Des renforts militaires envoyés dans le nord de la Côte d’Ivoire pour contrer la menace jihadiste

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Le groupe jihadiste Ansar Dine a revendiqué auprès de l’AFP, ce 30 juin, les attaques menées ces jours derniers à Nara, une localité proche de la Mauritanie, et à Fakola, qui, située dans le sud du Mali, est à 20 km de la frontière ivoirienne.

« Nous revendiquons l’attaque de Nara et celle de Fakola, terres d’islam, pour punir les ennemis de l’islam », a ainsi affirmé Ismael Khalil, un prédicateur radical malien qui aurait rejoint, en 2012, Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine. Alliée avec al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), cette organisation d’origine touareg, avait mis le nord-Mali en coupe réglée avant d’en être délogée par l’opération française Serval. « Nous allons multiplier les attaques en Côte d’Ivoire, au Mali et en Mauritanie, des pays qui travaillent avec les ennemis de l’islam », a-t-il ajouté.

Depuis le début de cette année, plusieurs attaques ont été lancées par les jihadistes dans le centre du Mali, près de la frontière mauritanienne. Jusqu’à présent épargné par les groupes armés terroristes, le sud malien a été la cible de deux incursions – probablement d’Ansar Dine « Sud » – en juin.

Mais, cette fois, deux pays sont donc directement menacés. La Mauritanie fait partie du G5 Sahel et peut donc, à ce titre, demander un appui auprès des forces françaises engagées dans l’opération Barkhane dans la mesure où l’une de ses missions est « appuyer les forces armées des pays partenaires de la BSS [bande sahélo-saharienne, ndlr] dans leurs actions de lutte contre les groupes armés terroristesé ».

Quant à la Côte d’Ivoire, des mesures ont été prises après la localité malienne de Fakola, avec l’envoi de renforts militaires dans le nord du pays. Cependant, aucun détail n’a été donné sur la nature des forces envoyés « pour des raisons de sécurité ».

« Nous nous organisons pour éviter d’être touchés par la menace jihadiste », a simplement avancé Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien et ministre de la Communication.

« Les jihadistes sont à nos portes. C’est préoccupant, cela fait peur. C’est une menace réelle sur la Côte d’Ivoire, un pays laïc », a commenté, selon l’AFP, Pierre Gaho Oulatta, le président de la Commission de sécurité et de défense de l’Assemblée nationale ivoirienne. « Une telle nouvelle met les populations dans la peur, la terreur, au vu de l’énorme porosité de la frontière terrestre ivoiro-malienne », a-t-il ajouté, avant d’exiger des « mesures conservatoires » pour « faire en sorte que cela ne vienne pas faire monter en épingle une tension, à quelques mois des élections présidentielle et législatives d’octobre ».

En outre, la région ivoirienne menacée par Ansar Dine est connue pour être une terre riche en or, avec plusieurs mines en activité (officielles et officieuses). L’on comprend l’intérêt qu’auraient les jihadistes de pour s’y implanter.

Pour rappel, la Côte d’Ivoire et la France sont liées par un accord de défense, révisé en 2012 [.pdf]. En vertu de ce derniers, les Forces Françaises de Côte d’Ivoire (FFCI) peuvent être sollicitées pour mettre à disposition de l’armée ivoirienne les « ressources nécessaires » pour faire face à une « agression extérieure » ou à une « crise interne », soit du renseignement, des équipements, du soutien logistique ou bien encore de la formation.

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