La Turquie fera tout pour éviter un territoire autonome kurde dans le nord de la Syrie

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Ce qui se joue actuellement dans le secteur d’Azaz, dans le nord de la Syrie, peut être un tournant dans la guerre civile syrienne. Soutenues par l’aviation russe, les Unités de protection du peuple (YPG), c’est à dire les milices du Parti kurde de l’union démocratique syrien, allié du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) contre lequel Ankara est en guerre depuis 1984, continuent d’avancer dans la province d’Alep, en direction du canton d’Afrin.

Le contrôle de ce dernier leur permettrait d’assurer une continuité territoriale jusqu’à Derik (nord-est de la Syrie) en passant par Kobané. En clair, un possible État kurde pourrait s’affirmer à la frontière turque. Ce qui est inacceptable pour Ankara, qui veut empêcher les YPG de progresser à l’ouest du fleuve Euphrate.

En outre, il y a un autre enjeu à prendre en compte : celui de la capacité de continuer à approvisionner les rebelles syriens qui, bien qu’ayant les faveurs d’Ankara, comme Ahrar al-Cham, Liwa al-Fateh et Jabha Chamiyé, sont en grande difficulté face aux forces de Bachar el-Assad (aidées par l’aviation russe et les milices chiites soutenues par l’Iran) dans la bataille d’Alep.

D’où les tirs de l’artillerie turque contre les positions occupées par les milices kurdes syriennes dans le secteur de Minnigh, où, la semaine passée, elles ont pris le contrôle d’une base militaire en y chassant des groupes rebelles syriens soutenus par la Turquie. Or, cette localité est sur la route d’Azaz, et donc du canton d’Afrin…

Aussi, le gouvernement turc se veut intransigeant. Et cela, malgré l’appel des États-Unis et de la France à cesser les bombardements contre les milices kurdes syriennes étant donné que ces dernières combattent aussi l’État islamique (EI ou Daesh), contre lequel elles ont obtenus des succès militaires significatifs.

« Nous ne laisserons pas Azaz tomber. Les YPG (Unités de protection du peuple, les milices kurdes) ne seront pas autorisées à avancer vers l’ouest de l’Euphrate et à l’est d’Afrin », a ainsi affirmé, ce 15 février, Ahmet Davutoglu, le Premier ministre turc. Quant à la base de Monnigh, les miliciens kurdes syriens « doivent s’en retirer » sinon, a-t-il prévenu, « rendrons cet aérodrome inutilisable. »

Dans cette histoire, la Russie joue un rôle prépondérant, notamment en encourageant les YPG à pousser leur avantage dans le nord de la Syrie. L’objectif est d’isoler la province d’Alep en coupant le couloir d’Azaz qui la relie au territoire turc. D’où les propos peu amènes tenus par M. Davutoglu à l’endroit de Moscou. « Les YPG sont actuellement et clairement un pion de la volonté expansionniste de la Russie en Syrie », a-t-il lancé.

Plus tard, à Kiev, le Premier ministre turc est allé beaucoup plus loin. « Si la Russie continue de se comporter comme une organisation terroriste forçant la population civile à fuir, nous lui opposerons une riposte extrêmement résolue », a-t-il dit, lors d’une conférence de presse conjointe avec Arseni Iatseniouk, son homologue ukrainien. « La Russie et l’organisation de l’Etat islamique en Syrie sont coupables de nombreux crimes contre l’humanité. Et cette question doit être examinée dans le cadre du droit international », a-t-il insisté.

Le chef du gouvernement turc répondait à un communiqué publié plus tôt par le ministère russe des Affaires étrangères. Là aussi, on n’y pas allé avec le dos de la cuillière. « Moscou exprime sa plus grande préoccupation face aux actions agressives des autorités turques », affirme le texte, qui évoque un « soutien au terrorisme international » de la part de la Turquie, accusée de « continuer de faciliter l’entrée illégale sur le territoire syrien de nouveaux groupes de jihadistes et de mercenaires armés. »

Probablement qu’il est fait allusion à l’entrée, depuis le territoire turc, le 14 février, de 350 combattants de la faction islamiste Faylaq al-Cham venus renforcer les rebelles à Tall Rifaat, sous pression des milices kurdes syriennes.

« La Russie insistera pour soumettre cette question au Conseil de sécurité de l’ONU pour que soit clairement évaluée cette politique provocatrice d’Ankara, qui crée une menace pour la paix et la sécurité au Proche-Orient et au delà », ajoute le communiqué russe.

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