Le taux de disponibilité des Rafale « Marine » s’améliore tandis que celui des E2C Hawkeye s’effondre

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Après avoir demandé au ministère de la Défense les taux de disponibilité des aéronefs de l’armée de l’Air et des hélicoptères des trois armées, le député François Cornut-Gentille a voulu connaître ceux des avions de la Marine nationale afin d’évaluer le coût du vieillissement des équipements militaires.

Ainsi, dans le tableau communiqué par le ministère le 7 juillet dernier, l’on s’aperçoit que le taux de disponibilité des 35 Rafale M de la Marine (28 au standard F3 et 7 autres en version F1 en attente d’être mis à jour) est passé de 38,6% en 2013 à 46,6 un an plus tard. Dans le même temps, les crédits dédiés à l’Entretien programmé des matériels (EPM) a augmenté de près de 19 millions d’euros (119,5 contre 100,7 millions).

Ce taux de disponibilité des Rafale M, qui mesure la capacité d’un avion à exécuter, dans les 6 heures, au moins une mission correspondant à son emploi, est légèrement inférieur à celui des Rafale B et C de l’armée de l’Air (47,70%). Et cela avec un EPM par avion plus élevé (3,41 millions d’euros pour les premiers contre 2,43 millions pour les seconds).

Malgré un nombre réduit d’exemplaires (il n’en restait plus que 21 disponibles au 31 décembre 2014) et un EPM en hausse (+8,3 millions), le taux de disponibilité des Super Étendard Modernisés (SEM) continue de s’effriter : il était de 29,1% en 2012 et de 28,7% en 2013. L’an passé, il est passé à 26,8%.

Même chose pour les avions de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL2), dont le taux de disponibilité est tombé à 25% en 2014 (il était de 30,8% deux ans plus tôt), avec des crédits d’EPM en hausse de plus de 12 millions, pour s’établir à 117,6 millions d’euros pour 25 appareils. Soit presque autant que pour les Rafale M!

« Leur taux de disponibilité ne s’élève qu’à 25 %, ce qui n’est pas satisfaisant. La rénovation engagée les accapare, tandis que la surchauffe opérationnelle, au Sahel et en Irak, explique également ce faible taux. Moins les avions disponibles sont nombreux, plus vite ils s’usent dans des rotations », avait expliqué, en mai, l’amiral Bernard Rogel, le chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM), au sujet des Atlantique 2. Ce denier avait évoqué « un plan d’urgence pour surmonter les difficultés industrielles qui empêchent les ATL2 de sortir maintenance ». Et d’ajouter : « Améliorer leur disponibilité constitue l’un de mes soucis pemanents ».

Un autre souci concerne les 3 avions de guet aérien E2C Hawkeye, acquis auprès de Northrop Grumman. De 40% en 2012, leur taux de disponibilité est tombé à 24,7% en 2014. Cela s’explique en partie par le programme de modernisation (d’un montant de 34,5 millions de dollars) dont ils font l’objet.

Seulement, pour la mission Arromanches, le porte-avions Charles de Gaulle n’a pu emporter qu’un seul Hawkeye contre deux habituellement. L’un était en effet en maintenance tandis qu’il était découvert des criques causée par la corrosion sur la cellule du second. Il est à craindre que le taux de disponibilité pour l’année 2015 soit encore plus bas…

Pour terminer sur une bonne note, la disponibilité des Falcon 200 « Guardian », utilisés en outre-Mer, est très bonne, avec un taux de 65% et des crédits d’EPM moindres que par le passé (22,7 millions en 2014 contre 27 millions un an plus tôt).

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