Le président russe s’inquiète de la progression de l’État islamique en Afghanistan

En mai dernier, le général américain John Campbell, qui commande la mission de l’Otan Resolute Support, indiquait que l’organisation « État islamique » (EI) cherchait à recruter en Afghanistan sans pour autant y disposer de capacités opérationnelles.

« Si on ne met pas la pression (sur les affiliés de l’EI), avec le temps, cela va continuer à prendre de l’ampleur », avait prévenu le général Campbell. Et d’ajouter : « Nous n’avons pas vu d’opérations à ce stade comme en Syrie. Mais avec le temps c’est ce qu’ils veulent faire. Donc il faut se débarrasser de cela maintenant ».

Dans un rapport remis en juin au Congrès, le Pentagone a noté « quelques signes d’efforts de recrutement limité » de l’EI en Afghanistan, avec « quelques individus, autrefois affiliés à d’autres organisations, se disant appartenir à la ‘Province du Khorasan’ de l’État islamique ». Selon le document, l’organisation jihadiste est dans « une phase initiale d’exploration » et « continuera probablement d’essayer d’augmenter sa présence (…) pendant l’année à venir » tout en cherchant « à rivaliser » avec les taliban et leurs alliés.

Seulement, la Russie semble avoir une évaluation de la situation différente. Lors d’une conférence de presse tenue le 10 juillet en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shangaï (OCS), le président russe, Vladimir Poutine a affirmé, en parlant de l’Afghanistan, que ses services ont « remarqué une augmentation des activités des militants de l’EI, qui ont étendu leurs tentacules jusque dans ce pays ».

Les participants à ce sommet de l’OCS se sont en outre mis d’accord pour « soutenir les efforts du gouvernement afghan » pour bâtir un État « délivré du terrorisme », alors que ce dernier continue à faire face aux attaques régulières des rebelles taliban, notamment à Kaboul et dans le nord du pays. Et cela alors que l’Otan a mis un terme à sa mission de combat en décembre 2014 et que les forces internationales (12.500 hommes) quitteront l’Afghanistan en 2016.

À ce sujet, M. Poutine a estimé que la présence militaire de l’Otan en Afghanistan pendant 10 ans « n’a pas amélioré la situation » sécuritaire du pays… Et cela inquiète bien évidemment les pays frontaliers, menacés d’incursions jihadistes.

« Il y a une réelle menace de contagion de l’instabilité vers les pays voisins. Nous, les voisins de l’Afghanistan, ne pouvons pas l’ignorer », a ainsi souligné Islam Karimov, le président ouzbek. Selon lui, le départ de l’Otan « ne peut qu’inquiéter » car il constituera un « appel d’air pour les différents groupes terroristes ».

Le 29 juin dernier, le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon, avait fait part de ses préoccupations devant l’assemblée parlementaire de l’Otan, en affirmant que la situation dans le nord de l’Afghanistan, où les taliban ont lancé une offensive dans le secteur de Kunduz, continuait à se « dégrader de jour en jour ».

« La preuve de la présence croissante de combattants du soi-disant Etat islamique dans le nord de l’Afghanistan est particulièrement inquiétante », avait-il dit. « Le Tadjikistan a besoin d’une aide internationale pour être capable de repousser cette menace potentielle », avait-il ajouté, avant de demander des équipements pour protéger les 1.400 km de frontière que son pays partage avec le territoire afghan.

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