Centrafrique : Un hélicoptère Tigre engagé dans des combats contre des miliciens de l’ex-Séléka à Sibut

Alors que Bangui, la capitale centrafricaine, est redevenue relativement calme après des violences qui ont fait plus de 60 tués, fin septembre, des combats ont opposé des éléments de l’ex-coalition rebelle de la Séléka à la force française Sangaris et aux casques bleus de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca), dans la région de Sibut, les 10 et 11 octobre.

Il y a quelques semaines, des combattants appartenant probablement au Front Populaire Pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC), une faction de l’ex-Séléka dirigée par Nourredine Adam, ont quitté les positions qu’ils occupaient à Kaga Bandoro, dans le nord du pays, pour tenter de rejoindre Bangui.

Un temps bloqués à Dékoa, ils ont finalement réussi à contourner le dispositif mis en place par la Minusca et à avancer en direction de Sibut, ville située à 180 km au nord de Bangui.

Des négociations pour empêcher ces miliciens de continuer leur route vers la capitale centrafricaine ont alors été entamées par les casques bleus.

Et comme ces dernières n’ont rien donné, il a donc fallu recourir à la force pour empêcher le convoi de cette faction de l’ex-Séléka, composé d’environ 150 à 200 hommes, de continuer son chemin, l’axe passant par Sibut, Grimari et Bambari devant rester infranchissable pour empêcher toute infiltration vers Bangui.

C’est ainsi que la Force Sangaris, qui a conservé un point d’appui à Sibut, a été sollicitée par la Minusca le 10 octobre. L’engagement d’au moins un hélicoptère d’attaque Tigre a même été nécessaire.

« Hier (samedi), nous avons reçu de la Minusca une demande de soutien sur l’axe Sibut/Grimari où des groupes armés, probablement de la mouvance ex-Séleka, tentaient d’avancer vers Sibut », a expliqué, le lendemain, le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l’État-major des armées (EMA), à Paris.

« Nous avons dépêché un hélicoptère Tigre, qui a riposté à des tirs d’armes légères d’un des groupes armés. Depuis, la Minusca ne nous a pas demandé d’appui supplémentaire », a ajouté le colonel Jaron, qui n’a pas donné le bilan de cet accrochage. Mais d’après RFI, « d’importants dégâts humains et matériels » sur le convoi de l’ex-Séléka auraient été constatés.

Le lendemain, une source militaire a indiqué auprès de l’AFP que « la situation était désormais sous le contrôle des forces internationales qui mènent des opérations de ratissage après avoir mis en fuite les ex-Séléka ».

Ces combats ont eu lieu alors que des motivations politiques ont été avancées par les autorités de transition centrafricaines pour expliquer la récente flambée de violences intercommunautaires qui a endeuillé Bangui. Des élections présidentielles et législatives devraient avoir lieu prochainement (reste à savoir quand….) en Centrafrique, où le Pape François est attendu en novembre.

Pour rappel, environ 900 militaires français sont engagés dans l’opération Sangaris, lancée en décembre 2013. Désormais, ils agissent en appui de la Minusca, qui compte environ 10.500 soldats et policiers.

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant; [Voir les règles de confidentialité].