Vers un engagement accru de la France contre les jihadistes de Boko Haram?

Bien qu’ayant subi des revers face aux troupes nigérianes et tchadiennes, le groupe jihadiste Boko Haram, lié à l’État islamique (EI), continue de commettre des exactions et des attentats dans le nord du Nigéria ainsi que dans les pays limitrophes, que ce soit au Niger, au Cameroun et même, depuis juin, au Tchad.

Il y a quelques jours, le chef d’état-major de l’armée nigériane a même échappé à une embuscade tendue par les jihadistes à 45 km de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno.

Pour contrer Boko Haram, il a été décidé, dans le cadre de l’Union africaine, de créer une Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF), avec des effectifs fournis par le Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun et le Bénin. Cette dernière doit être déployée « incessamment » alors qu’il avait été dit qu’elle le serait à la fin juillet…

Quoi qu’il en soit, lors de la dernière conférence des ambassadeurs, ce 25 août, le président Hollande s’est dit prêt à organiser une réunion à Paris pour évoquer le combat contre le groupe jihadiste.

« Dans quelques jours, je recevrai le nouveau président nigérian Muhammadu Buhari et je lui confirmerai que la France est prête à réunir tous les acteurs de la lutte contre Boko Haram », a en effet déclaré le chef de l’État.

Il s’agirait ainsi de réunir « nos services, d’échanger nos informations, mais également de pouvoir agir communément dans la région », a poursuivi M. Hollande car « tous les pays de la région sont concernés, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger ». Et d’ajouter : « Nous leur devons une solidarité sans faille, parce que ce sont des pays amis, et parce qu’il en va aussi de l’équilibre de toute l’Afrique de l’ouest ».

Les pays concernés par les agissements de Boko Haram ont déjà été réunis à Paris, en mai 2014. Lors de ce sommet, le président Hollande avait plaidé pour la mise en oeuvre d’un « plan global » visant à « échanger les information, coordonner les actions, contrôler les frontières et agir de façon appropriée ».

Depuis, la France a apporté son concours aux forces armées des pays concernés. En décembre de la même année, une cellule de coordination et de liaison (CCL), adossée à l’état-major de la force Barkhane, installé à N’Djamena, a ainsi été créée et deux détachements de liaison et de contact ont été envoyés au Niger et au Cameroun. En outre, l’aviation française effectue des vols de reconnaissance à proximité du Nigéria, comme l’a indiqué le président Hollande en janvier.

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