Boko Haram : Environ 2.000 soldats de plus seront déployés dans l’extrême-nord du Cameroun

Mis sur la défensive par l’intervention des forces tchadiennes dans le nord du Nigéria afin de faire cesser ses incursions dans le sud du Niger et l’extrême-nord du Cameroun ainsi par une armée nigériane ayant reçu le soutien de mercenaires, le groupe jihadiste Boko Haram, désormais lié à l’État islamique, n’a sans doute pas perdu autant de terrain par rapport à ce qui a été affirmé par Abuja.

Ainsi, selon les gouverneurs des États de Borno et de Yobe, qui sont les plus touchés par les violences commises par les jihadistes, Boko Haram contrôlerait encore au moins cinq districts et la forêt de Sambisa, son fief historique situé à une centaine de kilomètres au sud-est de Maiduguri.

Cela étant, le potentiel militaire du groupe jihadiste aurait été amoindri de 40 à 50%, selon l’estimation faite par le général français Jean-Pierre Palasset, le commandant de la force Barkhane, qui garde un oeil sur les activités de Boko Haram. Et l’on est sans nouvelle de son chef, Abubakar Shekau, depuis le mois de mars.

Reste que Boko Haram bouge encore : il commet encore régulièrement des attaques suicides dans le nord du Nigéria et a même étendu ses opérations au Tchad et au Cameroun, deux pays qui avaient échappé, jusqu’à présent, à ce mode opératoire terroriste.

Le 15 juin et le 11 juillet, N’Djamena a ainsi été le théâtre d’attentats suicides qui ont fait au moins une cinquantaine de tués. Mais c’est le Cameroun qui est le plus visé : entre le 13 et le 25 juillet, 5 attaques y ont été commises, faisant au total plus de 50 morts.

Pourtant, en 2014, Yaoundé avait renforcé ses effectifs militaires dans l’extrême-nord du pays, justement pour contrer les incursions des jihadistes qui profitaient alors de la porosité de la frontière avec le Nigéria. Environ 2.000 hommes furent ainsi déployés dans le cadre des opérations Alpha et Émergence.

Suite à la récente série d’attentats, les autorités camerounaises ont décidé, selon la Cameroon Radio-Television (CRTV) de renforcer davantage ces moyens militaires, avec l’envoi de 2.000 soldats supplémentaires, ce qui portera les effectifs à 8.500 au total.

En outre, de nouvelles mesures de sécurité ont été prises, comme l’interdiction de la burqa – déjà plus de 600 ont été saisis à Kousseri, poste-frontière situé en face de N’Djamena -, de la circulation des charrettes et des motos aux abords des marchés. En outre, les contrôles ont été renforcés sur les axes menant à Douala et à Yaoundé.

Par ailleurs, une Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) devant compter 8.700 hommes fournis par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin pour combattre Boko Haram sous l’égide de l’Union africaine devrait être opérationnelle d’ici le 30 juillet.

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