Les Rafale du porte-avions Charles de Gaulle ont effectué leurs premières frappes en Irak (MàJ)

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Deux jours à peine après avoir été engagés dans l’opération Chammal, les avions de combat du porte-avions Charles de Gaulle, lui-même intégré à la Task Force 50 de l’US Navy constituée autour de l’USS Carl Vinson, ont fait parler la poudre, ce 25 février.

Ainsi, un photographe de l’AFP à bord du porte-avions français a constaté qu’un des quatre Rafale catapultés dans la matinée pour une mission dans le nord de l’Irak est revenu sans les bombes qu’il avait emporté, tandis qu’un autre a apparemment utilisé la moitié de ses munitions.

Les appareils étaient vraisemblablement partis avec chacun 4 GBU-12 à guidage laser. Un peu plus tard, l’État major des armées (EMA) a précisé que la mission des Rafale M avait été planifiée et qu’elle a consisté à détruire « un camp utilisé par Daesh (État islamique ou EI) pour entraîner des combattants dans la région d’Al Quaim, non loin de la frontière syrienne. »

Il s’agit des premières frappes réalisées par le groupe aérien embarqué (Gaé) du Charles-de-Gaulle depuis l’opération Harmattan, en Libye.

Dans un entretien accordé à l’AFP, un pilote de Rafale, « Charpy », a raconté les phases d’une mission type au-dessus du nord de l’Irak. Il faut ainsi compter 30 minutes pour que les appareils atteignent l’Irak, sachant que le porte-avions navigue à 120 milles au nord de Bahreïn. Puis, ils remontent vers Tikrit et Mossoul.

« Il faut alors rapidement prendre une première fois du carburant auprès d’un ravitailleur de la coalition. Ensuite, on arrive dans la zone ‘d’intérêt’. Cela dure à peu près une heure, ensuite on va reprendre du carburant, on repart pour une heure et ceci trois fois », explique « Charpy ».

Arrivés « sur zone », les tâches assurées par les avions français vont de la reconnaissance aérienne à l’assistance aux troupes irakiennes si jamais ces dernières sont accrochées ou mises en difficultés par les jihadistes. Dans ce dernier cas de figure, la tension est au maximum. « On doit alors rapidement réagir pour éventuellement larguer une bombe ou tirer au canon. Il y a un coup de stress, mais on est encore plus performant car très vigilant », explique « Charpy ».

Et les missions sont longues – plus de 6 heures – et cela peut jouer sur la concentration… « L’adrénaline est assez condensée dans le corps, on tient avec cela. Il y a des périodes de transit où on peut se relâcher un petit peu. C’est alors une fatigue insidieuse qui s’installe », raconte le pilote de l’aéronautique navale. Et puis les checklists et les contacts radio réguliers aident aussi à maintenir la vigilance. Une vigilance qui ne doit pas faiblir car il y a pas mal de « trafic » aérien dans la région.

Le dernier point délicat est l’appontage. « Il faut se remotiver car, en quelques millisecondes, vous pouvez aller à la catastrophe », assure « Charpy ». La tension ne peut retomber qu’une fois après le pistolet et les chargeurs emportés par le pilote pour assurer sa défense en cas de pépin sont rendus. « Cela reste une arme, il faut être rigoureux jusqu’au bout sur la gestion d’une arme », souligne-t-il.

MàJ : Précisions de l’État major des armées concernant l’objectif visé.

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