Peu après le feu vert du Parlement britannique, la RAF frappe Daesh en Syrie

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Ce n’était pas gagné d’avance tant les réticences étaient nombreuses, aussi bien du côté des conservateurs que celui des travaillistes. Mais le Premier ministre britannique, David Cameron a finalement obtenu, le 2 décembre, le feu vert du Parlement pour étendre les opérations de la Royal Air Force (RAF) à la Syrie pour frapper les positions de Daesh.

Jusqu’à présent, et même si elle a effectué une frappe ciblée en Syrie pour neutraliser deux ressortissants britanniques impliqués dans un projet d’attentat, la RAF ne pouvait qu’intervenir en Irak, dans le cadre de l’opération Shader.

Le gouvernement britannique souhaitait frapper Daesh en Syrie depuis juillet, notamment après l’attentat de Sousse, lequel a coûté la vie à 30 touristes originaires d’outre-Manche.

Mais pour cela, il fallait donc solliciter le Parlement, ce qui n’était pas une mince affaire quand l’on songe à son refus, exprimé en septembre 2013, d’engager la RAF dans une opération visant à « punir » le régime de Bachar el-Assad, alors soupçonné d’avoir été à l’origine d’une attaque chimique sur le quartier de la Ghouta, dans la banlieue de Damas.

Début novembre, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des communes avait rendu un avis défavorable au projet de frapper Daesh en Syrie, au motif que « rendre la situation militaire encore plus complexe nous détournerait du principal objectif qui est de mettre fin aux souffrances et de contrecarrer la propagation de cette idéologie dangereuse, barbare et régressive. »

Pour autant, M. Cameron n’a pas ménagé ses efforts pour convaincre de la nécessité de frapper Daesh en Syrie, comme le font les forces aériennes françaises, australiennes et américaines.

Et les attentats de Paris, revendiqués par l’organisation jihadistes ont fait bouger les lignes. « Nous devons répondre à l’appel de nos alliés. L’action que nous proposons est légale, nécessaire et c’est la bonne chose à faire pour la sécurité de notre pays », a plaidé M. Cameron, en ouvrant le débat. « Nous ne sommes pas en 2003. Nous ne devons pas utiliser les erreurs du passé comme excuse à l’indifférence et à l’inaction », a-t-il aussi fait valoir, en référence à l’affaire irakienne.

Finalement, après 10 heures de discussions parfois âpres, le locataire du 10 Downing Street a obtenu ce qu’il voulait : 397 députés ont voté en faveur de l’extension des opérations britanniques à la Syrie et 223 ont affiché leur opposition. Hostile aux frappes, le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, un pacifiste convaincu, n’avait pas donné de consigne de vote, afin d’éviter de perdre son autorité sur ses troupes.

Peu après ce vote, les avions Tornado GR4 déployés sur la base aérienne d’Akrotiri (Chypre) n’ont pas tardé à entrer en action. Quatre d’entre eux ont effectué des frappes contre des installations pétrolières contrôlées par Daesh en Syrie.

« J’ai approuvé hier une série d’objectifs situés dans les champs pétrolifères d’Omar, des têtes de puits (…). Les Tornado ont frappé avec succès ces objectifs-là », a précisé Michael Fallon, le ministre britannique de la Défense.

Dans un communiqué publié le 3 décembre, l’Élysée a fait savoir que le président Hollande « salue les premières opérations aériennes britanniques sur la Syrie intervenues ce matin immédiatement après le vote obtenu hier soir par une large majorité au parlement ».

Et le texte d’ajouter : « Après la décision du conseil des ministres allemand, qui doit être confirmée par le Bundestag demain, c’est une nouvelle réponse à l’appel à la solidarité des Européens qu’il avait lancé le 16 novembre. »

Les moyens déployés par la RAF pour les besoins de l’opération Shader sont assez conséquents, avec 8 Tornado GR4, 10 drones MQ-9 Reaper, 4 hélicoptères de transport Chinook, des avions de transport (C-130 Hercules, C-17A Globemaster III) et de renseignement (Sentinel R1, Shawow R1, RC-135W, AWACS) ainsi qu’un ravitailleur Voyager KC3 (A330 MRTT).

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