Un complot terroriste contre une base militaire a été déjoué

Dans la soirée du 15 juillet, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a déclaré que 4 individus avaient été interpellés deux jours plus tôt par la Direction Générale de la Sécurité intérieure (DGSI) en « quatre points différents du territoire ».

Ces arrestations ont eu lieu dans le cadre d’une enquête préliminaire « pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme », ouverte le 23 juin par la section anti-terroriste du parquet de Paris.

Toujours selon le ministre de l’Intérieur, ces 4 individus « projetaient de commettre une action terroriste contre des installations militaires françaises ». D’après plusieurs médias, la cible aurait été le Fort Béar, qui, situé à Port-Vendres (66), est utilisé par le Centre national d’entraînement commando (CNEC) pour la formation au combat en milieu urbain. Il se pourrait également que leur objectif ait été le sémaphore du Cap Béar, un centre de surveillance de la marine nationale, où a travaillé un des suspects.

Car Parmi ces derniers, âgés de 16 à 23 ans, figure un ancien militaire « réformé de la Marine nationale ». En outre, l’instigateur du complot était apparu sur les écrans radar des services spécialisés pour ses activités sur les réseaux sociaux et ses relations avec des jihadistes français « aujourd’hui incarcérés », selon le ministre. Il avait en outre manifesté des velléités de départ vers la Syrie. La garde à vue du plus jeune d’entre eux a été levée étant donné qu’il aurait été écarté du complot en raison de son âge.

Apparemment, ces individus avaient l’intention de passer à l’action en janvier 2016. Leur projet était de filmer la décapitation d’un « haut gradé » à l’aide d’une caméra go-pro.

Ce n’est pas la première fois qu’une base ou une caserne fait l’objet d’un complot terroriste inspiré par la mouvance jihadiste. En 2009, un physicien du CERN avait été arrêté pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». En relation avec un cadre d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), il avait prévu de s’en prendre au 27e Bataillon de chasseurs alpins, alors engagé en Afghanistan.

« En répression, l’opération de lundi matin porte à 326 le nombre d’individus impliqués dans des filières djihadistes interpellés depuis 2012. Parmi eux, 188 ont été mis en examen, 126 sont écroués et 61 font l’objet d’un contrôle judiciaire. Cela donne une idée précise du nombre d’individus liés à des projets terroristes, susceptibles de passer à l’acte, et désormais hors d’état de nuire », a précisé M. Cazeneuve, lors de sa déclaration.

Au total, d’après les chiffres donnés par le ministre, 1.850 Français ou résidents habituellement en France sont actuellement impliqués dans les filières jihadistes, dont 500 sont présent en Syrie ou en Irak. Plus de 2.500 signalements de radicalisation ont été répertoriés et 118 interdictions de sortie administrative du territoire ont été prononcées. Enfin, 6 procédures de déchéances de nationalité sont en cours et 40 imams extrémistes ont été expulsés.

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