Le contrôle politique de l’armée chinoise s’accentue

chine-20160208Depuis qu’il est arrivé au sommet du pouvoir, en 2012, le président chinois, Xi Jinping, fait le ménage dans les rangs de l’Armée populaire de libération (APL) et lancé une vaste réforme de structures en place depuis la création de la République populaire de Chine (RPC). Il s’agit ainsi d’avoir des troupes opérationnelles « capables de gagner une guerre à l’âge des technologies de l’information ».

Dans un premier temps, Xi Jinping qui, de par ses fonctions, est aussi à la tête de la puissante Commission militaire centrale (CMC), s’est attaqué à la corruption chez les plus hauts-gradés. Plusieurs généraux ont ainsi été arrêtés et limogés avant d’être remplacés par des officiers jugés proches du président chinois.

Ensuite, un autre chantier a été ouvert : celui de la transformation de l’APL, avec, à la clé, une réduction des effectifs à hauteur de 300.000 hommes… et un contrôle toujours plus accru de la Commission militaire centrale, laquelle a ainsi pris en charge, depuis le 1er janvier, « l’administration globale de l’Armée populaire de Libération, de la Police armée populaire de Chine, des milices et des réservistes. »

Trois nouvelles formations ont été créées dans la foulée, dont un commandement général pour la composante terrestre de l’APL, placé sous le contrôle direct de la CMC, une force « d’appui stratégique » chargée de l’espace, du cyberespace, du renseignement, de la guerre électronique et des opérations psychologiques ainsi qu’une « force des fusées ».

Cette réforme de l’APL passe également par la refonte des régions militaires du pays, leur nombre ayant été réduit de 7 à 5. La semaine passée, les commandants de ces nouveaux secteurs (Nord, Sud, Est, Ouest et Centre) ont reçu leur étendard des mains du président Xi Jinping, à qui ils rendront directement compte.

Ces régions militaires disposeront des capacités nécessaires pour faire face à des missions particulières. Ainsi, celle de l’Ouest, qui englobe notamment la province du Xingjiang, majoritairement musulmane, proche des foyers de menaces en Asie centrale et théâtre d’incidents meurtriers réguliers, se penchera davantage sur le contre-terrorisme tandis que les secteurs Est et Sud se concentreront sur les différents maritimes en mer de Chine méridionale, dont Pékin revendique la souveraineté sur sa quasi-totalité.

« Les officiers des cinq théâtres d’opérations se sont engagés à établir des agences de commandement de combat conjoint ‘absolument loyales, ingénieuses dans les combats, efficaces en matière de commandement, courageuses et capables de remporter des guerres' », rapporte le Quotidien du Peuple (émanation du Parti communiste chinois).

Pour le Quotidien de l’APL, cette réorganisation est une « étape historique » qui permettra de passer à des régions militaires aux rôles « imprécis » à une « chaîne de commandement plus effficace ».

Pour Song Zhongping, un expert militaire cité par le Global Times, cette réforme des structures de l’AP vise avant tout à « renforcer l’autorité de la CMC en évitant la formation de cliques au sein de l’armée ».

En outre, la CMC devrait bientôt compter une nouvelle « commission de discipline et de contrôle », dont la direction pourrait être confiée au général Liu Yuan, un ami d’enfance de Xi Jiping. Son rôle sera d’inspecter les états-majors, les unités et ces nouvelles régions militaires.

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