Des vols de reconnaissance français dès demain au-dessus de la Syrie

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Jusqu’à présent, les moyens aériens engagés dans l’opération Chammal, nom de la participation française à la coalition internationale anti-État islamique (EI ou Daesh) emmenée par les États-Unis, n’ont effectué des vols de reconnaissance et des frappes uniquement dans le nord de l’Irak.

Et pour cause : lors des débats parlementaires portant sur cette intervention, il avait été avancé que la France répondait à une demande des autorités irakiennnes. Ce qui n’était évidemment pas le cas avec la Syrie, où l’EI a conquis de larges territoires

Cependant, en septembre 2014, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait estimé que la question de frappes françaises en Syrie contre l’État islamique était « posée ».

Les États-Unis, et plus récemment le Canada, ont déjà étendu leurs opérations contre l’EI en Syrie. D’autres pays envisagent d’en faire de même, comme le Royaume-Uni et l’Australie. Et, la France va finalement les rejoindre, comme l’a annoncé le président Hollande, lors de sa conférence de presse semestrielle.

« Le terrorisme a ses origines, ses organisations. Il y a notamment Daesh, qui a développé son emprise sur la Syrie et l’Irak. C’est depuis la Syrie que sont organisées des attaques sur plusieurs pays, et notamment le nôtre. Nous devons être informé des menaces qui pèsent sur notre pays », a commencé par expliquer le chef de l’État.

« C’est pourquoi j’ai demandé au ministre de la défense que dès demain, des vols de reconnaissance soient organisés au-dessus de la Syrie, pour permettre des frappes contre Daesh », a-t-il ainsi affirmé. « Puis, a-t-il ajouté, selon les informations recueillies, nous seront prêts à faire des frappes. Ces missions se feront évidemment en lien avec la coalition.

Pour autant, le président Hollande a écarté tout intervention terrestre française en Syrie. Ce serait « inconséquent et irréaliste d’envoyer des troupes au sol », a-t-il estimé, car « nous serions les seuls, parce que ce serait transformer une opération en force d’occupation. Nous ne le ferons pas, tout comme en Irak ».

Et, pour M. Hollande, ce n’est pas une question de principe puisque la France a envoyé des troupes au sol au Mali et en Centrafrique. « Mais en Irak et en Syrie, c’est au pays et aux voisins d’intervenir », a-t-il plaidé.

Reste maintenant à voir comment sera organisé le dispositif aérien français, qui repose actuellement sur 6 Mirage 2000D/N en Jordanie, 6 Rafale basés aux Émirats arabes unis et 1 avion de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL2). Il n’est pas exclu qu’il soit renforcé pour prendre en compte l’extension du théatre des opérations.

Au niveau du droit international, rien ne s’oppose à des frappes françaises en Syrie. Le président Hollande ayant pris le soin de préciser que c’est depuis ce pays qu’ont été organisées plusieurs attaques contre la France, il est possible d’invoquer l’article 51 de la Charte des Nations unies qui fait de la légitime défense un droit naturel dans le cas d’une agression armée.

Ce texte avait été mis en avant par les États-Unis pour justifier leurs frappes en Syrie, considérant que les États « doivent être en mesure de se défendre quand le gouvenement d’un État est incapable d’empêcher l’utilisation de son territoire. »

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