Un rapport s’inquiète de la recrudescence de la piraterie maritime en Asie du Sud-Est

En janvier, à l’occasion de la publication de son rapport annuel, le Bureau maritime international (BMI) avait fait état d’une nouvelle baisse des actes de piraterie dans le monde pour l’année 2014. Toutefois, cette étude laissait entendre que cela n’allait pas durer, en raison d’un recrudescence d’attaques en Asie du Sud-Est.

Et visiblement, ces craintes étaient fondées. Ainsi, au cours du premier trimestre 2015, les actes de piraterie ont augmenté de 10% par rapport à la même période de l’année précédente, avec 54 cas constatés. En outre, 140 marins ont été pris en otage, soit trois fois plus qu’il y a un an.

Bien que l’Iran ait récemment prétendu avoir déjoué plusieurs tentatives d’attaques de pétroliers dans le golfe d’Aden, le BMI n’a constaté aucun acte de piraterie dans cette partie du monde au cours des trois premiers mois de l’année. Toutefois, il préconise de maintenir un fort niveau de vigilance étant donné que, selon lui, la « menace de la piraterie somalienne n’a pas encore été totalement éliminée ».

Quant au golfe de Guinée, où une hausse des actes de piraterie a été constatée au cours de ces dernières années, le BMI a compté 11 incidents, au cours desquels un homme a été tué. Mais il est probable que le nombre des attaques soit plus élevé dans le mesure où ces dernières ne sont pas toujours signalées par les armateurs.

Aussi, si le nombre d’actes de piraterie stagne en Afrique, il augmente en revanche fortement en Asie du Sud-Est. Selon le BMI, toujours au cours du premier trimestre, 38 attaques y ont été recensées sur un total de 54 dans le monde.

« La fréquence de ces détournements en Asie du Sud-Est suscite une préoccupation grandissante », a commenté Pottengal Mukundan, le directeur du BMI. Des attaques menées en particulier contre les petits pétroliers se produisent « au moins toutes les deux semaines », a-t-il ajouté. Et le risque, a-t-il encore estimé, est de voir le nombre des attaques ainsi que leur niveau de violence encore augmenter si rien n’est fait.

Ces actes de pirateries sont le fait de « armés visant de petits pétroliers pour dérober leur cargaison ou leur carburant », a précisé le BMI.

L’Indonésie est le pays de la région le plus touché par ce phénomène, avec 40% des cas de piraterie recensés. Suivent la Malaisie et le Vietnam.

Les attaques ont lieu notamment dans le détroit de Malacca. Ce couloir stratégique voit passer, annuellement, un tiers du commerce mondial. Historiquement, il a toujours été un point chaud de la piraterie mondiale.

En 2000, les pays asiatiques ne pouvant pas accorder les moyens nécessaires à leurs forces navales à cause de la crise financière de 1997, la piraterie maritime avait considérablement augmenté. Puis, vers 2004-2005, les choses s’étaient tassées, en raison des mesures de sécurité prises dans le cadre d’une coopération régionale, une conjoncture économique plus favorable et… le tsunami qui décima les rangs des pirates.

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