La Bulgarie ne veut plus d’industriels russes pour l’entretien de ses avions MiG-29

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Cela fait déjà un moment que la modernisation de l’aviation de chasse bulgare est sur la table. Le dossier n’a pas pu encore aboutir en raison de la baisse régulière des crédits alloués par Sofia à ses forces armées.

Cependant, des solutions sont à l’étude, comme l’achat de F-16 d’occasion auprès des États-Unis et de pays européens qui en sont dotés, ou de JAS-39 Gripen C/D. Mais, pour le moment, les crédits ne sont pas encore disponibles pour une telle acquisition.

Aussi, pour le moment, il n’y a que deux options : demander à l’Otan d’assurer la surveillance de l’espace aérien bulgare dans le cadre d’un dispositif identique à celui mis en oeuvre au bénéfice des pays baltes ou prolonger la durée de vie opérationnelle des quelques MiG-29 qui restent encore en service.

Seulement, la maintenance de ces appareils est assurée par la société russe RSK MiG. Du moins jusqu’en septembre prochain…

Et il est hors de question pour Sofia de prolonger ce contrat pour au moins deux raisons : il y a en effet un risque que Moscou décide de couper l’approvisionnement en pièces détachées à cause de l’opposition avec l’Otan au sujet de l’Ukraine et le coût des prestations proposées par RSK MiG a explosé. « Le triple par rapport à ce qu’il est aujourd’hui », affirmait récemment Nicolaï Nenchev, le ministre bulgare de la Défense.

Qui plus est, les MiG-29 bulgares ont été sollicités plus souvent que d’ordinaire, ces derniers mois, en raison de l’activité accrue de l’aviation russe près de la Bulgarie. En clair, ces avions ont consommé davantage leur potentiel que prévu.

Aussi, M. Nenchev a annoncé que la maintenance des MiG-29 serait dorénavant assurée par la Pologne. Un contrat allant dans ce sens doit prochainement être notifié.

« La Bulgarie est le seul membre de l’Otan qui est presque dépendant à 90% de la Russie. Cela me préoccupe beaucoup, et je ne voudrais pas continuer dans cette voie », a justifié M. Nenchev.

Cette affaire est loin d’être anodine. Ainsi, le ministre bulgare, quand cette option a été avancée il y a quelques semaines, a affirmé avoir reçu une offre de pot-de-vin pour reconduire le contrat avec RSK MiG ainsi que des menaces de mort. Une enquête a d’ailleurs été ouverte…

En outre, et comme on peut s’y attendre, la chose est mal vécue en Russie. Déjà, quand il a été évoqué l’idée, à Sofia, d’acquérir des avions de combat occidentaux d’occasion, le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine, par ailleurs connu pour ses sorties provocatrices, avait parlé d’une « nouvelle trahison » de la Bulgarie à l’égard de Moscou pour « des aigles de seconde main ».

Et, bien évidemment, RSK MiG n’a pas manqué de réagir à l’annonce du ministre bulgare, en affirmant que la Pologne « n’avait pas les licences pour effectuer des réparations sur les moteurs des MiG-29 ».

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