Les jihadistes somaliens perdent deux de leurs fiefs

L’organisation des shebab somaliens, liées à al-Qaïda, a subi de sérieux revers au cours de ces derniers mois, en perdant notamment son chef, Ahmed Abdi « Godane » ainsi que plusieurs de ses cadres. Tous ont été visés par des frappes aériennes américaines, effectuées au moyen de drones.

En outre, sous la pression de l’AMISOM, la force de l’Union africaine déployée dans le pays en soutien aux autorités somaliennes, les shebab ont également été contraint d’abandonner, l’an passé, quelques uns de leurs bastions, comme ceux de Bulomareer et de Barawe, deux localités situées sur la côte somalienne. L’objectif était de les empêcher de se livrer à des trafics par voie maritime.

Malgré ces revers, les shebab ont su garder une certaine de capacité de nuisance, en multipliant les attaques, tant en Somalie – en particulier à Mogadiscio – qu’au Kenya, lequel fournit un contingent important à l’AMISOM, comme en avril dernier avec le massacre commis à l’Université de Gharissa.

En juin, encore, des jihadistes somaliens ont attaqué une garnison base de l’AMISOM près de de Lego, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Mogadiscio et infligé de lourdes pertes au contingent Burundais (il a été question d’une cinquantaine de tués).

Un mois après cette attaque, la force l’Union africaine a ainsi lancé un nouvelle offensive contre le groupe jihadiste afin de le déloger des zones rurales somaliennes où il est encore bien implanté.

Appelée « Jubba Coridor », cette opération concerne les régions de  régions de Bay et Gedo, au sud de Mogadiscio et se concentre plus particulièrement sur les localités de Dinsor et de Bardhere, où d’intenses combats ont été signalés.

Cette offensive a été précédée par une frappe aérienne américaine qui a fait au moins 30 tués dans les rangs des shebab, à la mi-juillet, près de Bardhere.

Pour le moment, l’opération de l’AMISOM a atteint ses objectifs puisque ses troupes, associées aux forces somaliennes, ont pris le contrôle de Bardhere, le 22 juillet, puis celui de Dinsor 2 jours plus tard.

Cela étant, selon la tactique qu’ils suivent dans ce genre de situation, les jihadistes somaliens cherchent à éviter le combat frontal et abandonnent leurs positions pour ensuite se livrer à des actions de guérilla.

« Les Shebab ont commencé à muter. Ils sont devenus une véritable organisation transnationale, potentiellement très dangereuse, avec des cellules disséminées dans toute l’Afrique de l’Est », a estimé, dans les colonnes de Jeune Afrique, Paul Gabriel, un analyste du cabinet Control Risks. « Paradoxalement, cette évolution a été stimulée par la présence des forces de l’Union africaine et par les renforts qui leur ont été envoyés : le fait que les soldats africains et somaliens soient mieux formés et mieux équipés a incité les Shebab à adapter leur stratégie et leur tactique », a-t-il ajouté.

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