Le Japon prêt à mettre le paquet pour remporter le marché des futurs sous-marins australiens

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Pour les constructeurs navals, le progamme australien Sea 1000 est l’un des contrats du siècle. En effet, il s’agit de fournir à la Royal Australian Navy 12 sous-marins à propulsion diésel-électrique ayant des capacités océaniques. Le tout pour un peu plus de 31 milliards de dollars.

Après quelques tergiversations, le gouvernement australien s’est décidé à lancer à un appel d’offres, auquel ont répondu l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), le français DCNS, qui propose le SMX Ocean, une version conventionnelle du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Barracuda, doté d’une propulsion anaérobie basée sur des piles à combustible de seconde génération (FC-2G) et, profitant de l’assouplissement récente des règles en matière d’exportation de matériels militaires, les industriels japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Kawazaki Heavy Industriels (KHI), qui produisent les submersibles de la classe Soryu.

Étant donné que l’ex-Premier ministre australien Tony Abbott, avait une préférence pour l’achat de sous-marins japonais dans le cadre d’une procédure de gré à gré, les industriels nippons ont cru qu’ils avaient la partie gagnée (ou bien ont-ils péché par inexpérience?). Seulement, le dernier changement de gouvernement à Canberra a redistribué les cartes… Et, visiblement, ils ne s’attendaient pas à devoir batailler ferme face à leurs concurrents.

Ainsi, en mars 2015, MHI et KHI n’envoyèrent aucun représentant au Future Submarine Sommet d’Adelaïde, alors qu’ils avaient été formellement invités à y participer.

Quelques mois plus tard, à l’issue de la visite d’une délégation emmenée par le général en retraite Takahashi Saito en Australie pour évoquer les sous-marins, il fut rapporté par la presse australienne que les industriels japonais « n’avaient visiblement pas pris la mesure des enjeux politiques du dossier et qu’ils semblaient avoir pris du retard sur leurs rivaux. »

D’où l’offensive médiatique menée par le vice-ministre nippon de la Défense, Kenji Wakamiya. Ainsi, dans les colonnes du quotidien The Australian, ce dernier a mis en avant que le Japon serait prêt à un important transfert de technologie au bénéfice de Canberra, notamment dans les domaines de la furtivité et de la discrétion des sous-marins. En clair, il s’agirait de donner à l’Australie le même statut qu’ont les États-Unis auprès du Japon.

Le Japon « ne partage habituellement la technologie de ses sous-marins de la classe Soryu qu’avec les Etats-Unis. Mais l’Australie est également considérée comme une alliée de confiance », a affirmé M. Wakamiya.

Cependant, les sous-marins Soryu ont un défaut de taille : s’ils sont effectivement très performants, ils comptent de nombreux équipements fabriqués sous licence, à commencer par leurs moteurs (fournis par le suédois Kockums).

« Soyez certains que cette décision est fondée sur le fait que le Japon considère l’Australie comme un partenaire de premier plan. Je crois qu’un projet conjoint pour construire les nouveaux sous-marins contribuera grandement à la sécurité maritime de cette région », a encore insisté le responsable japonais.

D’après les informations de The Australian, la partie japonaise est prête à allonger les sous-marins Soryu qu’elle propose de 6 et à 8 mètres et des les doters de batteries plus puissantes.

Par ailleurs, selon le Financial Times, certains, aux États-Unis, font campagne pour l’offre japonaise, craignant que des secrets militaires américains concernant des technologies devant équiper les futurs sous-marins australiens fassent l’objet de fuites si Canberra opte pour la proposition du constructeur naval français.

« DCNS est le fournisseur public français de technologies navales. Il utilise des systèmes et applique des procédures éprouvées qui protègent les informations sensibles déjà fournies par l’Australie », a répondu Sean Costello, le PDG de DCNS Australia.

En réalité, cet argument sur la protection de secrets industriels américains ne tient pas la route.

En effet, avant l’annonce du choix concernant les sous-marins, Canberra doit sélectionner le système d’armes qui les équipera. Deux industriels sont en course : Lockheed-Martin et Raytheon. Or, l’une des conditions fixées pour participer à l’appel d’offres australien était d’être préparé à travailler avec les trois constructeurs en lice pour fournir les sous-marins.

Aussi, assure le Financial Times, un « Japon – Australie sur un projet militaire d’importance soutiendrait les projets américains de créer un contre-poids au renforcement chinois dans le Pacifique. »

Cela étant, d’autres considérations sont à prendre en compte. Outre les capacités des sous-marins, il s’agira par exemple d’assurer une part importante de la fabrication des navires en Australie, où les chantiers navals d’Adelaïde sont à la peine.

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