La France, l’Allemagne et la Pologne affichent leurs priorités communes pour l’Europe de la Défense

Réunis le 30 mars à Berlin, les ministres de la Défense du format dit de Weimar (France, Allemagne et Pologne) ont préparé le Conseil européen de juin prochain qui abordera les questions militaires.

Ainsi, Jean-Yves Le Drian, Ursula von der Leyen et Tomasz Siemoniak se sont mis d’accord sur plusieurs propositions concrètes pour « faire avancer l’Europe de la défense ». Le ministre français en a donné le détail à l’issue de cette rencontre avec ses homologues allemand et polonais.

La première proposition concerne les groupements tactiques (GTUE), dont aucun n’a été déployé dans le cadre d’une opération extérieure depuis leur création en 2007 alors qu’ils sont supposés constituer une force de réaction rapide de l’Union européenne. Ces formations comptent chacune environ 1.500 hommes fournis à tour de rôle par les pays membres. Elles sont placées en alerte deux par deux, pour une période de 6 mois.

« Nous voulons tout d’abord plus d’engagement de l’Union européenne dans la gestion des crises qui se multiplient dans le voisinage de l’Europe. C’est le sens de notre proposition pour utiliser enfin les groupements tactiques de l’Union européenne, outil de réaction rapide face aux crises qui menacent notre sécurité », a affirmé M. Le Drian.

Ce n’est pas la première fois que question de l’emploi de ces GTUE devrait être mise sur la table. En 2013, la Lituanie, qui assurait alors la présidence tournante de l’UE, avait misé sur « message politique pour revoir le niveau actuel des ambitions et l’engagement pour utiliser les groupements tactiques » à l’occasion du Conseil européen des 19 et 20 décembre de cette année-là. Depuis, le dossier n’a pas avancé d’un iota, alors que certains responsables voyaient une possibilité d’engager un de ces groupements tactiques en Centrafriqe, afin de soutenir l’opération française Sangaris.

Plusieurs raisons expliquent ce non-emploi des GTUE. D’abord, les États membres peinent à s’entendre quand il est question de les engager. D’autant plus qu’ils sont composés d’unités fournies par des pays qui ont parfois des objectifs et des contraintes opposés. Ensuite, un autre point essentiel qu’il faudrait aborder concerne les règles d’engagement, lesquelles sont différentes d’une armée à l’autre. Le Conseil européen de juin prochain va-t-il faire bouger les choses? Les paris sont ouverts.

La seconde proposition faite par les ministres de la Défense du Triangle de Weimar a trait aux « missions de formation de type EUTM, comme au Mali, où la France et l’Allemagne agissent ensemble ». En clair, l’UE devrait aider à reconstruire les forces armées de pays confrontés à la menace terroriste. Mais il serait question d’aller encore plus loin.

« Au-delà de la formation, nous estimons indispensable que l’Union européenne puisse également financer une partie de l’équipement des troupes formées. C’est l’initiative ‘Train and Equip’ que nous souhaitons faire aboutir en juin prochain », a dit M. Le Drian.

Enfin, la dernière proposition vise à « conforter l’industrie de défense européenne qui est une source de compétitivité, de croissance et d’emploi en Europe ». Ainsi, les trois ministres soutiennent « le lancement d’un programme [action préparatoire] qui permettra pour la première fois en Europe d’utiliser des crédits européens pour financer notre effort de recherche dans le domaine de la Défense ».

Il est à noter que, parmi les propositions avancées, aucune ne parle d’exclure certaines dépenses militaires (en particulier celles liées aux opérations extérieures) du calcul des déficits publics. Or, M. Le Drian a indiqué à plusieurs reprises qu’il comptait sur le Conseil européen de juin prochain pour faire avancer ce dossier.

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