Le gouvernement irakien demande une aide militaire à la Russie

Après le revers infligé aux forces irakiennes par le groupe État islamique (EI ou Daesh) à Ramadi, l’administration américaine s’interroge sur la stratégie actuellement menée par la coalition internationale en Irak.

« On serait fou de ne pas tenir compte de quelque chose comme cela et de ne pas se demander ‘qu’est-ce qui a déraillé, comment le réparer et comment corriger la trajectoire à partir de là?' », a ainsi déclaré un responsable du département d’État, rapporte l’AFP. « Et c’est exactement ce que nous faisons : regarder de très, très près la stratégie poursuivie en Irak », a-t-il ajouté.

Pour le moment, il est question d’accélérer la formation militaire de combattants issus des tribus sunnites en vue d’une contre-offensive sur Ramadi. Et, d’après ce responsable de la diplomatie américaine, de livrer un millier de systèmes de missiles antichars « pour lutter notamment contre les attentats suicides perpétrés à l’aide de voitures par les jihadistes ».

Cela sera loin d’être suffisant. Sans troupes au sol, il est illusoire de penser que les frappes aériennes seules suffiront à faire battre en retraite les jihadistes de Daesh, aussi précises soient-elles. Et les forces irakiennes ne font pas manifestement pas le poids. Quant aux milices chiites, leur participation à la reprise de Tikrit est à relativiser : l’EI n’avait pas fait de sa défense un objectif prioritaire.

Comparaison n’est pas raison… Mais, dans l’histoire très récente, une opération, en l’occurrence Serval, a réussi à chasser des jihadistes d’un territoire immense qu’ils occupaient jusqu’alors, en partie à cause des faiblesses de l’armée malienne. Sans doute y aurait-il matière à s’en inspirer…

En attendant, à l’occasion de son premier déplacement à Moscou, le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, s’est tourné vers la Russie pour faire le point sur « les relations entre les deux pays, la coopération en matière de sécurité et le soutien russe aux forces de sécurité irakiennes pour combattre le terrorisme ». En clair : pour demander une nouvelle aide militaire.

Le terrorisme « évolue et prend de nouvelles formes. Tout cela exige une attention accrue de la part de la Russie et nous sommes impatients d’intensifier notre coopération » avec Moscou, a ainsi affirmé M. Abadi, ce 21 mai, selon l’agence Interfax. « Nous attachons une grande importance à nos relations avec la Russie, nous estimons que ces relations ont de l’avenir et je pense que notre visite en est la preuve », a-t-il ajouté.

Peu avant la rencontre entre M. Haider et Vladimir Poutine, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a indiqué, au sujet de l’Irak, que Moscou travaille « à développer des relations dans tous les domaines, y compris la coopération militaro-technique, la coopération économique et la coopération dans les secteurs du pétrole et du gaz. »

En 2014, Moscou avait déjà fourni une aide militaire à Bagdad, en livrant des avions d’attaque Su-25 « Frogfoot » ainsi que des hélicoptères Mi-28 et Mi-35.

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