Opérations extérieures : Un bilan globalement positif sur le plan militaire mais mitigé au niveau politique

sangaris-20140807

Comme les années précédentes, on n’échappera pas au sempiternel débat sur le sous-financement des surcoûts liés aux opérations extérieures menées par la France quand on arrivera à la fin de l’exercice budgétaire. En 2015, il faudra puiser dans la réserve de précaution interministérielle pour combler la différence, laquelle devrait être de l’ordre de plus de 600 millions d’euros en 2015, comme en 2014.

Depuis 1963, la France a pris part à plus de 228 opérations extérieures, que ce soit seule ou dans le cadre d’une coalition ou d’une opération de maitien de la paix des Nations unies. Quel bilan en tirer? Deux députés de la commission des Affaires étrangères, Guy-Michel Chauveau (PS) et Hervé Gaymard (Les Républicains), ont rendu un rapport [.pdf] relatif à ce sujet pour y répondre.

Ainsi, sur le plan militaire, le bilan de ces opérations extérieures (opex), est « globalement positif ». En commission, M. Chauveau a expliqué que « l’armée française s’est forgé une expérience de combat sur des théâtres très divers », devenant ainsi « professionnelle, polyvalente, agile, capable d’intervenir sur des théâtres très divers ». En outre, a-t-il ajouté, elle s’est « remarquablement adaptée aux évolutions du contexte international et aux mutations technologiques ».

En revanche, les deux rapporteurs sont plus critiques à l’égard du volet politique de ces opérations, au point que le bilan dans ce domaine « fait naître un doute sur l’efficacité de la réponse militaire en situation de crise ».

« Si l’on évalue le succès de la politique d’engagement armé de la France à l’aune de la stabilisation des Etats où ces engagements ont été conduits, le constat est très mitigé », a ainsi souligné M. Chauveau, qui a cité, notamment les cas de l’Afghanistan, de la Centrafrique (où l’armée française intervient régulièrement depuis les années 1960 [.pdf]) et de la Libye.

Mais, a-t-il continué, « il est toujours plus facile de souligner les lacunes des interventions que d’évaluer les conséquences des ‘non-interventions' ». Et demander : « Que se serait-il passé si l’OTAN n’était pas intervenue en Libye en 2011? Aurions-nous été prêts à assumer les conséquences de cette abstention? »

« Si l’intervention en Libye a permis, dans un premier temps, de protéger les populations civiles, elle a involontairement fait naître de nouvelles menaces. Cela pourrait entamer notre crédit politique, car nous avons été leader dans cette opération », a admis Guy-Michel Chauveau.

La situation en Libye, où deux factions rivales se combattent, ce qui profite aux jihadistes de l’État islamique, a été évoquée par pratiquement tous les députés ayant pris la parole lors de la présentation de ce rapport. Et cela pour critiquer le manque de suivi politique après l’intervention de l’Otan.

Quant aux bénéfices que la France a tirés de ses opérations militaires en termes d’image et d’influence diplomatique, le bilan, ont estimé les rapporteurs, est « en demi-teinte ». Même chose pour la participation de ses forces armées à des coalitions internationales, au point qu’ils se sont interrogés si elle en a retiré « un crédit politique à la hauteur de leur coût humain et financier », comme en Afghanistan, où, a noté M. Chauveau, « le volume de la contribution française ne nous a jamais permis de peser stratégiquement ».

Aussi, le rapport fixe 5 principes à appliquer aux opérations extérieures, lesquelles devraient, pour être lancées, « avoir un intérêt stratégique, un soutien large de la communauté internationale, des objectifs clairs et réalistes, une stratégie de sortie pérenne élaborée en amont, des effets positifs sur les populations civiles des pays concernés. »

S’agissant du premier critère, les intérêts vitaux et stratégiques sont nombreux. Pour Hervé Gaymard, il convient donc « de déterminer au cas par cas dans quelle mesure leur mise en cause justifie un engagement armé ». Et, dans le cas d’une intervention au sein d’une coalition, la France, a-t-il continué, « doit proportionner son engagement à l’influence qu’elle est susceptible d’exercer, afin de pouvoir concentrer ses moyens sur les théâtres où ils auront l’effet stratégique le plus fort ».

Les deux députés insistent particulièrement sur la nécessité de fixé des objectifs clairs et réalistes à ces opérations extérieures. Pour cela, il faut avoir une idée précise d’une situation qui, sur le terrain, est toujours complexe. Et « si cette complexité paraît telle qu’il n’est pas possible d’énoncer clairement les objectifs stratégiques et politiques de l’intervention militaire » alors « la France ne doit pas s’engager », estiment-ils. Bien évidemment, les moyens pouvant être impliqués doivent être pris en compte dans cette réflexion.

Par ailleurs, il n’est donc pas question non plus de donner dans le « nation building », dont, est-il souligné dans le rapport, « les déconvenues des interventions en Irak et en Afghanistan au cours des années 2000 ont bien illustré que c’était une chimère que de vouloir installer par la force des régimes démocratiques à partir de rien, fût-ce à renfort de milliards de dollars et de centaines de milliers d’hommes ».

Enfin, le rapport avance que chaque intervention militaire doit être « assortie d’une stratégie de sortie pérenne ». Or, la planification de l’après-crise est le point faible des opérations françaises menées à l’extérieur. « C’est pourtant un enjeu essentiel aujourd’hui, où la difficulté n’est pas tant de gagner la guerre que de gagner la paix », ont écrit MM. Gaymard et Chauveau.

NB : Pour l’anecdote, l’on notera une petite erreur géographique dans la liste des opérations menées depuis 1963 : même si Cuba s’y est engagé militairement, l’Angola ne se situe pas en Amérique, comme il y est précisé, mais en Afrique…

30 commentaires sur “Opérations extérieures : Un bilan globalement positif sur le plan militaire mais mitigé au niveau politique”

  1. Tout d’abord, dire que le bilan militaire de nos Opex est « globalement positif », c’est minimiser la réalité.
    Car, pour ce qui concerne les interventions faites en propre (et pas dans une collation dans laquelle nous étions largement minoritaire, et donc pour laquelle nous ne pouvions pas significativement influer sur le résultat global : exple l’Astan), ce bilan n’est pas simplement « globalement positif », mais bien plutôt « globalement excellent » (!!!) AU REGARD des moyens financiers très contraints dont ttes nos armées ont souffert depuis des décades : faut-il rappeler l’âge de nos VAB, et autres engins blindés ? Celui de nos Transall, C130, ou autres avions ravitailleurs ? etc … le compteur est globalement au « demi-siècle » là !!!
    Et tout ne s’est pas fait avec les Rafale et les canons Ceasar !
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    D’ailleurs, nombre de rapports américains ont très bien souligné la remarquable efficacité de SERVAL … « au regard » de la limite des moyens engagés (notamment logistiques).
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    Avec si peu de moyens , notre armée est vraisemblablement la plus capable de toutes pour des Opex lointaines.
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    Donc déjà, rien que là, carton JAUNE aux députés qui commencent déjà par occulter des pans entiers du sujet dans leur analyse !!! (forcément, puisqu’ils sont eux aussi directement responsables de ce souci budgétaire aussi large que chronique).

    1. ah et puis n’oublions pas que SERVAL (puis Barkhane) … c’est au milieu du plus grand désert de la planète … c donc tout sauf le terrain le plus facile pour un déploiement d’Opex lointaine (pas d’aide de la Marine possible + énormes contraintes propres au climat et à la géologie).
      Bref « globalement positif » … ce n’est pas ce que l’on pourra dire de leur analyse à ces Messieurs !

    2. « Avec si peu de moyens , notre armée est vraisemblablement la plus capable de toutes pour des Opex lointaines. »…………………Lol! Ceci exclamé…Tant que c’est contre une poignée de branleurs oui! Voilà une réalité qui ne va pas plaire à la pléiades de héros hyper-médaillés…

        1. Mon bon ami, malheureusement je sais de quoi je parle… Et je pourrais raconter ici des anecdotes que vous prendriez pour des affabulations… Mais voilà, paradoxalement, je reste encore raisonnable dans ce que vous prenez pour des diatribes…

  2. Après, on pourrait commenter le reste des dires de nos députés sur des pages …
    Mais je me contenterais de préciser que nos chers députés, qui ont pourtant bien signalé la possible « complexité » des situations sur le terrain, n’ont fait là qu’effleurer le sujet !
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    Car la « complexité », c’est bien là tout le problème.
    Ces situations ne sont pas simplement complexes, mais ARCHI-complexes, comme jamais ou presque.
    Désormais, nous ne sommes plus du tout à traiter un conflit précis sur un pays précis,
    mais un cocktails de ttes choses et tous méfaits sur des zones continentales !
    … ce n’est plus du tout la même salade !
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    Sur fond de pauvreté (avec tous les problèmes liés à la misère et/ou à l’inégalité) + conflit tribaux et/ou religieux + trafics en tous genres (notamment humains) = mafias,
    on ajoute des guerres civiles en bon ordre + des états faillis
    + une guerre totale de toute une panoplie de mouvements djihadistes dont Al Qaida et l’EI sont les principaux étendards et ce à une échelle continentale, mouvements djihadistes alimentés par plusieurs dizaines de pays dans le monde (et notamment le notre !).
    Ajoutons à cela :
    – les risques associés d’essaimage (et donc d’utilisation) d’armes de destruction massives, genre armes chimiques (on n’en est pas bien loin, surtout si le régime d’Hassad s’écroule) ou de matières fissiles (on en n’est pas encore là, mais à terme le risque existe aussi).
    – et évidemment un débouché d’influence directe jusque dans nos propres pays – avec terrorisme + immigration clandestine exponentielle –
    … Nous avons bien là tous les ingrédients d’un changement de braquet intégral par rapport aux simples conflits isolés que nos députés semblent eux étudier séparément les uns des autres … avec un angélisme évident !
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    Autre point majeur non évoqué : jusqu’à présent en Europe, seule la France a VRAIMENT agi (sans se contenter d’un peu d’effet cosmétique).
    Combien de temps tous les autres européens vont-ils mettre à enfin se réveiller ?
    Qui en France pour commencer à sérieusement secouer tous ces planqués de l’UE, OTAN et cie ???

  3. Rien de bien nouveau….
    Les militaires n ont jamais à eux seuls régler de façon durable quelque conflit que ce soit. La guerre ( même si ce mot est devenu tabou) n est que la prolongation de la diplomatie par d autres moyens (je ne garantie pas l exactitude de la citation).
    Pour faire simple avant d envoyer notre armée faire la guerre il faut savoir: pourquoi (en quoi nos intérêts sont mis en jeu), ce qu on lui demande (état final recherche) et surtout savoir comment on exploite politiquement l avantage pris sur le terrain pour consolider la situation pour le bien des intérêts de la France .
    Le seul hic dans tout ça , c est que cela nécessite une politique étrangère claire stable et réfléchi par des homme d état qui réfléchissent sur d autres bases que les sondages d opinion de la veille et du lendemain ….

    1. Je suis d’accord sur la versatilité de nos perspectives stratégique. Mais c’est aussi ça la politique, s’adapter ou mourir. Car les sujets d’actualités nous attrapent parfois par surprise, et qu’il faut donc s’attendre des fois à donner un grand coup de volant pour éviter les nouveaux obstacles. Mais aussi savoir laissez la voiture au garage…C’est la reculade qu’est interdite.

    2. @Chris

      « La guerre est un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté. »

      « La guerre n’est que le prolongement de la politique par d’autres moyens. »

      Carl von Clausewitz

    3. @ Chris,
      C’etait presque ça: « La guerre est une extension de la diplomatie par d’autres moyens »
      Von Clausewitz

    4. Pour polémiquer, je dirai que les militaires srilankais ont réussi à eux seuls à régler de façon durable le conflit tamoul… par l’intransigeance devant l’application jusquauboutiste de la tactique suicidaire de leur adversaire (ce sont les tigres tamouls qui ont industrialisés les attentats suicides bien avant les djihadistes) et le refus des compromis humanitaires. La paix des cimetières obtenu par le massacre des civils et militaires (plusieurs dizaines de milliers, nombre indéterminé) tamouls lors du siège et la prise de leur dernier bastion (Mullaittivu), et l’enfermement dans des camps sur simple soupçon de tous ceux qui auraient pu être susceptible de soutenir les tigres a réussi (de façon condamnable et condamnée, mais c’est un succès). Ils sont bouddhistes, pas chrétiens.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_du_Sri_Lanka

  4. Bon rapport, mais qui ne fait qu’enfoncer les portes ouvertes. On sait que la réponse ne peut être que d’ordre militaire, mais d’abord et avant tout politique. Si nous avons enfin compris qu’on impose pas la démocratie à l’accidentale à des populations qui n’ont pas cette tradition, alors il faut accepter les autres « modèles ». Il y en a : le modèle chinois, le modèle russe que Poutine essaie de pousser en avant, les divers modes de gouvernements islamiques (ou même islamistes : république ou pas) et on arrivera sans doute à des « narco-gouvernements » compte-tenu du poids croissant de l’économie grise des trafics mondiaux illicites qui pèsent de plus en plus lourd dans l’économie mondiale…On a jamais tant parlé de différence, diversité, ect… Qui va tenter de réguler ce monde complètement atomisé ? L’ONU : c’est un forum, non un gouvernement mondial. Les instances régionales (OUA et autres…). On connaît l’efficacité. Avec ce monde dont on commence à mesurer à nouveau la dangerosité avec ce qui se passe à l’est et au sud de l’Europe pour ce qi nous concerne, il faut revenir aux fondementaux : la puissance et ses diverses déclinaisons : militaires, économiques, culturelles…Un langage clair aussi avec celui de la dissuasion : nous n’avons pas le moins du monde la volonté de vous menacer, mais ne nous menacez pas de votre côté. Si nous acceptons votre différence, respectez la nôtre. Le problème ne sera pas pour autant réglé, car dans ces pays qui n’ont pas notre modèle démocratique, le fait même de notre existence continuera à représenter une menace pour ces autres régimes car parmi leurs populations, certains regarderont toujours vers nous.

  5. Quand on considère le nombre de nos soldats qui ont été exposés et le moyens techniques antédiluviens qu’ils ont servis,remplissant au mieux leurs missions , sans laisser de matériel à l’ennemi ,on ne peut que tirer son chapeau bien bas et saluer !
    Si nos politiques avaient ; dans le cadre de leurs attributions fait le dixième de ce que les militaires ont pu vivre sur le terrain ,on ne pourrait que s’en féliciter !
    Ce n’est pas le cas … Ils ont la chance d’avoir des professionnels et des hommes de cette trempe ,mais ils ne le savent pas !Le seul commentaire qui sec tienne c’est de dire « Mort aux c…! »

  6. IL faut mieux peser au minimum 25 % des effectifs et principaux matériel (chars, blindées, avion, hélicoptère,…) entre autre, pour éviter ce genre de remarque « le volume de la contribution française ne nous a jamais permis de peser stratégiquement » .
    Toutefois quand on sait que les budget opex ne sont pas financé comme il devrait et que les différents programmes d’armement baisse ou sont fait en coopération pour les tigres 215 a 67 (ils appartiennent à la guerre froide soit disant) et les effets de série complique en plus les programmes de renouvellement des véhicules. Les divisions et état major de niveau corps d’armée était dissous à l’époque car il ne répondait plus aux objectifs futur on peut être sur d’une chose on a plus un état maternant qui préfère discuter du « sexe des anges » que d’appliquer une stratégie global qui nous permettrait de peser réellement dans le nouvel ordre mondial et ca fait plusieurs années que c’est en marche.

    1. Et oui , les bénéfices de la paix soit disant , alors que nous n’avons jamais été autant impliqués dans des opex et conflits extérieurs depuis la fin de la décolonisation, qu’une guerre majeure se déroule en Europe et implique une puissance nucléaire, que la Chine et la Russie réarment a toute vitesse , que nous devons déployer (et non mobiliser comme je l’ai lu précédemment) 10 000 hommes sur le territoire national …
      Et pourtant malgres cela on continu à réduire les effectifs (en dépit de l’effet d’annonce des 7500 postes non supprimés ) , on étale ou reduit des programmes stratégiques comme les FREMM, on fait la politique de l’autruche sur de nombreux sujets (artillerie mobile , DCA mobile , sûreté ASM porte avion , avisos A69 et j’en passe beaucoup …)
      Malheureusement aucun homme ou femme politique actuel ne considère La Défense comme un enjeu majeur des années à venir …

  7. En fait dans les opex , on a eu beaucoup de succès militaire et politique : Manta a tenu la Libye hors du Tchad , a kolwezie on a ramené les tigres katangais dans leurs fiefs , on a calme les esprits en côte d’ivoire , etc …
    Il y a eu deux échecs notables : la Yougoslavie et le Rwanda , mais les deux fois les militaires se sont retrouvés bloqués par une non-décision politique ayant entraîné des désastres … Mais je crois que ces deux opérations ont fortement marqué les officiers et officiers supérieurs qui se sont promis de ne plus jamais d’aller s’engager sans une liberté de décision suffisante.
    Reste l’Afghanistan, qui a été un peu le révélateur de la professionnalisation de l’armée , le moment ou on est passé d’une armée à deux vitesses à une armée homogènes .
    Et oui , nous avons une excellente force de projection , avec une des meilleures infanteries au monde (et pas uniquement contre des glands) , une artillerie et cavalerie légère tres rodées , et une force aero-navale bien entraînée .
    Ce qu’il faut surtout relève c’est le courage de la France a de nombreuses reprises , malgres des moyens parfois à la ramasse (Daguet), et pourtant toujours d’excellents résultats.

  8. « Si l’intervention en Libye a (…) a involontairement fait naître de nouvelles menaces. Cela pourrait entamer notre crédit politique, car nous avons été leader dans cette opération », a admis Guy-Michel Chauveau.
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    Monsieur Chaveau est optimiste lorsqu’il emploie le conditionnel.
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    Les vendettas aventureuses de monsieur Sarkozy et les gesticulations africaines de Monsieur Hollande n’ont pas juste entamé votre « crédit politique ». Elles ont décimé votre credibilité en tant que nation responsable et sérieuse en Afrique, en Asie et aux Amériques.
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    Seuls les monarques salafistes du GCC sont heureux de vous voir encourager la prolifération de barbus hirsutes qui leur servent de germes bactériennes a l’extérieur et de pourvoyeurs de chair fraiche pour leur harems. D’ailleurs, les recompenses pleuvent, par le biais des contrats d’armement qui ont toutes les caracteristiques de mobile du crime.
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    Car chacun des engagements récents de la France a eu pour conséquence directe et PREVISIBLE la mise en place du chaos et la prolifération des extrémismes.
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    Dans les pays concernés plus personne n’est dupe du discours droit-de-l’hommiste qui sert de justification honteuse aux expéditions militaires visant a semer le chaos et la mort, et ainsi faire le lit des extrémismes, en retour recompensées par de juteux contrats d’armement venant de la matrice des extremismes terroristes.
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    1. Malheureusement l’extrémisme n’a pas besoin de l’intervention de la France pour se développer , à moins que l’on nous accuse d’être intervenu en Irak .. En Syrie … Au Nigeria …
      Il est facile de déverser en permanence sa haine d’un pays qui a le courage d’y aller le premier voir d’y aller seul , comme ce fut le cas au Tchad , a kolwezi , et donc récemment au Mali.
      Et le Mali etait au 3/4 tombe aux mains des intégristes avant l’intervention courageuse de la France et de son allier tchadien .
      Ôtez moi d’un doute la si glorieuse et omniprésente armée algérienne n’avait elle pas juste à passer la frontière (plus de 1000 km quand même) pour intervenir et venir sauver vos frères africains ?
      Noooon .. Que nenni .. Il ne s’agirait surtout pas de se faire remarqué par Aqmi et Daesh ..
      Ayez au moins la décence de reconnaître que sans l’intervention francaise puis de le Minusma votre pays aurez tout une frontière au contact d’islamistes qui ne se seraient certainement pas arrêté là…
      Donc au lieu de dénigrer l’intervention vous devriez plutôt la plébisciter !

    2. @ RC
      Si l’Afrique était capable de se prendre en main et de régler elle-même ses problèmes nous n’aurions pas à y intervenir et nous pourrions mieux nous occuper beaucoup d’autres problèmes humains.
      J’en cite trois dont un seul suffirait à motiver notre lâchage de l’Afrique si nous n’étions pas gouvernés par des élus locaux incapables de comprendre les réalités géopolitiques : notre propre territoire et l’intégration des gens qui ont pu devenir volontairement français parce qu’ils en étaient capables ; les Dom-Tom que nous ne voulons pas laisser tomber et pour lesquels il y a des problèmes graves à régler (par ex : l’orpaillage clandestin en Guyane, qui empoisonne les fleuves et nos compatriotes indiens peuplant la forêt) ; avoir plus de moyens pour protéger l’immense zone économique maritime qui nous incombe.
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      Mais non : nous sommes obligés d’intervenir en Afrique aussitôt qu’une rébellion armée, ou sa répression violente, fait souffrir les populations. Nous sommes obligés d’intervenir parce que les Africains eux-mêmes, plus d’un demi-siècle après la décolonisation, sont encore incapables d’assumer leur indépendance.
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      Pendant un demi-siècle, la « bonne excuse » (fausse excuse, vrai prétexte) à l’incapacité d’agir, c’était la période coloniale. Cette période a pourtant été la seule où l’Afrique n’a pas été ravagée par des guerres tribales qui ont recommencé de plus belle après notre départ. C’est de plus en plus évident, même pour les bobos de chez nous, et maintenant l’excuse est usée.
      Parce que l’explication trop facile par les supposés « méfaits » de la période coloniale ne fonctionne plus, alors les Africains renouvellent leur argumentaire malhonnête en disant que ce sont nos interventions qui sont à l’origine des problèmes.
      .
      Il faut que les Africains changent leur mentalité, arrêtent de fuir leurs responsabilités, se prennent enfin en main : nous avons autre chose à faire ailleurs.

  9. L’on voit ici des contributions argumentées et, dans la mesure où je peux en juger, intelligentes. Elles viennent probablement de citoyens qui ont longuement réfléchi à ces questions dans lesquelles ils ont peut-être été impliqués par leur profession.
    Ces contributions font apparaître, par contraste, l’amateurisme qui est la marque les travaux parlementaires. Encore cette fois l’on se dit, dès la première lecture du rapport, que ces députés auraient mieux fait de rester muets au lieu de se hasarder sur un sujet où ils ne connaissent pas grand’ chose. Une deuxième lecture de vérification confirme la première impression mais permet de trouver quand-même du positif dans ce rapport.
    .
    Le positif, c’est la reconnaissance de l’excellence technique et morale de l’armée professionnelle. Cette reconnaissance est probablement désintéressée car les voix du Prytanée de La Flèche ne sont pas déterminantes pour la réélection de Monsieur Chauveau ni les voix des bataillons de chasseurs alpins tenant garnison dans la 2e circonscription de Savoie déterminantes pour la réélection de Monsieur Gaymard.
    Pourtant cette reconnaissance de l’excellence militaire est un peu gênante parce qu’on devine déjà que des comptables arriveront derrière pour y trouver motif à économies budgétaires. On aurait aimé que Monsieur Gaymard, ancien ministre des Finances, prît par avance position sur la nécessité à l’avenir d’augmenter le budget ou de diminuer les missions.
    .
    Le positif, c’est aussi le constat des erreurs politiques répétées (à Droite comme à Gauche) qui ont pesé sur les opex.
    Mais la lecture du constat amène deux observations : 1) ces deux députés débarquent visiblement sur des questions qui ne retiennent leur attention que quelques jours par an, ou peut-être seulement quelques heures. Ce qu’ils écrivent ici était sur tous les blogs s’intéressant à la géopolitique et aux armées, il suffisait de lire. 2) Ils n’ont rien fait quand c’était le moment : par exemple on n’a pas entendu ces députés, pourtant payés pour contrôler le gouvernement, quand le Général Desportes a reçu un blâme du ministre (un ministre dont je préfère oublier le nom) parce que parlant d’Afghanistan il a dit qu’en étant « actionnaire à 1% dans une coalition », l’on n’a aucune prise sur les décisions. Je pourrais donner plusieurs autres exemples d’inaction coupable.
    .
    Deux amateurs ont fait mine pendant un instant de s’intéresser aux opex. Mais trop tard et sans rien apporter. Ils feront certainement mieux la prochaine fois.

    1. Je suis bien d’accord avec vous , et ce n’est malheureusement pas l’exception mais plutôt la norme ! La Défense n’étant pas perçu comme un enjeu par les électeurs les politiciens n’en n’ont cure et ne s’y intéressent que lorsque cela sert leurs carrières ou leurs positions.
      Par ailleurs , j’adhère totalement à votre remarque sur le fait que le haut commandement est totalement muselé politiquement et que les chefs militaires aujourd’hui sont bien souvent obligé de composer avec un pouvoir politique qui demande tout et son contraire …

      1. Tout et son contraire….C’est aussi con que ça parfois, je suis d’accord. Le double jeu est devenu une seconde nature de la diplomatie, dans ce monde globalisé. Donc, il est des fois mieux de ne pas prendre partie, histoire de ne pas contrarier ces politiques plus que pragmatique, car de ce constat, on peu en conclure qu’il n’y plus aucune moral. Plus d’histoire noble à raconter. A plus cette vieille France, dont je sent encore l’odeur de nos vieux gens du siècle dernier, où à l’époque mon pays avait encore un vrais caractère, un vrais lien avec son histoire. C’est rappé!

      1. Ben c’est ce que m’inspirait le titre du poste. C’est comme ces hommes politiques qui savent se faire elire mais ensuite se montrent incapables.

        1. C’est la définition d’un homme politique , non ? Des gens qui votent pour quelqu’un qu’ils ne connaissent pas pour prendre des décisions sur des sujets qu’il connaît encore moins )))
          Zut je ne me souvient plus de qui c’est …

          1. Oui enfin tout ça pour dire que quand on a pas de but on ne risque pas d’aller loin … quand bien même on aurait les moyens.

          2. Et c’est là qu’intervient la religion qui transcende tout. Sans moyen elle vient à bout de tout car elle a un but.

          3. Claude est un robot-troll : ses états d’âme factices (et là, c’est du lourd avec  »la religion qui transcende tout ») sont publiés pour détourner l’attention des lecteurs lorsque les contributeurs commencent à débattre des vrais sujets-qui-fâchent.
            Ici, ce qui fâche c’est à la fois l’incompétence du personnel politique hexagonal et le refus des Africains de se prendre en main après cinquante ans d’indépendance. Alors Claude intervient : c’est son boulot.

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