Les deux BPC russes coûtent environ 1 million d’euros par mois à DCNS

Commandés en 2011 pour 1,2 milliards d’euros par la Russie, les Bâtiments de projection et de commandement (BPC) Vladivostok et Sébastopol ne seront, sauf rebondissement improbable de dernière minute, jamais livrés à la marine russe.

Depuis la décision prise par le président Hollande de surseoir, jusqu’à nouvel ordre, à la livraison du premier des deux navires, en l’occurrence le Vladivostok, ces deux BPC de type Mistral sont à quai à Saint-Nazaire, où ils ont été construits par le chantier naval STX France.

Cette affaire n’est que très peu abordée par les médias, depuis que l’on a appris que des négociations étaient en cours entre Paris et Moscou pour régler le problème de ces deux navires que les Français ne rechignent à livrer – crise ukrainienne oblige – et dont les Russes ne veulent apparemment plus. Ainsi, la France a proposé de rembourser les sommes déjà versées par la Russie, ce qui est insuffisant pour cette dernière étant donné qu’il faudrait aussi prendre en compte les dépenses liées aux travaux d’infrastructures pour accueillir ces BPC.

En attendant, il faut bien garder et entretenir et assurer le Vladivostok et le Sébastopol, ce qui n’est évidemment pas gratuit. Interrogé sur cette affaire le 23 juillet dernier, le Pdg de DCNS, Hervé Guillou, en a estimé le coût mensuel « entre un million et un million et quelque d’euros » pour son groupe.

« Ces coûts pourraient encore augmenter si les Mistral sont immobilisés suffisamment longtemps pour qu’un remplacement d’une partie de leurs systèmes à bord devienne nécessaire », a précisé M. Guillou.

Des rumeurs circulent d’ailleurs sur d’éventuels repreneurs. Certains sont crédibles, comme le Canada. D’autres le sont nettement moins, comme la Chine. En tout cas, selon des propos tenus par Hervé Guillou en février, l’adaptation des deux BPC en vue d’une livraison à un autre client « coûterait de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions d’euros selon ses besoins ».

Quoi qu’il en soit, il n’est pas question pour le constructeur naval d’en être de sa poche. « DCNS pourrait essayer d’obtenir une indemnisation de la Coface une fois qu’une décision sera prise sur le sort des deux navires », a ainsi affirmé Hervé Guillou.

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