je m’en cure les ongles de ceux qui veulent bouffer des radiations. 😆

          3. @Lanceur d’amertume:
            .
            Qui vous dit que tous les bénéficiaires de prestations sociales vivent en dessous du seuil de pauvreté et que l’Éducation Nationale (1er budget ministériel de l’état) ne gaspille pas vainement les ressources qui lui sont offertes au regard des ses médiocres résultats ?
            .
            Vous êtes plutôt un lanceur de naïveté qui connait forcément l’amertume face à la réalité 🙂 !

          4. Il y a une erreur, sans éducation nationale forte, pas de défense forte.

            Pour se protéger il faut savoir penser et réfléchir

        3. CQFD ?!
          on met plus 450 milliards dans la sécurité sociale, plus de 50 milliards dans les intérêts de la dette, au moins autant en gaspillage divers. La décentralisation coute une fortune. On met beaucoup plus d’argent dans des programmes peut ou pas rentable. L’éducation nationale coute une fortune pour des résultat toujours plus pourris. l’investissement dans l’industrie militaire c’est 1,6 euros de bénéfice pour 1 euro dépensé. Donc non c’est pas « CQFD ».

  2. Les incidents, anomalies et accidents nucléaires sont répertoriés selon une échelle, controversée (l’échelon de gravité le plus élevé ne l’étant pas assez encore parait-il… Et cette échelle étant destinée aussi à « communiquer » vers les populations et non pas « décrire » en soi la gravité réelle) mais néanmoins claire et stricte, de gravité dite INES (International Nuclear Event Scale).. Cela va du chiffon oublié sur un pupitre de contrôle (j’exagère, mais c’est pour montrer à quel point tout est visé et répertorié), un écart ou une anomalie sans conséquences, à l’accident majeur avec rejets et dégats considérables sur l’environnement. Cela concerne le civil. Dans le domaine militaire, je n’ai aucune idée de l’échelle appliquée mais j’imagine qu’on doit retrouver peu ou prou la même échelle d gravité. Ce qu’il faudrait savoir avant de faire caca mou pipi partout, c’est de savoir à quel niveau de gravité ces incidents se sont produits. Et avoir à l’esprit que certainement, même un léger incident, par sécurité, verra le sous marin rentrer à sa base

    1. Je trouve déjà inquiétant qu’ils communiquent les incidents des bâtiments militaire de cette catégorie, alors en plus décrire l’incident…

      1. En voulant être prudent, je me suis mal exprimé.

        Première question. Quelle est l’échelle de gravité des évènements nucléaires dans la Royal Navy ? Qu’est-ce que l’on considère comme « négligeable » et que considère t-on comme significatif ? Par rapport à l’échelle d egravité des incidents INES du civil ?

        Deuxième question. Sachant que tout écart par rapport aux procédures nucléaires est notifié, combien sont réellement significatifs ?

      2. C’est vrai que l’on est pas à une irradiation chromosomique près. Lire: »Les irradiés de la République », où on y apprend que les enfants de vos petits enfants risquent de naitre avec une couille en moins…

    2. C’est une question de politique : tout déclarer y compris l’insignifiant, car l’insignifiant peut révéler un vrai problème avant qu’il arrive.
      On force les gens à plus déclarer, les chiffres augmentent mais traduisent en fait une augmentation de la sûreté … pas 100% intuitif, je le conçois.

  3. 4 batiments pour une permanence de un à la mer. 6 unites permettent une permanence de 2 à la mer, comme ce fut le cas dans les années 80/90 avec les classes Redoutable M20/M4

  4. « ..sous-marins Astute de la Royal »
    « ..sous mains Vétustes de la Royale » eut été plus approprié 😉

      1. Ils sont pas vétustes en effet ils sont juste mal conçus dangereux pour leur équipages et l’environnement 😉

    1. Toujours à pleurnicher Thaurac…?
      Attention vous allez vous noyer dans vos larmes , dépêchez vous d’apprendre à nager !

      1. « Glavier »

        de Thaurac

        « ..sous-marins Astute de la Royal »
        « ..sous mains Vétustes de la Royale » eut été plus approprié 😉

        Si tu n’as pas vu que c’était un jeu de mot, va chercher ta mère pour que te refasse, tdc.
        De plus je ne vois pas pourquoi « pleurnicher » tu t’es encore beurré à l’huile de friture, t’en finit pas!

  5. C’est ptet pas de atlantique 2 mais des abeilles qu’on devrait leur fournir en soutien….

  6. De toute manière, les Britanniques ont du mal à croire à leur dissuasion depuis qu’ils ont compris il y a 5 ans que leur dépendance dans cette technologie à une autre nation était néfaste.
    Même pas sur que les réacteur nucléaires de ses sous-marins soient d’origine Britannique.
    Au fait on parle là de SNA et non de SLNE, ils n’emportent donc aucun missile porteur d’ogives.

  7. Ben la Royal Navy c’est plus ce que c’était. Après les STOBAR qui ont pas d’avions, voilà les sous-marins qui fuient du réacteur (oui oui des fuites du circuit primaire). Et encore s’il n’y avait que ça (pour ceux qui aime l’anglais enjoy) :
    http://www.theguardian.com/uk/2012/nov/15/hms-astute-submarine-slow-leaky-rusty
    https://www.defenseindustrydaily.com/astute-buy-britain-spends-big-on-its-next-submarines-07635/
    Mais bon il semblerait que ce soit le cas sur tous les SSN brits (article sous réserve) :
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/atom-heart-fucker-15-les-sous-141845

    1. @amaranthus:
      .
      Il n’est plus de question de STOBAR pour la Royal Navy depuis la la parenthèse de 2010 au sujet de CVF (qui pouvaient reprendre la version STOBAR développée pour la France) avec F-35C (voire de Rafale M pour les plus optimistes…) pour des GAe pouvant être mutualisés avec ceux de l’Aéronavale quand il était question de PA2 sur le modèle CVF-Fr.
      .
      Un rendez-vous historique, notamment à l’échelle européenne, manqué par les deux états et leur marine respective.

    1. Ils sont aux normes européennes. pendant la contruction du CdG, on a modifié deux fois le confinement des réacteurs parce que les normes avaient évolué. Sinon, il y a aussi du papier… 😀

    2. Le graphite , l’au lourde sont des modérateurs pour les neutrons, le plomb un écran
      Je pense qu’il y a du plomb dans le confinement et aux alentours…

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