Pas de pénurie de bombes à moyen terme pour l’aviation française

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27 contributions

  1. mustard dit :

    En meme temps, quand on voit la dernière attaque de Daesh sur les Kurdes, qui ont eu pour résultat de voir 187 jihadistes tués par les bombardement de la coalition lors de 100 frappes, ce qui connes 1 bombes guidés laser pour 2 ennemis morts, on a de quoi se dire qu’on gaspille nos bombes pour rien. A 300.000e la bombes ça fait cher le jihadiste. Vu qu’il y en a encore entre 30.000 et 100.000 on peut s’inquiéter de tomber rapidement à sec d’armement.
    Et si finalement les armes les plus efficace étaient les A10 et C-130 gunship. On a vu des A-10 détruire une colonne entière de camion citerne (alors qu’il aurait fallu 20 bombes laser pour en faire autant) et j’ai aussi vu une vidéo embarqué d’un C-130 gunship liquider un camp entier de jihadistes sans laisser de survivant en 5mn alors qu’il aurait fallu 5 ou 6 bombes pour le meme résultat.
    Bref, le bombardement c’est bien contre les batiments, les blindés, mais contre le personnel au sol c’est pas terrible. Ca fait cher pour un maigre résultat.

    • Linkin623 dit :

      Ah ce bon vieux A-10… Moi aussi je l’aime bien, mais on peut pas le mettre partout, hélas !
      C’est que cette bestiole, ça vole en formation de 2, avec au dessus 2 autres avions de supériorité aérienne, ainsi qu’au moins un avion « tour de contrôle », et un avion de guerre électronique.

      Au final ça coûte largement plus cher à déployer que deux F18 ou F16, avec quelques bombes guidées (GPS / laser) qui font qu’on seul passage, de préférence à une altitude confortable pour éviter les tirs de MANPAD.

      Même si l’efficacité est inférieur à ce canon volant, ou à une canonnière volante, les conditions de déploiement sont plus contraignants, et engagent plus d’appareils.

      Sans compter sur l’impact politique d’un avion US abattu…

      Par contre si vous avez un lien vers la vidéo en question de l’AC-130, je prends !

      • Kouak dit :

        « C’est que cette bestiole, ça vole en formation de 2, avec au dessus 2 autres avions de supériorité aérienne, ainsi qu’au moins un avion « tour de contrôle », et un avion de guerre électronique. »

        Les appareils d’escorte et d’appui immatériel sont aussi présents même quand ce sont des chasseurs qui sont employés.
        Quant à la question des risques, c’est un… F-16 qui est tombé et dont le pilote a été capturé et exécuté.

    • Dudule dit :

      Le problème dans ces stats c’est que l’on a pas le nombre de blessés. L’effet de souffle ça démembre, ça abîme, en général on a 2 fois plus de blessés que de morts.

    • Stilgar dit :

      L’adresse de la vidéo du C-130 ?

    • Artaban dit :

      Ce que vous dites rejoint mes réflexions. Dans ma période d’activité j’ai connu , en tant que terrien, l’armée de l’air des années 1980. Bien sûr que ces bombes guidées laser sont un progrès considérable pour détruire un objectif très ponctuel . Mais je suis beaucoup plus sceptique sur des troupes ou des dépôts de munitions ou de matériel étalées sur le terrain. Evidemment à l’époque on survolait l’objectif (500 nœuds, 300 pieds) avec les risques afférents.

    • Maotchao dit :

      Une bombe ne coûte pas 300 000€
      Notre AASM coûte exactement 167 300€ l’unité, il convient d’arrêter d’y inclure le coût de son développement sur son coût unitaire.C’est comme le rafale, il ne coûte pas 150 millions€ l’unité.
      Sachez que l’on utilise très peu, voir pas du tout d’AASM, l’essentiel des bombes utilisés sont des bombes d’origine américaine GBU.Le prix d’une GBU-12, la plus largement utilisé est d’environ 20 000€.
      On ne fait pas la guerre en comptant l’argent, mais en comptant les victoires et les morts.Il n’existe pas de guerre low cost.Votre exemple pour les A-10 marche dans certains cas et il n’y a pas des colonnes de camions citernes a l’arrêt a détruire tout les jours, ni même les fameuses colonnes de pick up roulant en formation au milieu d’un beau désert.Vu du ciel, les combattants au sol sont invisibles ou presque, les avions doivent être aiguillés depuis le sol afin d’obtenir du renseignement, de désigner les cibles, on doit utiliser des fumigènes pour ne pas se faire allumer par un A-10 qui frappera un peu au hasard, c’est beau ça envoie, mais l’efficacité ce n’est pas celle d’un champ de tir avec un char au milieu d’une plaine.
      Vous dîtes que 100 bombes pour tuer 187 types c’est du gaspillage inutile, certes, mais vous oubliez que ce gaspillage inutile fait que des personnes comme vous comptent de l’argent plutôt que des vies. 100 GBU-12, c’est 2 millions d’€, combien coûte par jour le déploiement de 1000 hommes au sol? aux alentours de 2 millions sans doute plus (200€ par gars solde + vivre + logistique etc).Et quand ça pète vous pensez qu’en envoyant une quinzaine de missiles eryx ou milan a 15 000€ pièce(presque une GBU-12 pour dire…) , de tirer une trentaine d’AT4CS a 1500€ l’unité, a balancer 40 obus de mortier a 400€ chacun, a balancer des dizaines d’AP/AV et de grenades a main, utiliser des dizaines d’obus de 105mm et de 155mm ainsi que des milliers de munitions de 5.56/ 7.62/ 12.7, tout ça pour pouvoir affronter une offensive de 500 types en leur infligeant le même bilan, avec un risque accru de pertes, serait ce vraiment moins cher? Car les combats au sol, c’est ça aussi, ça envoie un max et une force terrestre ça coûte cher, ça comporte des risques.
      Les médias français adorent chercher ces scandales financier qui n’en sont pas réellement
      Oui une bombe peut sembler coûter cher d’un certain point de vue, celui qui ignore le coût du reste.Pour le commun des français, 50 000€ c’est une somme énorme, mais il faut bien se mettre dans la tête que ce n’est rien pour le budget d’un pays.
      On dépense environ 1 milliard pour les opex, imaginez qu’on utilise 1000 bombes (ce qui est beaucoup) a une moyenne de 50 000€ l’unité, on a 50 millions pour des bombes, est ce vraiment ruineux pour des dépenses de près d’un milliard en opex? Est ce vraiment les bombes qui plombent les budgets? est ce que ce n’est pas les personnels qui coûtent un max?

      • Clavier dit :

        Comme vous dites :  » ce n’est rien pour le budget d’un pays »….mais à condition de fabriquer chez soi….!

      • MP3 dit :

        Je vous rejoins sur le prix des munitions qui est exagéré par certains.
        Ceci étant dit, comparer des coûts n’a pas beaucoup de sens tant qu’on ne parle pas d’effet stratégique associé.
        Les guerres débutent et se terminent toujours au sol, l’engagement débutent forces terrestres est donc inévitable… si l’on veut vraiment essayer de régler le problème.

        • Maotchao dit :

          Mais MP3, les troupes au sol ne sont peut être pas françaises, mais il y en a et nous soutenons ces troupes de l’armée irakienne et des Peshmergas.
          Là aussi, il faut sortir du cliché qu’il n’y a que des bombardements.
          Notre participation c’est l’aviation, au sol, ça progresse.Ce matin l’armée irakienne est entrée dans Ramadi, le mois dernier les Kurdes ont repris Sinjar et ils se préparent pour Mossoul.
          Il faut arrêter de se regarder le nombril (notre part) et regarder plus globale.Nous sommes intervenus suite a un appel de Bagdad, c’est donc une aide qu’on apporte et non pas une force de substitution qu’on impose.

      • hd55 dit :

        Tout à fait d’accord Maotchao, raisonnement pragmatique et réaliste. De plus le FAC au sol (kurde pour le cas sité, US, GB ou français….) ne prend heureusement pas en compte le coût lorsqu’il fait une demande de CAS, s’il demande c’est justifié!!!

      • Mobius dit :

        Commentaire super intéressant et intelligent. Merci pour ces précisions et cette remise en contexte.
        Cela dit, je m’interroge sur un point, et vous pourrez peut-être m’éclairer : pour moi les « corps de bombes » et les kits de guidage sont 2 sujets distincts. Donc quand on donne le prix d’une AASM ou d’une GBU-12, on parle de l’ensemble bombe+kit de guidage ou bien seulement kit de guidage?
        L’article parle de la fourniture des corps de bombes dans différents pays, mais au final, le kit reste celui produit par Raytheon… donc fournit exclusivement par les US, non?
        Par ailleurs, pourquoi la question de l’autorisation d’exportation se pose avec nos voisins européens et pas avec les Etats-Unis? Je vois quand même difficilement l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne refuser de nous exporter de l’armement. Déjà, la France aurait tout loisir de renvoyer l’ascenseur à une autre occasion , et en plus sur le plan politique ça ferait assez mauvais genre sachant que la France a invoqué l’article 42-7 de défense commune de l’UE, auquel ces pays ont répondu favorablement. Pour moi le sujet est pris dans le mauvais sens : faute de production en France de ces bombes, la préférence européenne devrait jouer, et le recours à la production américaine ne devrait être qu’une solution de secours.

  2. behemoth dit :

    et à long terme?

    • Alpha dit :

      Et bien si il y a un long terme, les forces armées commanderont les munitions dont elles ont besoin …
      C’est un peu comme un commerçant, à la moitié de son stock, il passe une commande et il complète !…

  3. Romulus dit :

    Après les munitions et les armes de petits calibres (voir un précédent article sur ce blog), voici maintenant que nous risquons de perdre la filière « bombe ». Mais ne vous inquiétez pas, certains sur ce blog vous expliqueront que ce n’est pas grave, que l’indépendance nationale est un combat d’arrière garde, que faire des bombes n’est pas rentable en France, etc…
    Ils ont bien appris leurs leçons et ils nous la récitent régulièrement…
    Je leur répond que si on supprimait tout ce qui n’est pas rentable, il faudrait aussi raser ou vendre aux Chinois le château de Versailles (qui est déficitaire) et aussi notre dame de Paris. Et qu’un euro investi dans nos filières d’armement est un euro utile, il crée ou maintient des emplois et nous rend plus fort dans un monde qui va devenir de plus en plus dangereux (dans cet article il bien confirmé que tout le monde réarme). Peut on en dire autant de la plupart des milliards dilapidés par nos gouvernements ?

    • Orion dit :

      Le problème n’est pas tant d’avoir ou non des bombes française, le problème est d’avoir le savoir faire national en cas de besoin (monter une infrastructure sera beaucoup plus simple que de regagner un savoir éparpillé), c’est une légère nuance qui a toute son importance et que peu de gens comprennent.
      Dans cette nuance le principe de « rentabilité » ne devrait pas rentrer en ligne de compte, et l’on devrait produire un minima de nous même pour être capable le jour J d’être autonome au besoin, le problème est que les militaires comprendraient cette réflexion, les économistes et je-m’en-foutiste non…

    • Vince dit :

      – On peut dire que vous en êtes un.
      – Un quoi ?
      – Un vrai chef.

      Qu’est ce que ça va être le jour on où va acheter nos rangers chez les Allemands (horreur, abomination, chiffre de la bête).
      Des fois que des semelles made in france se décolleraient par 40° à l’ombre…
      Bon, le tout, et c’est bien connu depuis les années 70, c’est qu’il ne manque aucun bouton de guêtre, et surtout qu’ils soient tous made in France.
      Il y en a qui, pour un prix supérieur, serait prêt à acheter de la merde fabriqué en France plutôt que le meilleur de l’étranger. Allez comprendre.

      • Romulus dit :

        @Vince
        Je parle de bombe et vous parlez de rangers,.. est ce bien sérieux ? Nos bombes sont-elles de mauvaise qualité ? En tout cas, ceux qui les ont pris sur la gueule ne s’en sont pas plaint 😉
        Et pour votre info, la qualité n’est pas liée à une nationalité, j’ai vu matos allemand tout pourri et du matos chinois ou italien nickel. La qualité, c’est juste le prix que l’on veut y mettre et le choix de bons fournisseurs. Sortez de chez vous, en France, il y a plein de PME avec des patrons motivés et dynamiques, des ingénieurs innovants et des ouvriers consciencieux qui aiment le travail bien fait (oui oui il en reste) et qui n’attendent que des commandes…

    • Kinowa dit :

      @ Romulus,
      Entièrement d’accord avec vous. Notre industrie d’armement, comme le reste, fout le camp et nos dirigeants s’en foutent complètement. On a les dirigeants qu’on mérite.

  4. Wrecker47 dit :

    Des commandos déposés par Hélicos faisant un aller-retour avec des mortiers bien guidés c’est pas mal non plus …çà doit coûter moins cher ,et le résultat souvent équivalent contre du personnel non enterré!

  5. jp dit :

    C’est l’intensité des bombardements qui comptent…Question Combien de frappe par semaine pour l’armée de l’air française…?, Ce qui compte c’est le rapport cout efficacité, non? Quand on regarde des SU25 SU24 SU34 et Mi divers…il y a une vrai complémentarité…Nous ne sommes pas en guerre contre l’EI ceci c’est de la com, où sont les gazelles les tigres etc…c’est pas en balançant 3 crottes par ci par la…que cela changera les choses…tout militaire un tant soit peu sérieux le sait…Une guerre sans troupe aux sols à appuyer…c’est pas une guerre pour gagner…comment reprendre du terrain…? etc…etc..

    • Khay dit :

      Vous voulez dire, en ignorant le fait que l’EI perd effectivement du terrain aussi bien par l’Est que par l’Ouest ces dernières semaines, puisqu’il y a effectivement des troupes au sol aussi bien sur le front Syrien qu’Irakien ?

  6. ALAIN dit :

    Quarante cinq ans de laxisme, lâcheté, incompétence, de refus d’évolué et de s’adapté au monde, de s’accrocher aveuglément aux acquis et a une administration pléthorique et ruineuse, avec des syndicats extrémistes et aux ordres d’idéologues, du refus généralisé de prendre des risques, plus un peuple maintenue dans le brouillard par un lavage de cerveaux a grande échelle des le plus jeune age par un systeme éducatif qui et a lui seul une honte et un scandale absolue, ajouter y la peur ou l’ignorance des électeurs formaté a longueur de journée par des médias subventionnés et aux ordres, (on a vu aux dernières élections), qui continuent de voté élections après élections pour les mèmes menteurs, naufrageurs et profiteurs qui entrainent le pays vers le fond de l’abime, et sans doute vers une révolte ou guerre civile.
    Mais on a les priorités que l’on méritent, au lieu de garantir l’emploie et les compétences des fabricants de bombes, ainsi que les chiffres d’affaires et bénéfices qui vont avec, on préfèrent des politiciens qui dépensent pour les petits fours et réceptions, et pour les réfugiés (envahisseurs) qui débarquent chaque jour.
    Ce pays et foutu, le point de non retour vers une situation normal, sans dommages et violences et malheureusement dépassé depuis longtemps.

  7. Zayus dit :

    @mustard :
    .
    « … quand on voit la dernière attaque de Daesh sur les Kurdes, qui ont eu pour résultat de voir 187 jihadistes tués par les bombardement de la coalition lors de 100 frappes, … »
    .
    Vous êtes décidément nombreux à mettre ce bilan en parallèle avec les frappes même si ces dernières y auront contribué au cours de ces combats.
    Observons que :
    – 1 – Ces 187 morts sont aussi le fait des peshmergas présents sur le terrain, qui restent de facto les seuls à pouvoir compter les morts en comptant aussi dans leurs propres rangs. Quid des blessés et des possibles prisonniers jihadistes pris par les kurdes…
    .
    – 2 – 187 correspond au nombre de cadavres récupérables et récupérés. Rien ne dit donc que ce premier bilan était définitif …
    .
    – 3 – Remarquons que les islamistes (tout comme les talibans en Afghanistan) cherchent à récupérer autant que possible leurs morts. Les abandons de morts sont donc synonymes de replis précipités ou brusques débandades.
    .
    – 4 – Il sera donc difficile d’avoir un bilan sur les blessés qui sont autant de personnels mis hors de combat, parfois définitivement.
    .
    – 5 – Il faut éviter d’interpréter ces bilans en se basant sur un rapport « nombre larguées/nombre de morts », qui génère un prisme déformant de la réalité. L’idée reçue que les alliés contre daech en Irak et en Syrie en sont à verrouiller une bombe guidée pour chaque hère djihadistes qui galope sur le terrain cherchant à fuir son funeste destin, n’est que fantasme.
    .
    Même si elle compte évidemment parmi les moyens de la victoire, l’élimination des personnels djihadistes n’est pas forcément la priorité.
    Et en l’occurrence lors de ces combats ici évoqués dans la région de Mossoul (entre Tal Aswad, Bachiqa et Nawaran) la priorité était de repousser l’offensive de daech qui avait pénétré les lignes kurdes.
    Il s’agissait donc que de frappe de type CAS pour soutenir la défense des positions statiques kurdes.
    Les frappes étant certainement coordonnées par les JTAC occidentaux présents parmi les peshmergas. Ces JTAC n’ayant pas d’accès au delà des positions kurdes, il ne s’agissait donc pas de « faire du chiffre » en poursuivant les djihadistes dans leur repli.
    .
    .
    Suite aux différentes batailles de Baïji à Sinjar, la complémentarité des troupes kurdes au sol combinée au support des forces aériennes alliées démontre une fois de plus une efficacité qui met daech en échec.
    .
    Suite au déclenchement de l’opération Inherent Resolve, mis à part le sauvetage de Bagdad et du sud l’Irak, il fut pendant plusieurs mois difficile de lire des succès alliés contre daech qui semblait au moins avoir figé ses positions.
    On pouvait être pour moins critique de cette action alliée…
    Mais s’obstiner à critiquer les frappes alliées même quand celles-ci mettent daech en échec ne fait que révéler une vision subjective de la réalité.
    Daech recule au nord, à l’est et au sud de l’Irak et finira probablement par refluer au nord-ouest vers la Syrie…

  8. sentinelle dit :

    bravo romulus
    Remus

  9. Henri Monnier (1799-1877) dit :

    « La stratégie, ça consiste à continuer de tirer pour faire croire à l’ennemi qu’on a encore des munitions ».