Suppression de la JDC, cadets de la Défense et refonte de la réserve : les propositions choc de deux députés

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Avec les classements des hôpitaux, la franc-maçonnerie et les prix de l’immobilier, la presse hebdomadaire généraliste à ses marronniers. Celle qui traite des affaires de défense a aussi les siens, comme par exemple le retour du service militaire.

À chaque crise, des responsables politiques proposent de le rétablir, oubliant les raisons qui ont conduit à sa suspension, décidée par le président Chirac en 1996 pour mieux souligner sa dimension sociale et civique. Le tout avec une pointe de nostalgie.

Or, dans les années 1990, la conscription ne répondait plus aux besoins opérationnels des forces armées et nombreux étaient ceux qui cherchaient à s’y soustraire. En outre, le taux d’exemption avait fini par atteindre des niveaux élevés (53% chez les jeunes de faible niveau scolaire) pendant que des formes civiles du service national se développaient (39.000 appelés concernés en 1996). En clair, le passage sous les drapeaux n’était plus forcément synonyme de cohésion nationale.

La seule obligation qu’ont les jeunes français à l’égard du Service national est de participer à une Journée Défense Citoyenneté (JDC) qui, selon les députés Marianne Dubois et Joaquim Pueyo, qui viennent de rendre un rapport sur ce sujet, n’a « aucune utilité » dans la mesure où ce n’est pas en quelques heures qu’il est possible d’aborder les enjeux de la Défense, qui, par ailleurs, ne sont évoqués que succintement pour faire la place à d’autres thématiques.

« Nous sommes attachés aux rites républicains, la JDC n’en est pas un », a lancé Mme Dubois, lors de la présentation du rapport en question à ces collègues de la commission de la Défense.

L’alternative serait donc, affirment les deux rapporteurs, de renforcer l’enseignement sur la Défense, lequel ferait l’objet d’une épreuve obligatoire dans tous les exames de fin de parcours scolaire (brevet, Baccalauréat, CAP, etc). Et il faudrait également veiller à faire en sorte que les élèves visitent une unité militaire  moins une fois au cours de leur scolarité.

La suppression de la JDC permettrait d’économiser quelques 100 millions d’euros qui pourraient être réinvestis d’une manière plus efficace. Ainsi, à la place, les deux députés proposent un programme de « cadets de la défense » pour les jeunes gens âgés de 12 à 18 ans, qui auraient ainsi l’occasion de recevoir une formation civique tout en pratiquant des activités sportives dans un cadre militaire.

Un tel système existe au Canada : environ 50.000 jeunes, encadrés par 5.000 militaires, intégrent le « Mouvement des cadets », organisé selon 3 branches (Aviation, Marine, Armée), et se voient proposer des activités en rapport avec le domaine qu’ils ont choisi (apprentissage de la navigation maritime, initiation à l’aéronautique, etc…).

Par la suite, selon la proposition faite par Marianne Dubois et Joaquim Pueyo, ces cadets auraient la possibilité d’intéger une préparation militaire dès l’âge de 16 ans. Ce programme serait financé sur le budget de la Direction du service national, à qui il reviendrait de créer une « administration de soutien ».

S’agissant des réserves, les deux députés soutiennent la volonté du président Hollande de créer une « garde nationale », qui fait l’objet actuellement de travaux au sein du ministère de la Défense, et proposent une refonte complète du dispositif en vigueur.

« La réserve n’a de sens que si elle est organisée territorialement, constituée en unités, avec pour mission prioritaire la défense du territoire national », a fait valoir M. Pueyo.

« On peut se cacher derrière des dispositions législatives insuffisantes, regretter l’absence de culture de la réserve dans les entreprises… Mais le fond du problème n’est pas là », a estimé le député-maire d’Alençon. « Sans doctrine d’emploi claire, sans ressources budgétaires et sans entraînement, nos réserves ont beaucoup de difficultés à être visibles et à être efficaces. C’est tout le modèle qu’il faut revoir », a-t-il plaidé.

« Nous souhaitons donc une réserve organisée sur une base territoriale, avec des régiments présents partout, y compris dans les déserts militaires, avec un objectif : protéger notre territoire », a ajouté M. Pueyo.

Seulement, a-t-il continué, et c’est là que la bât blesse, « cela suppose un effort financier sans précédent mais aussi une réorganisation complète de la gestion et des formations ».

Ainsi, les deux rapporteurs proposent, par exemple, de « supprimer le volontariat » dans les armées, qui ne concerne que peu de monde, et de « mettre en place des modules de formation à temps complet pendant 6 mois ou un an » qui pourront être valorisés dans le cadre d’un cursus universitaire.

« Le statut du réserviste doit être repensé pour passer facilement d’un statut à temps partiel à un statut à temps complet pour quelques semaines voire quelques mois, comme cela se fait au Canada », a poursuivi M. Pueyo.

La réserve citoyenne deviendrait, si les propositions du rapport sont retenues, une « réserve honoraire », avec pour missions le suivi de l’enseignement « Défense » et le « rayonnement » des régiments et autres unités.

Une autre piste avancée par les deux députés est de fusionner le Service militaire adapté (SMA) et le Service militaire volontaire (SMV) pour créer un « service militaire pour l’emploi », placé sous la responsabilité du ministère de la Défense et dont l’action serait coordonnée avec celle des EPIDE (Établissement public d’insertion de la Défense).

Enfin, ce service militaire pour l’emploi, le dispositif des cadets de la défense et la « réserve honoraire » dépendraient, sur le plan budgétaire, du programme 167 « Liens entre la Nation et son armée ». Leur gestion serait assurée par un « secrétariat d’État au Service national et au monde combattant », lequel remplacerait ainsi l’actuel « secrétariat d’État aux Anciens combattants ».

Ces propositions paraissent intéressantes, voire très pertinentes. Mais pour des raisons budgétaires, il est à craindre de voir certaines passer à la trappe, à moins qu’il y ait une volonté politique claire d’arriver, par exemple, à former une garde nationale.

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