Le Japon hausse le ton face aux revendications territoriales chinoises

japon-20150723« La Chine, en particulier en ce qui concerne les questions maritimes, continue à agir de manière autoritaire », « unilatérale et sans laisser de place au compromis », estime le dernier Livre blanc japonais sur la Défense, publié le 21 juillet. On ne saurait être plus direct…

Ainsi, Tokyo relaie les inquiétudes des pays de la région au sujet des revendications territoriales chinoises, en particulier en mer de Chine méridoniale, où Pékin effectue actuellement de grands travaux visant à transformer des îlots coraliens des archipels Spratleys et Paracels, dont la souveraineté est également revendiquée par plusieurs États, en ports et pistes d’aviation susceptibles d’être utilisés à des fins militaires.

Mais Tokyo et Pékin ont également des différends territoriaux, en particulier au sujet de l’archipel Senkaku/Diaoyu, lequel appartient au Japon. Et le Livre blanc nippon n’a pas manqué de les évoquer, en soulignant le nombre sans cesse croissant de patrouilles maritimes et aériennes chinoises dans les environs proches de ses îlots inhabités (mais susceptible de receler d’importantes ressources naturelles).

En outre, le document a rappelé qu’en février 2015, trois navires gouvernementaux chinois de 3.000 tonnes ont fait une incursion dans les eaux de cet archipel disputé. Et cela pour la première fois.

Mais les îles Senkaku/Diaoyu ne sont pas les seules pommes de discorde entre Pékin et Tokyo. En effet, le ministère japonais des Affaires étrangères (MOFA) a publié une série de photographies sur lesquelles on peut voir des plateformes de forage chinoises installées à proximité de la frontière maritime entre les deux pays.

Or, le Japon et la Chine ne sont pas d’accord sur cette frontière. Le premier estime que leur zone économique exclusive (ZEE) doit être délimitée par une ligne médiane entre les deux pays alors que la seconde pense que cette frontière doit être située plus près de l’archipel nippon.

En 2008, les gouvernements japonais et chinois avaient trouvé un accord pour développer conjointement la zone contestée, située en mer de Chine orientale. Visiblement, Pékin a décidé de faire cavalier seul. D’où la présence de 16 plateformes de forage chinoise, dont 12 ont été installées au cours de ces deux dernières années.

« Il est extrêmement regrettable que la Chine exploite de manière unilatérale des ressources alors que la frontière n’a pas été formellement établie », a commenté Yoshihide Suga le porte-parole du gouvernement japonais. « A maintes reprises, le Japon a protesté contre l’attitude de la Chine. Mais la Chine a refusé de reprendre les discussions sur cet accord, tout en poursuivant visiblement ses activités », a-t-il ajouté.

Bien évidemment, Pékin n’a pas manqué de réagir. « La médiatisation par le Japon de l’exploitation de gisements de pétrole et de gaz naturel en mer de Chine orientale ne favorise pas le dialogue et la coopération entre les deux pays », a lancé Lu Kang, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

« L’exploitation chinoise des gisements de pétrole et de gaz en mer de Chine orientale s’effectue dans des eaux incontestables sous la juridiction de la Chine et dans le cadre de la souveraineté chinoise », a-t-il continué avant de reprocher au Japon de vouloir « créer délibérément un antagonisme » qui « ne favorise pas la résolution et le contrôle de la situation en mer de Chine orientale, ni le développement des relations bilatérales ». Et d’ajouter : « Nous souhaitons que la partie japonaise fasse un examen de conscience à l’égard de son comportement conformément à l’accord en quatre points conclu l’année dernière par les deux parties ».

« Les îles Diaoyu appartiennent à la Chine depuis les temps anciens (…). La Chine continuera de prendre les mesures nécessaires pour préserver sa souveraineté territoriale et le Japon ne devrait pas se nourrir d’illusions irréalistes », a encore insisté Lu Kang.

Quant aux accusations japonaises portant sur l’attitude chinoise en mer de Chine mérdionale, Pékin y a aussi répondu sans prendre de gants.

« Le Japon ne fait pas partie des pays concernés par la question de la mer de Chine méridionale, mais il tente par tous les moyens de déshonorer la Chine et de créer de la tension », a affirmé Hua Chunying, une autre porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « C’est pour justifier auprès de son propre peuple l’important changement de sa politique de défense. A ce propos, nous voudrions vivement recommander au Japon d’apprendre les leçons de l’Histoire, d’être plus prudent et d’arrêter d’accuser la Chine pour rien », a-t-il, à son tour accusé.

Cela étant, le Japon semble reprocher à la Chine ce que lui même fait à la Corée du Sud. Ainsi, souligne l’agence Yonhap, le Livre blanc nippon précise que « les questions concernant l’archipel du nord (nom japonais de l’archipel des îles Kouriles) et les îlots de Takeshima (appellation japonaise des îlots de Dokdo) qui font partie de notre propre territoire restent non résolues ».

Or, les îles Dokdo relèvent du territoire sud-coréen… « Le ministère de la Défense a convoqué l’attaché militaire de l’ambassade japonaise en Corée du Sud et a fortement protesté contre les revendications japonaises concernant Dokdo. Le ministère des Affaires étrangères projette également de transmettre sa protestation en convoquant le ministre de l’ambassade japonaise à Séoul », a indiqué l’agence Yohnap.

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