Le Pentagone conservera l’option militaire contre le programme nucléaire iranien

Le président américain, Barack Obama, l’a encore assuré le 19 juillet : l’accord conclu à Vienne la semaine dernière met « la bombe encore plus hors de portée de l’Iran. Et il lui impose une interdiction pour toujours de posséder l’arme nucléaire ».

Pour rappel, cet accord comporte des mesures visant effectivement à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire – du moins pendant au moins 10-15 ans et non pas « pour toujours » – tout en lui garantissant le droit de développer une filière civile. Et cela en échange d’une levée des sanctions économiques internationales.

« Sans cet accord nous risquerions d’avoir une autre guerre dans cette région, la plus plus volatile du monde », a encore affirmé M. Obama. « Nous aurons une surveillance sans précédent, 24 heures sur 24, sept jour sur sept, des installations nucléaires clé de l’Iran », a-t-il ajouté, avant de souligner que les sanctions seraient rétablies en cas de manquement de Téhéran à ses obligations.

Mais surveiller les « installations clé » en permanence suffira-t-il? Le régime syrien avait ainsi su dissimuler, en collaboration avec la Corée du Nord, des activités nucléaires « sans finalités pacifiques » sur le site d’al-Khibar, lequel fut détruit par un raid israélien mené en 2007. L’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) en fut quitte pour lancer une enquête par la suite… En clair, est-on certain qu’il n’y aura pas un « al-Khibar » iranien?

« Nous avons refusé d’accepter un mauvais accord. Nous avons tenu bon afin d’obtenir un accord qui satisfasse toutes nos demandes essentielles. Et nous l’avons eu », a insisté le chef de la Maison Blanche.

Seulement, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a tenu des propos pouvant sembler contradictoires dans l’avion qui l’emmenait en Israël, où il doit rassurer les responsables israéliens sur les conséquences de l’accord de Vienne. Ensuite, il se rendra, pour les mêmes raisons, en Arabie Saoudite. Contradictoires car il a évoqué le maintien de l’option militaire contre le programme nucléaire iranien que l’accord de Vienne est censé empêcher comme l’a dit et répété le président Obama.

« L’une des raisons pour lequel cet accord est un bon accord est qu’il n’empêche en rien » le maintien de l’option militaire si l’Iran chercherait quand même à se doter de la bombe, a-t-il affirmé. « Nous préservons et améliorons continument » cette option, a-t-il continué.

En outre, M. Carter a indiqué que les États-Unis continueront d’approfondir leurs relations militaires avec les alliés dans la région. « À cause du potentiel d’agression et d’activités pernicieuses de l’Iran » et de la lutte contre l’organisation État islamique (EI), « nous cherchons toujours à renforcer notre posture dans la région », a-t-il dit.

Quoi qu’il en soit, accord de Vienne ou pas, l’Iran n’entend pas changer de politique face au « gouvernement arrogant américain » pas plus qu’il n’est question d’arrêter de soutenir ses « amis » dans la région (Syrie, Hezbollah, rebelles houthistes au Yémen, etc).

C’est en effet ce qu’a affirmé l’ayatollah Ali Khamenei, la plus haute autorité du pays, lors d’un discours prononcé à l’occasion de la fin du ramadan.

« Nous l’avons répété à de nombreuses reprises, nous n’avons aucun dialogue avec les Etats-Unis sur les questions internationales, régionales ou bilatérales. Quelquefois, comme dans le cas du nucléaire, nous négocions avec les Etats-Unis si c’est dans notre intérêt », a fait valoir Ali Khamenei. Et « en ce qui concerne le maintien des capacités militaires et défensives, en particulier dans le climat de menace créé par les ennemis, la République islamique n’acceptera jamais les demandes excessives des ennemis », a-t-il ajouté.

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