La formation des rebelles syriens modérés par les États-Unis est un fiasco

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Alors que l’US Centcom, le commandement militaire américain pour l’Asie centrale et le Moyen Orient est accusé d’avoir enjolivé les rapports du renseignement militaire sur la situation en Irak et en Syrie, son chef, le général Lloyd J. Austin devait être entendu ce 16 septembre, par la commission des Forces armées du Sénat, pour évoquer ce sujet.

Mais, interrogé sur l’instruction militaire des rebelles syriens modérés, le général Austin a jeté un froid. Déjà, début juillet, Ashton Carter, le chef du Pentagone, avait indiqué qu’à peine 60 combattants suivaient ce programme de formation pour lequel  États-Unis ont débloqué 500 millions de dollars.

Au final, d’après le patron de l’US Centcom, seulement 4, voire 5 rebelles syriens formés et équipés de pied en cap par les forces américaines combattent effectivement sur le terrain. Même pas l’équivalent d’une section! Et cela alors que, selon les plans, il était prévu d’en former 5.000 par an.

« C’est un échec total » a commenté le sénateur républicain Jeff Sessions. Une de ses collègues, Kelly Ayotte, que l’on connaît pour sa campagne en faveur du maintien de l’avion d’attaque A-10 Thunderbolt II, a été encore plus lucide. « C’est une blague », a-t-elle lancé. Une blague à 500 millions de dollars…

Précisément, les instructeurs américains ont formé 54 rebelles syriens, soigneusement sélectionnés afin d’éviter de les voir rejoindre les rangs jihadistes. À peine étaient-ils entrés en Syrie que le Front al-Nosra, lié à al-Qaïda, les a attaqués, prenant certains d’entre eux en otage.

Pour autant, le Pentagone assure que d’autres promotions de rebelles sont actuellement à l’instruction. Mais il se refuse à communiquer leurs effectifs… Dans le même temps, la CIA anime un programme visant à entraîner des combattants syriens. Mais là aussi, on ne dispose d’aucun chiffres.

En juillet, Ashton Carter avait précisé que le but était de former des rebelles syriens triés sur le volet pour ensuite diriger leurs actions en priorité contre l’État islamique et le Front al-Nosra et non contre le régime syrien. « Assad doit partir, mais la structure de gouvernance de la Syrie doit rester », avait-il expliqué.

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