Sombres perspectives pour l’aviation de chasse britannique

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Alors que la Royal Air Force commémore actuellement les 75 ans de la Bataille d’Angleterre, l’IHS Janes vient de publier une analyse alarmante sur l’avenir de l’aviation de chasse britannique à l’horizon 2019.

D’ici-là, le retrait du service actif des 87 chasseurs-bombardiers Tornado GR4 restants, par ailleurs intensivement sollicités par la Royal Air Force qui ne peut pas utiliser ses Eurofighter Typhoon pour des missions d’appui au sol, sera effectif.

De même que celui de 53 Typhoon de la tranche 1, après à peine 20 ans d’utilisation. Resteront donc en service au sein de la RAF les modèles des tranches 2 et 3A, dont il est prévu une remise à niveau pour leur permettre d’assurer des frappes au sol. Au total, 107 Eurofighter devraient être disponibles en 2019.

Dans le même temps, seulement 15 à 20 F-35B auront été livrés au Royaume-Uni, pour 48 exemplaires commandés pour le moment. Qui plus est, il ne seront peut-être pas tous déclarés pleinement opérationnels. Ou du moins ils n’auront pas l’intégralité de leurs capacités de combat.

Résultat : l’aviation britannique ne disposera plus que, au mieux, de 127 appareils de combat dans 3 ans contre 192 actuellement. Et cela alors que, d’après les déclarations de ses responsables, la RAF est en surchauffe opérationnelle. Un de ses anciens chefs d’état-major, l’Air Chief Marshall Sir Michael Graydon, a même été jusqu’à dire qu’elle a été réduite jusqu’à l’os après les coupes budgétaires qui ont affecté les forces armées britanniques au cours de ces 5 dernières années.

Ainsi, la RAF aurait du mal à répondre aux sollicitations actuelles, qui vont à la protection de l’espace aérien britannique, approché régulièrement par les bombardiers stratégiques russes, à assurer la défense des Falklands (ou Malouines), à founir des avions pour les mesures de réassurance prises par l’Otan au bénéfice des pays baltes et de la Pologne et de participer à la coalition anti-État islamique (EI) en Irak et peut-être bientôt en Syrie.

Outre l’aspect opérationnel, il faut également jongler avec les disponibilités des appareils tout en assurant la transformation, la qualification et l’entraînement des pilotes.

Même si l’aviation de combat britannique bénéficiera de nouveaux appareils aux capacités étendues, il n’en reste pas moins, comme le souligne l’analyse d’IHS Janes, qu’aucun n’a le don d’ubiquité…

Si ces perspectives se confirment, la RAF ne sera pas la seule a voir son format être fortement réduit. Acquisition du F-35 oblige, l’aviation néerlandaise va voir fondre le sien à seulement 37 appareils. La tendance sera la même en Italie, en Belgique ou encore en Allemagne, où le Tornado sera aussi retiré du service.

Finalement, même avec 225 avions de combat comme le prévoit l’actuelle Loi de programmation militaire, l’aviation française (armée de l’Air et aéronautique navale) s’en sortira plutôt bien. « Plus on se regarde, plus on se désole, plus on se compare, plus on se rassure », dit-on.

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