La Légion d’Honneur pour un sergent de l’US Air Force, sauveur de 3 aviateurs français à Albacete

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Le 26 janvier, à Albacete, 9 aviateurs français perdaient la vie à cause de la chute d’un F-16 grec sur la partie du tarmac où plusieurs appareils de l’armée de l’Air étaient stationnés en vue de prendre part au Tactical Leadeship Program (TLP), un exercice de perfectionnement de l’Otan.

Le général Denis Mercier, le chef d’état-major de l’armée de l’Air (CEMAA), n’avait pas manqué, peu après le drame, de souligner l’attitude des aviateurs. On a vu « des mécaniciens qui pensaient, alors que tout était en feu, à sauver des avions, à pousser les Rafale, plus qu’à sauver leur propre vie » ou encore « un pilote » qui « s’est précipité alors qu’un mécanicien était sous un avion alors que tout était en feu pour lui sauver la vie, au péril de la sienne », avait-il dit dit lors d’un point-presse du ministère de la Défense.

Récemment, en avril, le CEMAA a de nouveau évoqué le drame d’Albacete devant les députés de la commission « Défense ». « Certains aviateurs français et étrangers ont eu des comportements héroïques : un Américain a sauvé la vie de trois de mes hommes; des mécaniciens et pilotes français sont allés aider aussi leurs camarades et préserver nos Rafale au mépris de leur vie, alors que tout était en flammes. Nous les avons identifiés. Mon objectif est désormais de les récompenser, pour leur montrer toute notre reconnaissance. C’est important », a-t-il dit.

L’aviateur américain en question est le sergent Greggory Swarz. À l’occasion de l’ouverture du Salon du Bourget, ce 15 juin, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui a remis la Légion d’Honneur, en présence du général Frank Gorenc, le commandant de l’US Air Force en Europe. Trois autres sergents et un caporal américains ont également été distingués pour leur conduite en recevant la médaille d’or de la Défense nationale.

« J’ai juste essayé de faire de mon mieux », a expliqué le sergent Swarz. « J’ai juste entendu l’explosion et vu des gens courir (..) Il y avait un énorme mur de feu. (…) Ma première réaction a été de partir en courant puis j’ai essayé de penser, de rester rationnel et de me souvenir que c’était la zone où tous les Italiens et les Français se trouvaient », a raconté, rapporte l’AFP, le sous-officier américain, actuellement affecté au Royaume-Uni.

« Je suis parti dans cette direction (..) En m’approchant, j’ai réalisé qu’il y avait des gars qui pouvaient encore être sauvés. J’en ai sorti un [ndlr, du feu], l’ai fait rouler au sol pour éteindre les flammes, suis retourné en sortir un deuxième (…) puis un troisième », a-t-il continué. « La dernière personne qu’on a sortie avait perdu une main, j’ai pris ma ceinture pour lui faire un garrot. (…) La chaleur était terrible. Je ne pouvais plus respirer (…) J’ai vu des choses horribles dont je peux difficilement parler », a conclu le sergent Swarz.

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