Pour l’US Marine Corps, le F-35B a atteint la capacité opérationnelle initiale

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Menacée, en 2011, d’être abandonnée alors qu’elle venait d’être mise en période probatoire par Robert Gates, alors secrétaire américain à la Défense, excédé par ses surcoûts et ses retards, la version B (ou STOVL pour décollage court et atterrissage vertical) du F-35 vient de franchir une étape décisive le 31 juillet.

« Je suis heureux d’annoncer que le Marine Fighter Attack Squadron 121 (VMFA-121, basé en Arizona), atteint la capacité opérationnelle initiale (OIC) avec le F-35B », a en effet annoncé, dans un communiqué, le général Joseph Dunford, qui quittera bientôt le commandement de l’US Marine Corps (USMC) pour prendre les fonction de chef d’état-major interarmées, en remplacement du général Martin Dempsey.

Ainsi, et alors que cette déclaration d’OIC aurait dû être faite en 2010, si le Pentagone s’en était tenu au calendrier initial, le F-35B est la première version de l’appareil conçu par Lockheed-Martin à être mise en service opérationnel. Pour rappel, deux autres types de cet avion sont en cours de développement : le F-35A et le F-35C, destiné à être mis en oeuvre depuis un porte-avions.

Le VMFA-121 compte 10 F-35B au standard Block2B. Ces avions peuvent théoriquement mener des missions d’appui aérien rapproché (Close Air Support, CAS), d’interdiction aérienne et de reconnaissance.

« Avant de déclarer l’IOC [du F-35B], nous avons mené des opérations en vol pendant 7 semaines en mer, participé à plusieurs grands exercices et mené une évaluation opérationnelle avec plusieurs sortes de munitions », a expliqué le général Dunford.

« La possibilité, pour le F-35B, de mener des opérations à partir de pistes d’atterrissage sommaires ou de navires d’assaut amphibie en mer fournit à notre nation son premier chasseur de  5ème génération, qui transformera notre façon de combattre et de gagner », a-t-il encore ajouté.

Cela étant, il reste encore pas mal de pain sur la planche pour l’USMC car cette déclaration de capacité opérationnelle initiale a été faite alors que Michael Gilmore, le directeur des essais opérationnels du Pentagone, venait de remettre un rapport dans lequel était pointé le manque de fiabilité du F-35B lors de tests effectués pendant 12 jours depuis l’USS Wasp.

« La maintenance [des F-35B] devra faire face, sous peu, à des défis significatifs », a estimé ce responsavle. « Le manque de fiabilité s’est révélé si contraignant qu’il a été très difficile pour les Marines de garder plus de 2 ou 3 avions en état de vol sur un jour donné », a-t-il ajouté, avant de préciser que la maintenace sera « évidemment plus difficile quand le premier avion sera déployé pour des missions opérationnelles ». Toutefois, M. Gilmore a souligné le fait l’accès rapide aux pièces détachées et que la présence du personnel de Lockheed-Martin ont été d’une « aide précieuse ».

L’USMC a eu une réponse assez curieuse. « Bien que le rapport soit dans les faits exact, le corps des Marines ne partage pas la totalité des conclusions et des opinions qui y sont mentionnés », a fait valoir le major Paul Greenberg, dans un email envoyé à l’agence Bloomberg. « Dans certains cas, le rapport contient des énoncés qui ne fournissent pas un contexte approprié (…), ce qui peut éventuellement amener les lecteurs à formuler des conclusions inexactes », a-t-il ajouté.

Quoi qu’il en soit, la capacité opérationnelle initiale du F-35B reste limitée. Par exemple, il ne peut emporter, pour le moment, qu’une partie de l’armement prévu. En outre, les problèmes à régler sont encore nombreux, comme l’a souligné un récent rapport de l’Operational Testing and Evaluation office (DOT&E, Bureau des évaluations et des essais opérationnels du Pentagone).

En attendant les solutions à ces soucis, l’USMC prévoit bientôt de remplacer les AV-8B Harrier du VMA-211 par des F-35B en 2016. L’avion de Lockheed-Martin doit aussi remplacer, à terme, les F/A-18 et les EA-6B Prowler des Marines.

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