L’Ukraine peut compter sur un soutien politique de l’Otan… Mais pas plus

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Alors que les accrochages se multiplaient il y a peu entre les forces ukrainiennes et les séparatistes du Donbass (sud-est de l’Ukraine), le cessez-le-feu est désormais globalement respecté sur la ligne de front. Est-ce le calme avant une nouvelle tempête?

Pour sa première visite officielle en Ukraine, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg a estimé que la situation reste encore « fragile » même si cette accalmie est « encourageante ».

Pour autant, « la Russie continue de soutenir les séparatistes, de leur fournir des armes, des équipements, des formations et des forces », a accusé M. Stoltenberg. Et cela alors que les regards sont braqués vers le renforcement de la présence militaire russe en Syrie.

Un autre point critiqué par le responsable de l’Otan est l’organisation annoncée d’élections locales entre le 18 octobre et le 1er novembre dans les territoires contrôlés par les séparatistes. Or, cette initiative est considérée par Kiev (mais aussi par l’Allemagne) comme étant une violation majeur des accords de paix de Minsk-2, négociés en février par la chancelière allemande, Angela Merkel et le président Hollande et signé par le chef de l’État ukrainien, Petro Porochenko ainsi que par son homologue russe, Vladimir Poutine.

« Ce seront des élections truquées et elles ne seront reconnues par aucun allié de l’Otan », a averti M. Stoltenberg. Pourtant prévu par les accords de Minsk-2, ce vote « aura lieu quand la Russie retirera ses troupes car on n’organise pas une élection sous la menace de mitrailleuses », a fait valoir, de son côté, M. Porochenko.

Quoi qu’il en soit, le but de la visite de M. Stoltenberg était d’apporter le soutien « mesuré » de l’Otan à l’Ukraine. Mais pas plus. Ainsi, il a lancé un exercice conjoint de gestion de crise à Iavoriv

« Il ne s’agit pas d’un exercice militaire. C’est plutôt une occasion pour les primo-intervenants – des pays de l’Alliance et des pays partenaires – de travailler ensemble », a fait valoir M. Stoltenberg. « En accueillant cet exercice, vous montrez que l’Ukraine souhaite contribuer à la sécurité de la population européenne et à la sécurité de la région euro-atlantique », a-t-il ajouté à l’adresse des autorités ukrainiennes.

Mais il n’est pas question d’aller au-delà d’un soutien « politique et pratique » et des quelques accords de coopération avec Kiev. Et M. Stoltenberg a visiblement évité d’évoquer une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique, alors que ces interlocuteurs ont tenté maintes fois d’aborder ce sujet ô combien délicat.

Ainsi, M. Porochenko a expliqué que « le choix euro-atlantique avec une perspective d’adhésion à l’OTAN compte (…) de plus en plus de soutien au sein de la société ukrainienne ». Puis, a-t-il poursuivi, « lorsque nous aurons réuni, via des réformes, toutes les conditions nécessaires pour que l’Ukraine réponde aux critères d’adhésion de l’OTAN, je ferai organiser un référendum et ainsi sera entendue la volonté du peuple ukrainien ».

Mieux encore : M. Porochenko a aussi avancé que son pays doit être vue comme « un avant-poste » de l’Otan face à la Russie.

« Du point de vue du droit, nous ne sommes pas alliés mais dans les faits, nous sommes bien plus que des partenaires. L’Ukraine est l’avant-poste le plus oriental de la région euro-atlantique », a-t-il en effet affirmé. Pour rappel, la dernière mouture de la doctrine militaire ukranienne plaide pour l’intégration de Kiev au sein de l’Alliance atlantique… Mais les 28 États membres y sont plutôt réticents.

Par ailleurs, M. Stoltenberg a réfuté toute idée de nouvelle Guerre froide entre Russes et Occidentaux. « Nous ne sommes pas dans la situation de la Guerre froide. L’Otan a décidé de suspendre sa coopération pratique avec la Russie, mais nous maintenons la possibilité de contacts politiques », a-t-il dit.

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