Après des exportations d’armes en nette hausse en 2015, la DGA a besoin de recruter

Comme attendu, le Délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon, a confirmé, le 10 février, que le montant des exportations françaises d’équipements militaires a doublé en 2015, pour atteindre les 16 milliards d’euros.

Pour M. Collet-Billon, qui s’est exprimé à l’occasion de la présentation du bilan annuel de la Direction générale de l’armement (DGA), l’année 2015 aura été « historique », notamment grâce aux deux contrats « Rafale » décrochés en Égypte et au Qatar mais également à d’autres marchés d’une valeur supérieure à 500 millions d’euros. Au passage, l’Afrique et le Moyen-Orient représentent 80% des exportations françaises d’équipements militaires.

Et, visiblement, cette tendance devrait se poursuivre en 2016. Du moins, M. Collet-Billon l’espère, en se disant « très optimiste » sur la vente de 36 Rafale à l’Inde (même si « on n’est pas encore au bout » car « il y a des voyages qui sont effectués très régulièrement par des équipes industrielles liées au Rafale et celles de la DGA », a-t-il dit) et aux Émirats arabes unis.

S’agissant de vente potentielle de l’avion de combat conçu par Dassault Aviation à Abu Dhabi, M. Collet-Billon a indiqué que la force aérienne émiratie demande « des évolutions du Rafale par rapport à celui dont nous disposons aujourd’hui qui sont des évolutions très significatives en terme de performances. Et il est évident que ces performances intéresseront également l’armée de l’Air française. »

Mais pour le DGA, l’année 2015 n’est pas seulement celle d’un « bon millésime » pour les ventes françaises d’armement : elle marque aussi « un changement d’échelle qui est radical ». En outre, a-t-il expliqué, ces exportations s’accompagnent d’une « tendance lourde » avec des clients qui « demandent un service (…) un véritable partenariat qui s’inscrit dans le long terme entre leur ministère de la Défense et les services du ministère de la Défense français ».

Aussi, la DGA, qui compte un peu plus de 9.000 personnels, est extrêmement sollicitée pour répondre à ces besoins et elle n’a, pour le moment, pas les effectifs suffisants pour y faire face, les déflations de postes subies par le ministère de la Défense avant 2015 l’ayant évidemment affectée. D’autant plus qu’elle n’a pas à s’occuper uniquement du soutien aux exportations : elle a aussi la charge de conduire les grands programmes d’armement destinés aux forces françaises et de soutenir la recherche et le développement.

D’où le besoin de la DGA de recruter dès cette année. Selon M. Collet-Billon, il faudrait créer 500 postes (hautement qualifiés) supplémentaires, dont 160 en 2016. Cette demande, justifiée sans être excessive, va compliquer la manoeuvre « ressources humaines » du ministère de la Défense, qui doit « dépyramider », c’est à dire réduire son taux d’encadrement pour limiter sa masse salariale.

Si le président Hollande a annoncé la fin des déflations d’effectifs dans la Défense, il n’est pas questions de créer de nouveaux postes. Tout est question de dosage entre les armées et les services et directions associés (DGA, DGSE, SSA, SEA, etc). Pour résumer, il faudra déshabiller Paul pour habiller Jacques afin de rester dans la limite des plafonds d’effectifs au niveau du ministère. Et cela alors que les armées (Air et Marine, principalement) sont aussi sollicitées pour le soutien aux exportations (SOUTEX).

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