Au moins 370 incidents ont été constatés depuis le lancement de l’opération Sentinelle

Les premiers mouvements de relèves des soldats engagés dans l’opération Sentinelle,  ont d’ores et déjà commencé. Pour rappel, plus de 10.500 militaires ont été mobilisés après les attentats des 7 et 9 janvier afin de renforcer le plan vigipirate, porté au niveau « alerte attentat ».

Un tel niveau de mobilisation n’est pas sans poser de problèmes, d’autant plus que les effectifs des forces armées ont été significativement réduits au cours de ces dernières années. Toutefois, il est conforme au contrat opérationnel défini par le dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale ainsi que par la Loi de programmation militaire (LPM), qui en est la traduction budgétaire. Cependant, un tel dispositif ne peut être maintenu que sur une courte durée. Et toute la difficulté est donc de tenir la distance.

« Le contrat protection est prévu pour un mois, soit environ jusqu’au 15 février. Il repose sur un dialogue permanent entre l’autorité militaire, l’OGZDS [ndlr, Officiers généraux de zones de défense et de sécurité], et le préfet, supervisé par la cellule interministérielle de crise du ministère de l’Intérieur en liaison avec l’EMA [ndlr, État-major des armées] », a affirmé le général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées (CEMA), lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« Nous allons nous adapter à la situation, de façon à diminuer progressivement nos effectifs et à avoir une position plus mobile, car en demeurant statiques, nous sommes plus vulnérables », a-t-il ajouté, estimant que « notre métier n’est pas de faire de la garde statique devant un point sensible, mais de remplir cette mission de protection pendant un mois, de façon à renforcer les forces de sécurité et leur permettre ainsi de s’occuper d’autres choses ».

L’idée est donc d’adopter une posture plus mobile afin de pouvoir réduire progressivement les effectifs engagés dans l’opération Sentinelle. Qui plus est, la présence de soldats devant certains lieux qui étaient jusqu’alors relativement discrets est de nature à donner des idées à des terroristes potentiels. En outre, et comme l’a souligné le général de Villiers, la posture statique peut se révéler dangereuse pour les militaires.

D’ailleurs, selon les informations du quotidien Le Monde, 371 incidents ont été constatés contre les militaires depuis le lancement de l’opération Sentinelle. Cela va de la simple menace verbale à l’agression au couteau, comme on a pu le voir à Nice, où deux militaires du 54e Régiment d’Artillerie ont été blessés.

Mais, d’après Le Monde, l’on relève, parmi ces incidents, « des reconnaissances, prises de vue ou films » et « 14 agressions graves, que ce soit au couteau, par laser, voire coup de crosse ». La presse locale s’en est fait l’écho pour quelques uns d’entre eux. Là, le quotidien du soir évoque le cas, à Étampes, d’un jeune homme « repéré à plusieurs reprises par les militaires, avant d’être identifié comme membre d’une fratrie de trois récemment revenue du Yémen », d’une voiture qui a « délibérément foncé sur les barrières qui protégeaient un lieu communautaire juif » à Savigny-sur-Orge ou encore d’un individu qui « a tenté d’arracher son fusil à un militaire en patrouille au Trocadéro à Paris avant d’être maîtrisé ».

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