Le ministre de l’Intérieur demande une « vigilance renforcée » autour des sites industriels sensibles

Pour le moment, il a été question d’acte « malveillant » ou « criminel » et le mot « attentat » n’a pas été prononcé pour qualifier la double explosion qui a provoqué, le 14 juillet, l’incendie sur le site pétrochimique du groupe LyondellBasell, proche de l’étang de Berre et de l’aéroport de Marseille-Marignane (Bouches-du-Rhône).

D’après le quotidien Libération, les gendarmes chargés de l’enquête aurait retrouvé, à proximité de l’une des deux cuves – distantes de 500m – qui ont brûlé, un « dispositif de mise à feu de type électrique ». Ce dernier a été envoyé pour analyse à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Autre élément : le grillage qui entoure ce site classé Seveso a été cisaillé en plusieurs endroits. Pour autant, il n’est pas possible de déterminer si ces ouvertures sont récentes ou anciennes.

Quoi qu’il en soit, le parquet d’Aix-en-Provence a ouvert une enquête pour « destruction par incendie ».

« Il y a une enquête en cours, les premiers éléments qui sont communiqués montrent qu’il s’agit d’un acte criminel, dont la motivation n’est pas établie », a, de son côté, affirmé Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur.

Cela étant, il s’agit du second site classé Seveso à être visé si l’on tient compte de l’attaque commise par Yassin Salhi contre une usine chimique à Saint-Quentin Fallavier (Isère).

Aussi, dans une note urgente adressée aux préfets de zone de sécurité et de défense, de région et de département, ainsi qu’aux commandants de police et de gendarmerie, le ministre de l’Intérieur leur a demandé « de prendre immédiatement l’attache des responsables des sites industriels sensibles dans votre département, en particulier les sites Seveso (quel que soit le seuil) », afin de « procéder sans délai à une inspection minutieuse des installations, à la vérification de l’intégrité de leur enceinte et du bon fonctionnement des dispositifs de vidéoprotection ».

La note demande également d’exercer une « vigilance particulière au cours des jours et nuits à venir » et de « renforcer » les « dispositifs de sécurité et de surveillance internes ». Il a aussi été décidé de renforcer les patrouilles des forces de sécurité aux abords des sites concernés.

Enfin, le ministre a ordonné de recenser tous les poins sensibles ou « emblématiques » pouvant constituer une « cible potentielle pour une action malveillante ».

D’après le ministère de l’Écologie, il y a, en France, 656 sites classés Seveso en seuil haut – comme celui de LyondellBasell – et 515 autres classés Seveso en seuil bas.

Pour rappel, ce classement Seveso permet d’identifier les sites pouvant présenter un risque d’accident industriel majeur.

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