Les dépenses de personnel du ministère de la Défense ont baissé de 502,7 millions en 2014

Comme chaque année, la publication du bilan social de la Défense permet d’avoir une idée précise de la politique de ressources humaines menée au sein des armées. Ainsi, comme attendu, la déflation des effectifs a été poursuivi en 2014, conformément aux orientations données par la Loi de programmation militaire 2014-2019 avant son actualisation.

Le ministère de la Défense employait, au 31 décembre 2014, 270.849 personnels, dont 208.916 militaires et 61.933 civils. Par rapport à l’année précédente, les effectifs globaux ont fondu de 2,8%. Pour rappel, l’accent devait être mis sur le « dépyramidage », c’est à dire qu’il fallait réduire le taux d’encadrement des armées de 16,75% à 16%.

Dans le détail, avec 110.489 personnels, dont 14.320 officiers (soit un taux d’encadrement de seulement de près de 13%), l’armée de Terre représente 53,4% des effectifs (dont 110.489 personnels.

Viennent ensuite l’armée de l’Air avec 42.801 aviateurs (et un taux d’encadrement de 15,48%, qui s’explique par le fait que les personnels navigants sont officiers) et la Marine nationale, avec 35.841 marins (soit un taux d’encadrement de 12,8%).

Sur l’ensemble du personnel militaire, l’on compte 16,8% d’officiers (la Direction générale de l’armement en emploie 3.438, en comptant les élèves de l’École polytechnique), 45,5 % de sous-officiers, 36,7 % de militaires du rang et 1% de volontaires.

S’agissant du personnel civil, 10.611 relèvent de la catégorie A, 11.764 de la catégorie B et 20.914 de la catégorie C. Sans oublier les 18.641 ouvriers d’État.

En 2014, 13.696 militaires ont été recrutés, principalement pour les besoins de l’armée de Terre (67,8% des recrues). Les militaires du rang représentent 67,2% des entrées directes. Dans le même temps, l’on compte 17.086 départs (y compris avec les décès).

Avec les restructurations (fermeture de garnison, transfert d’unités vers d’autres lieux, etc…), 27.069 militaires ont connu un changement de résidence.

Pour les civils, 2.283 ont été recrutés (dont 47,6% appartenant à la catégorie C) et 3.437 ont quitté définitivement le ministère de la Défense. Au total, 4.362 sont sortis du Plafond ministériel des emplois autorisés (PMEA).

Sur le plan comptable, cette déflation des effectifs, associée à une limitation de l’avancement, s’est traduite par une baisse 502,7 millions d’euros (-2,5%) de la masse salariale du ministère de la Défense (dépenses dites du Titre 2, qui comprennent les soldes, les cotisations, contribution et prestations sociales ainsi que des allocations diverses).

Avec les pensions (6,7 milliards environ), ces dépenses se sont donc élevées, en 2014, à 19,5 milliards d’euros, avec 15,1 milliards pour les militaires et 4,4 milliards pour les civils. Sont également compris dans cette somme  70,8 millons pour les réserves et 319,3 millions pour les opérations extérieures (Indemnité de sujétion spéciale pour service à l’étranger. À noter que le bilan social 2014 n’évoque pas la prise en compte des coûts générés par les dysfonctionnements du système de paiement des soldes Louvois.

Dans le même temps, 348,1 millions d’euros ont été mobilisés pour financer l’action sociale et les mesures de reconversion des militaires ayant quitté l’uniforme.

En 2014, 13.716 militaires ont fait la démarche de s’inscrire à la Agence de reconversion de la Défense (ARD, Défense mobilité), ce qui représente une diminution de 1,6% par rapport à l’année précédente.

« Le taux de reclassement des militaires rapporte le nombre de militaires reclassés dans l’année, à l’ensemble des militaires ayant quitté le service et suivis par l’ARD. Il s’établit en 2014 à 64 %, en retrait par rapport à 2013 (le taux de reclassement s’était élevé à 68 %) », peut-on lire dans le bilan social.

En outre, le contexte économique étant ce qu’il est, avec, malgré les incantations gouvernementales, une courbe du chômage qui refuse de s’inverser (ce qui ne veut rien dire, à moins de changer le signe de sa dérivée, passons), le document fait état d’une hausse « sensible du nombre de chômeurs indemnisés » parmi les anciens militaires. Au 31 décembre 2014, ils étaient 12.927 dans cette situation (+7,2% sur un an). Et cela a un coût pour la Défense : il était de 125,7 millions d’euros l’an dernier, soit un montant en hausse de 4,9% par rapport à 2013.

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